Les principales fuites d'agences du renseignement américain

Les principales fuites d'agences du renseignement américain

A l'ère du numérique et du cryptage sophistiqué, les secrets des agences américaines du renseignement semblent de plus en plus difficiles à garder.

La publication d'un document secret de l'agence américaine d'interception des communications (NSA) sur des tentatives d'interférence par la Russie dans les systèmes électoraux américains est la dernière d'une série de fuites en provenance des services américains.

Peu après la mise en ligne de ce document par le journal The Intercept, les autorités américaines ont arrêté une jeune femme de 25 ans, Reality Leigh Winner, qui travaillait pour un sous-traitant de la NSA. Voici les principales fuites de documents émanant d'agences américaines du renseignement ces dernières années:

Chelsea Manning, Julian Assange et WikiLeaks

Julian Assange lance son site WikiLeaks en 2006, mais ce n'est qu'en 2010 qu'il devient la source d'une des premières fuites de l'ère numérique. Chelsea Manning, qui travaillait alors pour le renseignement militaire en Irak et portait le prénom de Bradley, troublée par la politique américaine dans la région, télécharge des centaines de milliers de pages de messages diplomatiques américains et de dossiers secrets sur la guerre en Irak, puis les transmet à Assange.

Les documents de Manning se répandent sur internet à la vitesse de l'éclair, provoquent des tensions avec les alliés de l'Amérique, exposent des sources du renseignement tout en sapant la confiance dans ce dernier.

Edward Snowden et la NSA

En 2013, Edward Snowden remet aux journalistes Laura Poitras et Glenn Greenwald plusieurs dossiers sur les programmes de surveillance de la NSA. Snowden, qui a travaillé pour la NSA et la CIA, est alors employé de la société privée Booz Allen Hamilton, sous-traitant du renseignement américain.

Les révélations de Snowden montrent que les Etats-Unis espionnent leurs alliés, y compris le téléphone de la chancelière allemande Angela Merkel. Et forcent le gouvernement américain à réguler sa collecte de données de communications d'Américains.

Glenn Greenwald et The Intercept

Après les révélations de Snowden, Greenwald et d'autres journalistes, soutenus par le fondateur d'eBay Pierre Omidyar, fondent le site d'informations en ligne The Intercept en 2014, qui continue à publier des documents de Snowden et fait fuiter régulièrement d'autres dossiers secrets, y compris lundi un document de la NSA sur des piratages russes visant des systèmes électoraux américains.

En 2015, The Intercept a aussi publié des documents du renseignement britannique exposant la volonté du Royaume-uni de contrôler autant de communications que possible, y compris sur internet.

La NSA et les Shadow Brokers

En 2016, une mystérieuse organisation nommée Shadow Brokers met en vente sur internet des outils ultra-secrets d'une équipe de pirates de la NSA connue sous le nom de Equation Group. Aucun acheteur ne se présente et les Shadow Brokers, soupçonnés d'être d'origine russe ou d'Europe de l'Est, multiplient depuis les fuites sur ces outils.

Un des outils mis en ligne par ce groupe le 14 avril est utilisé un mois plus tard par des pirates pour lancer une attaque informatique géante, contre rançon, qui touche des dizaines de milliers d'ordinateurs dans le monde. Rien n'a encore filtré sur la manière dont les documents sur Equation group ont été dérobés à la NSA.

Harold Martin, le contractuel de la NSA

Harold Martin est arrêté en août 2016 quand les enquêteurs découvrent qu'il a amassé une "quantité stupéfiante" d'informations classées depuis deux décennies dans sa maison de la banlieue de Washington. Comme Snowden, il travaillait pour Booz Allen Hamilton.

On ne sait pas ce que M. Martin a fait de ces informations. Il est poursuivi pour avoir dérobé des documents secrets en violation des règles de son entreprise, et non pas pour espionnage.

Les outils de la CIA et WikiLeaks

Depuis mars, WikiLeaks a publié régulièrement près de 9.000 documents du programme de piratage de la CIA, un arsenal numérique surnommé "Vault 7". WikiLeaks a laissé entendre l'avoir reçu d'un sous-traitant privé du renseignement.

Les documents montrent comment la CIA, comme la NSA, peut s'introduire dans les ordinateurs et les téléphones portables en utilisant des failles informatiques, dont beaucoup sont encore présentes dans les systèmes d'exploitation. "La source (de ces documents, NDLR) souhaite lancer un débat public sur la sécurité, la création, l'utilisation, la prolifération et le contrôle démocratique des armes informatiques", a expliqué WikiLeaks.

AFP

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Commentaires (3) | Réagir ?

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tahar foli

Thank you very nice article

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gestion

merci bien pour les informations

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