Rassemblement samedi à Alger contre les pratiques d'Ennahar TV

Zouaoui Benhamadi, le président de l'ARAV, fait le dos rond devant la violence des programmes du ramadhan.
Zouaoui Benhamadi, le président de l'ARAV, fait le dos rond devant la violence des programmes du ramadhan.

Des citoyens, universitaires ou journalistes ont appelé à un rassemblement samedi entre 11h et 12h devant l'Autorité de régulation de l'audiovisuel (ARAV) à Alger.

L'objectif de ce rassemblement ? Les programmes inquisiteurs de certaines chaines de télévision privées. Echourouk Tv, Bilad Tv sont pointées du doigt, mais c'est Ennahar Tv qui est particulièrement citée à travers ses émissions de "caméra cachée" qui distillent, en réalité la violence, cultive la haine entre les Algériens et développe un "discours particulièrement dangereux" pour les citoyens. Les signataires de l'appel au rassemblement citent l'exemple de l'écrivain Rachid Boudjedra qui a été agressé dans sa vie privée et ses croyances. "C'est du lynchage médiatique, il a été agressé dans son être le plus cher sans que l'ARAV ne pipe mot, à quoi sert-elle finalement ?", s'étouffe un producteur. L'émission en question est "Rana h’kemnek" (Tu es pris au piège), Diffusée par Ennahar TV, sous forme de caméra cachée, les invités sont humiliés et poussés dans l'indignité. En l'espèce l'épisode concernant Rachid Boudjedra a choqué plus d'un. L'écrivain s'est vu intimé l'ordre de se confesser. "Si Rachid, vous êtes un athée, alors dis ‘La ilaha ila Allah’ (Il n’y a de Dieu qu’Allah)", vocifère le pseudo-journaliste le doigt menaçant. L'écrivain obtempère hagard et transis de peur. La séquence est d'une violence rarissime. Les organisateurs expriment leur soutien à Rachid Boudjedra et dénoncent le sort qui lui est fait.

"Les téléspectateurs sont aussi devenus des victimes" de ces émissions violentes, soulignent dans leur communiqué les initiateurs de l'appel.

Les initiateurs de ce rassemblement entendent interpeler l'ARAV mais aussi le ministère de l'Intérieur et la DGSN. "Comment les journalists de cette chaine de télévision se permettent-ils de se faire passer pour des policiers pour terroriser les citoyens sans que la DGSN ne réagisse ? On n'est pas dans la fiction mais dans la réléréalité violente et agressive", observe un des initiateurs joint par téléphone.

"Au lieu de faire dans la pédagogie, ou d'éclairer les gens, ces télévisions agressent les familles et violent leur intimité, sans que personne ne réagisse ? Que font les autorités ?", s'indigne un autre.

Le rassemblement de demain samedi est "apolitique", précisent les organisateurs. "Il est ouvert à toutes les personnes qui s'inquiètent des dérives médiatiques de cette chaîne de télévision et s'interrogent sur la gestion de l'audiovisuel en Algérie", indiquent-ils.

La rédaction

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Commentaires (3) | Réagir ?

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oziris dzeus

les filles sont comme leur mère

c'est le système qui veut ça

boudjedra n'est pas à sa première dans la années 80 il était chez un aneimatur d'une immission sur la littérature et voyant boudjedra parlant bien l'arabe lui demande pourquoi il n'écrirait pas en arabe et lui il accepte,

et ce qui lui arrive en est la conséquence de sa soumission au désir des obscurantistes qui croient détenir la vérité,

ces tili ce permettent tout parce que c'est eux le pouvoir, c'est pas n'importe qui qui peut avoir l'agrément pour une chaine télé, c'est facile à comprendre,

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zwen

Qui va arrêtez l'autre? vous demandez à la dictature d’arrêter les pratiques de dictature, quand il s'agit du théâtre. est ce que c'est plus important d’arrêter la vrai torture ou d’arrêter la mise en seine? ce que Rachid Boudjedra a subit est rien devant ce que les melitants du MAK ont subis lors de la marche du 20 mai. ou ce que subit Dr Fekhar et ses compagnons, Sliman Bouhafes, et les autres détenues d'opinion. soyez logiques!

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