C'est pour quand un projet de société ?

C'est pour quand un projet de société ?

"Ce n'est pas en combattant la réalité existante, écrit le philosophe Hakim Bey, qu'on va changer quoi que ce soit. Si vous voulez changer quelque chose, construisez plutôt un nouveau modèle qui rend le modèle existant obsolète".

Dans notre cas en Algérie, cela devrait être "un projet de société" qui prend en compte toutes les spécificités de notre contexte actuel. D'aucuns me diront, sans aucun doute, qu'on en a déjà parlé depuis des lustres dans la haute sphère mais qu’on n'en voit rien de concret sur le terrain et que l'urgence, c'est de s'attaquer aux problèmes conjoncturels dont souffrent les Algériens (la cherté de la vie, le chômage, la violence sociale, etc). La vérité est qu'il n'y a eu aucun "projet de société" digne de ce nom chez nous !

En continuant d'agir de la sorte, les autorités allégeront, certes, les effets de la crise mais ne parviendront jamais à la résoudre. Car, bien qu'utiles, les palliatifs n'influent que dans la circonstance. Or, l'important, c'est de bien diagnostiquer nos maux et leur chercher une thérapie durable. Comment serait-ce possible alors que nos cadres nous fuient par centaines chaque année ? Que la jeunesse est marginalisée et que la bureaucratie a creusé un énorme fossé entre ceux d'en haut et ceux d'en-bas? Pas de recette-miracle, à vrai dire, sauf celle d'avoir l’audace de nommer les choses par leur nom, laisser s'exprimer librement les alternatives citoyennes pour avancer dans les chantiers de réformes structurelles, et tracer par le biais d'un dialogue politico-social sans exclusive la voie stratégique à suivre dans le futur. Il s'agit, en premier lieu, de sortir de cette logique rentière qui gangrène les appareils étatiques pour jeter les fondations d'un Etat pragmatique, citoyen et démocratique.Comment? Par la réactivation de la dynamique éducative et culturelle.

Le défi d'avenir est, encore faudrait-il le répéter dans ce billet, de lancer une véritable révolution culturelle, d'abord en dotant le pays d'infrastructures vitales (laboratoires et centres de recherches, institutions culturelles performantes : médias alternatifs, bibliothèques, théâtres, cinémas,etc), puis, en s'investissant à fond dans le volet humain (dispenser une meilleure formation possible pour les nouveaux cadres dans le domaine du management, la gestion des ressources humaines, la cybernétique, etc).

Renflouer les caisses des secteurs éducatifs et culturels ne suffit pas tant qu'on ne crée pas cet élan d'esprit vers tout ce qui nous relie à nous mêmes, à notre environnement, à la société de demain et au monde de la technologie moderne!

Le plus tôt sera le mieux, bien sûr. Il va falloir, en second lieu, dépolitiser et débureaucratiser l'acte économique avec une assiette juridique constructive, ouvrir les portes d'un investissement créateur de richesses aux start-up et aux compétences locales, tout en s'attachant au suivi rigoureux de la cadence de leur évolution. Autrement dit, insuffler de la compétitivité dans notre économie pour "booster" nos élites et les pousser au renouveau politique. Un projet de société doit inclure quatre variables principales : la jeunesse, la culture, la technologie, l'économie, lesquelles devront fusionner avec l’aspect politique pour déboucher sur «la bonne gouvernance» qu'on attend depuis longtemps, en vain !

Kamal Guerroua

Plus d'articles de : Chroniques

Commentaires (2) | Réagir ?

avatar
Dhrifa N'targa

Ya latif ! Un projet de société ?

Arrêtons nos fantasmes et cette idée de projet de société !

Outre que cela signifie que nous ne sommes pas une société et c’est tant mieux, l’idée même d’un projet de société est criminelle. Il faut d’abord finir de déconstruire le ratage de l’autodestruction de l’organisation actuelle du pays et faire en sorte qu’aucune trace de ce qui ressemblerait au moindre élément constitutif d’une société ne subsiste.

Une fois définitivement guéris de ce fantasme de projet de société, et après avoir vérifié qu’il ne s’agit pas seulement d’un refoulement ou d’une rémission, on commencera une thérapie de l’individuation.

C’est ce processus d’individuation, ô combien salutaire, qu’il faudra entamer.

Je propose donc de commencer par la dissolution de l’Algérie : Etat, nation, et société et de toutes les lois fondamentales, des religions, des lois et des normes sociales qui sont les principales entraves à toute réalisation de cette individuation. Nous garderons uniquement le permis de conduire qui sera à la fois dinoun, dostouroun, wa qanounoun.

Ensuite, quand nous prendrons conscience que nous sommes des individualités wa ilayaha radji3oun, chacun choisira avec qui il veut fonder une société.

Je recommanderais quelques types de société :

- Une société de type SARL auberge espagnole : Chaque algérien sera responsable à la mesure de ce qu’il apporte et de ce qu’il reçoit

- Une société de type SPA (société par les actes) version win iggezmène thasseta a tsizoughar (en arabe min 3amalla mithaqala daratin yarrah…

- Une union libre (sans contrat de maryage) avec fatiha nagh avec Zineb ou même Mes3oud ga3.

- Sinon, atsnefk iwemcchich atsyetch ( ldzeyer agui) na3tiwha lelgat yakoulha ldzeyer hadi.

Si vous n’êtes pas d’accord avec ces propositions, laissons-là koumelli, wa3llellah elle tombera toute seule.

-.

avatar
Massine Ait Ameur

Le projet de societe est deja en route depuis belle lurette. Il consiste a faire de l'Algerie une republqiue bananiere de type moyen orientale hamdulilahiste et tournee vers l'obscurantisme religieux et la mediocrite a tous les niveaux.