Indignations devant la représentation de candidates sans visages

Indignations devant la représentation de candidates sans visages

Le collectif pour les Droits et la Dignité de la femme algérienne (CDDFA) nous a fait parvenir le communiqué suivant concernant les femmes candidates aux législatives.

Le 4 mai, les Algériens sont appelés aux urnes. Dès les premiers jours de la campagne des législatives, certains partis ont dévoilé les affiches de leurs candidats. Or, un phénomène inattendu et pour le moins consternant retient l’attention d’une bonne partie de la société civile, celui de présenter pour la première fois dans l’histoire de notre pays, des candidates appartenant à diverses formations politiques dans une posture des plus inquiétantes, à savoir "sans visages", complètement couvertes ou présentées de dos. Nous, les initiatrices du Manifeste pour l’intégrité et la dignité de la femme algérienne, regroupées en un Collectif portant le nom de CDDFA (Collectif pour les Droits et la Dignité de la femme algérienne), une fois de plus, nous nous indignons fortement des pratiques alarmantes et réductrices de l’image de la femme par des partis politiques candidats aux législatifs algériennes.

L’Algérie, qui fait preuve depuis plusieurs années, d’un engagement politique sur la question des droits des femmes se dotant de lois stratégiques, notamment, la loi sur la représentativité féminine dans les listes de candidature et au sein des assemblées populaires, aussi, la loi contre la violence à l’égard des femmes, ne peut permettre que tous les efforts déployés en la matière ainsi que ceux de toutes les associations féminines militant sur le terrain, s’inspirant des combats de celles qui nous ont précédées durant la guerre d’Algérie soient réduits à néant.

Nos vaillantes combattantes se sont de tout temps battues à visage découvert, elles sont un précieux témoignage et restent l’exemple même de bravoure et de courage pour toutes les générations à venir. Comment, ces candidates, peuvent-elles aller à la rencontre de leurs électeurs sans être visibles ? Par ailleurs, on se demande comment on peut intégrer le champ politique dès lors qu’on refuse de s’afficher en public.

Cette nouvelle pratique entache une fois de plus la démarche de la promotion de la femme algérienne dans tous les domaines, notamment, son inclusion dans la pratique politique. On ne pourrait tolérer de telles dérives, elles portent atteinte à la dignité de l’Algérienne qui aspire à être citoyenne à part entière, luttant pour une vie juste, égalitaire et honorable.

Contact : manifestefemmesalgeriennes@gmail.com

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Commentaires (1) | Réagir ?

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uchan lakhla

L'hypocrisie quand tu nous tiens par la barbichette, je veux juste savoir sur le plan pénal, c'est quoi la différence entre une femme burquinisée dans l'espace public et le portrait d'une candidate à la télé réalité législative sans visage ? Pénalement aucune différence, puisque le visage de la candidate n'est pas connue, demain le parti peut présenté à l'assemblée la personne qu'il souhaite, puisque le visage de celle choisie par les urnes n'est pas identifiée ou facilement identifiable sauf le nom donnée au croquet sur le papier, et la femme burquinisée ne peut être identifiée dans la rue, puisque son visage n'est reconnu de personne, il faut se rendre à l'évidence, la femme en Algérie en tant que composante n'existe pas, elle même bannie, il suffit juste d'écouter les prêches incendiaires des vendredis, pour un rien la police des frontières connue pour son zèle peut embarqué une personne pour un rien, on apprend qu'un salafiste a agressé une femme sur un vol air Algérie sans que cela n'émeut personne, juste parce qu'elle feuillète un magazine de mode, un "dépité" à l'assemblée a déclaré "frappes ta femme, si tu ne sais pas pour quoi, elle le sait", il n'a jamais était inquiété par personne, aucun organe, aucune autorité public, aucune association n'a jugé utile d'ester ce porc en justice au moins de façon symbolique, à présent on se pose la question sur la dignité de la femme, nous exerçons une violence mutuelle, la notion d'individu et tout ce que cela entraîne comme droits et devoirs n'existe pas.