Emmanuel Macron (39 ans) 8e président de la 5e république

Emmanuel Macron. Crédit photo : François Navarro.
Emmanuel Macron. Crédit photo : François Navarro.

Emmanuel Macron est devenu dimanche, à 39 ans, le huitième président de la Ve République française au terme d'une cérémonie de passation de pouvoir avec François Hollande placée sous le signe de la gravité.

Réconciliation et détermination ont été les mots-clés du premier discours du nouveau chef de l'Etat dans une salle des fêtes où l'émotion était palpable, à l'orée d'un quinquennat durant lequel Emmanuel Macron a dit son ambition de faire de la France un pays "où l'on peut vivre sans avoir peur".

"Les Français ont choisi le 7 mai dernier l'espoir et l'esprit de conquête", a-t-il dit, après avoir été proclamé président à l'annonce des résultats de l'élection par le président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius.

"Rien ne sera concédé à la facilité, ni au compromis, rien n'affaiblira ma détermination", a-t-il promis. "J'aurai dans le même temps la volonté constante de réconcilier et rassembler l'ensemble des Français".

Dans son message de vœux, Laurent Fabius a cité Chateaubriand. "Pour être l'homme de son pays, il faut être l'homme de son temps", a dit l'ancien Premier ministre, pour qui la mission du nouveau président sera d'"apaiser les colères, réparer les blessures, lever les doutes, tracer la route et incarner les espoirs".

Comme le veut la tradition, le nouveau président s'est fait présenter le grand collier de la Légion d'honneur avant d'aller saluer, un à un, les quelque 300 invités massés sur la moquette cramoisie du palais présidentiel, tandis que résonnaient des airs joyeux signés Mozart et Offenbach.

On pouvait reconnaître des membres de sa famille, dont ses parents, son épouse Brigitte - avec qui il vivra à l'Elysée -, les enfants de cette dernière et des personnalités politiques comme l'ancien Premier ministre socialiste, Lionel Jospin.

Hollande lui souhaite "bon courage"

Étaient aussi présents des représentants du Parlement, des syndicats, des autorités religieuses - à qui Brigitte Macron a demandé de "prier, beaucoup" pour son mari - et des compagnons de la première heure d'Emmanuel Macron comme Christophe Castaner, Benjamin Griveaux et Gérard Collomb, dont certains étaient émus aux larmes.

L'entourage du nouveau président a fait savoir que le nom du nouveau Premier ministre serait connu lundi, et la composition du gouvernement, mardi.

Emmanuel Macron doit aller dès lundi saluer la chancelière Angela Merkel à Berlin, avant une visite en fin de semaine aux troupes françaises en opération extérieures, a priori au Mali.

Arrivé à l'Elysée 10h00 (08h00 GMT) sous une pluie fine, le président élu a été accueilli par François Hollande, son ancien mentor avec lequel il s'est entretenu pendant plus d'une heure dans le bureau présidentiel.

Très applaudi par ses collaborateurs à sa sortie, François Hollande a échangé une longue poignée de main avec son successeur, à qui il a souhaité "bon courage" avant de se rendre au siège du Parti socialiste, qu'il avait dirigé pendant 11 ans avant d'entrer à l'Elysée.

Après la cérémonie d'intronisation, Emmanuel Macron a passé en revue les troupes et écouté sa première Marseillaise de président dans les jardins de l'Elysée tandis que résonnaient 21 coups de canon. Le président est ensuite monté dans un command car pour se rendre à l'arc de Triomphe via l'avenue des Champs-Elysées, où il a salué les passants, debout, entre deux averses.

Berlin et le Mali au menu de la première semaine

Emmanuel Macron fera ses premiers pas de président cette semaine avec la nomination de son Premier ministre et la constitution du gouvernement, des premiers déplacements à l'étranger et des contacts avec les partenaires sociaux.

Le huitième président de la Ve République a formé sa garde rapprochée dimanche, nommant le secrétaire général de l'Elysée, Alexis Kohler, et son conseiller diplomatique, Philippe Etienne, des choix qui marquent l'importance donnée aux sujets économiques et européens dans son agenda.

Très attendu, le nom du Premier ministre sera connu lundi, selon l'entourage du chef de l'Etat, et le gouvernement sera constitué mardi. Ces derniers jours, le nom d'Edouard Philippe, le nom du député-maire Les Républicains (LR) du Havre, est revenu avec insistance comme possible locataire de Matignon.

Christophe Castaner, un des porte-parole d'Emmanuel Macron pendant la campagne, a semblé conforter dimanche ceux qui imaginent un Premier ministre issu de la droite, sans rien affirmer toutefois.

"J'étais un des premiers à monter au créneau là-dessus : pourquoi pas un Premier ministre de droite ? Parce que c'est la nature même de la démarche dans laquelle on est", a-t-il dit à des journalistes, soulignant le désir de l'ex-conseiller et ministre de François Hollande de surmonter le fossé gauche-droite.

"On parle de rupture, on peut assumer le terme. Il a toujours su prendre son risque. Eh bien, là, aujourd'hui, il considère qu'il faut qu'il le prenne", a-t-il ajouté. Quant au futur gouvernement, Emmanuel Macron a annoncé pendant la campagne qu'il compterait une quinzaine de ministres et serait paritaire.

Avec Reuters

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Commentaires (1) | Réagir ?

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Quelqun EncoreQuelqun

N'est-ce pas un signe (encore un!) des temps qui courent désormais que cette déclaration de Laurent Fabius, Président du Conseil Constitutionnel? Proclamant Emanuel Macron chef de l'Etat, il cite Chateaubriand "Pour être l'homme de son pays, il faut être l'homme de son temps" et d'ajouter "Homme de notre temps, assurément vous l'êtes par vos choix, par votre formation, par votre parcours et jusqu'à votre état-civil".

Tout est dit (ou fait!). Je me surprends, tout d'un coup, à fantasmer la même scène de l'autre côté de la Méditerranée. Qui sait? Après tout, "impossible" n'est pas algérien disent-ils! Donc, wa3lach lala? Ayghar ala? Seulement, en creusant davantage mon foutu fantasme, les interrogations "techniques" commencent à pleuvoir:

- qui citera t-on? qui pour citer qui? dans quelle langue? cela se passera où? qui sera l'heureux (se) élu (e) ? ila akhirihi....

Mon fantasme prit donc fin lorsque à toutes ces interrogation me vint (aller savoir pourquoi !) l'image de Saïdani à l'esprit. Un Saïdani faisant face à un (e) jeune élu (e) (que je n'arrive pas à visualiser) devant un parterre de "personnalités" et, dans un arabe classique irréprochable, commence à citer... (vous pensiez à Kateb, Mameri, Jean Amrouche, Feraoun, Saint Augustin...) commence donc à citer l'illustre Abu At-Tayyib al-Mutanabbi "Al-kḫaylu wa-l-laylu wa-l-baydāʾu ta3rifu-ni / Wa-s-saifu wa-r-rumḥu wa-l-qirṭāssou wa-l-qalamu... "

Mon fantasme a finalement, vite tourné au cauchemar lorsque j'appris que même l'hypothétique Etat kabyle avait d'ores et déjà proclamé et investi son "altesse" de président "... Ouuuhhh Yemma, assif yétchayi !!" sans que nous n'ayons le temps de penser ne serait-ce qu'à une citation de Cheikh Mouhend Oulhoucine ou bien de Si Moh Oumhend. Mâ3liche, ce n'est que partie remise; "nous" s'yémravdhéne aurons certainement à imaginer un destin à part, une organisation à part, un bled à part... à cheval entre beaucoup de "choses"... tel que nous avons toujours su le faire, avec brio, jusque-là (c'est une boutade à Moh Arwal, ne dégaine pas tout de suite yak! Prends d'abord un verre d'eau!).