"Le gouvernement persiste dans ses dérives anti-constitutionnelles", selon Talaie El Hourriyet

Ali Benflis.
Ali Benflis.

Nous publions des extraits du communiqué du Bureau Politique de Talaie El Hourriyet rendu public aujourd'hui samedi.

(...) En procédant à l’examen du rapport mensuel du Secrétariat National portant sur la situation politique, économique et sociale, le Bureau Politique a porté son attention sur les conditions indignes de notre pays et outrageantes pour notre peuple dans lesquelles se déroule la préparation de la prochaine échéance électorale. Il a exprimé ses profonds sentiments d’amertume, de consternation et d’indignation à l’égard des scandales honteux qui s’accumulent autour de la prochaine échéance électorale et qui portent des coups sévères à son intégrité, à sa probité et à sa régularité discréditant et décrédibilisant, de ce fait, la future instance législative avant même son élection.

Dans ce cadre, le Bureau Politique a condamné avec la plus extrême vigueur la forte emprise exercée par l’agent douteux sur l’échéance législative dont il pervertit le cours et dont il dévoie la raison d’être en tant que citadelle de la représentation populaire et de la défense de l’intérêt général. Il a relevé avec beaucoup d’inquiétude la menace réelle que fait peser l’argent douteux sur l’Etat national et les institutions de la République à travers la jonction malsaine et la collusion dangereuse entre les puissances de l’argent douteux et la sphère politique.

Le Bureau Politique a exprimé sa surprise et son étonnement quant au mutisme inacceptable du gouvernement, quant à l’inaction de la justice et quant à l’indifférence de l’instance de surveillance des élections à l’égard de l’ampleur sans précédent prise par l’intrusion de l’argent douteux dans le processus préparatoire de l’échéance législative à venir.

Le Bureau Politique a noté avec le même étonnement et la même surprise qu’au moment même où il assure l’argent douteux, par son inertie et son silence, de l’impunité, de la banalisation, de la tolérance et de la complaisance, le Gouvernement se signale par son zèle, par ses excès et par ses abus à l’égard des forces politiques légitimes qui ont fait, en toute indépendance et en toute responsabilité, le choix de la non participation à la prochaine échéance électorale.

Le Bureau Politique a condamné avec la plus extrême fermeté la diffamation, les offenses et les outrages dont sont victimes ces forces politiques de la part du régime politique en place et de ses clientèles qui rivalisent dans la surenchère pour lui complaire, lui donner les gages de leur totale allégeance et s’attirer ses bonnes grâces dans la course ouverte aux meilleurs quotas électoraux.

Dans ce cadre, le Bureau Politique a condamné avec la même fermeté la forfaiture, l’arbitraire et l’abus de pouvoir auxquels se livre, impunément, le Gouvernement en s’employant à réduire au silence total les opinions contraires au sujet de la prochaine échéance électorale en leur interdisant l’accès aux médias publics et même aux médias indépendants.

Le Bureau Politique a estimé que par cet acte arbitraire le Gouvernement persiste dans ses dérives anti-constitutionnelles et illégales après avoir, dans un passé récent, menacé d’un retrait d’agrément les forces politiques qui ressentent comme un devoir politique et moral de ne pas s’associer à un processus que polluent si manifestement la tricherie politique, la fraude électorale et l’argent douteux auquel l’impasse politique actuelle a ouvert des appétits insatiables.

Le Bureau Politique a conclu en premier lieu que ces dérives des pouvoirs publics constituent une violation franche et flagrante de la Constitution et des lois de la République protégeant comme des attributs inviolables la citoyenneté la liberté d’expression, la liberté d’opinion et le droit à l’information.

Le Bureau Politique a conclu, en second lieu, que ces dérives sont gravement dommageables au pluralisme politique qu’un régime politique hégémonique et totalitaire a déjà vidé dans une large mesure de sons sens, de sa substance et de sa raison d’être.

Le Bureau Politique a conclu en troisième lieu, que ces dérives constituent autant de manquements indéniables aux engagements internationaux souscrits par l’Etat algérien au titre de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Pacte International sur les droits civiques et politiques.

Le Bureau Politique a conclu, enfin, que ces dérives participent d’une faute morale tant est évident leur éloignement du souci de bâtir un consensus national autour d’élections transparentes, honnêtes, régulières et irrécusables et leur attachement à imposer un consensus national tout à fait contraire autour d’élections façonnées par la tricherie politique, la fraude électorale et l’argent douteux.

Au plan international, le bureau politique a estimé que l’égalité souveraine des Etats, la non- ingérence dans les affaires d’autrui et le règlement pacifique des différends sont les principes cardinaux du système des relations internationales et doivent le rester. Il a considéré que sans le respect de ces principes, l’ordre, la sécurité et la coopération dans le monde seraient gravement compromis et que c’est à l’Organisation des Nations Unies d’assurer le respect de ces principes conformément à sa Charte.

Mais dans le même temps, le bureau politique a, observé que le respect de la souveraineté des Etats ne saurait être un quitus donné aux dictatures et aux tyrannies d’opprimer les peuples sans défense, tout comme la non ingérence dans les affaires intérieures d’autrui ne saurait se concevoir comme une immunité reconnue à des régimes oppressifs de violer les droits et les libertés de leurs citoyens, de les forcer au déplacement ou à l’exil et de leur faire subir les atrocités les plus inqualifiables.

Le bureau politique a relevé que onze millions de Syriens, soit près de la moitié de la population totale du pays, ont pris le chemin de l’exil ou ont été déplacés sur leur propre territoire, que 350.000 d’entre eux ont perdu la vie et que le recours aux moyens de tuerie massive y compris l’armement chimique sont utilisés contre eux de manière banale.

Le bureau politique a conclu que le sort du peuple syrien est un sort tragique et que le peuple syrien est un peuple martyrisé. En conséquence, le bureau politique a estimé que la communauté internationale ne doit pas se désintéresser de son sort et le laisser seul dans l’épreuve tragique qui lui est imposée.

Le bureau politique a rappelé que depuis 2005, les Nations Unies se sont grandies en prenant la responsabilité de protéger les peuples en danger et que c’est à elles qu’il revient, aujourd’hui, d’organiser la protection du peuple syrien conformément aux principes et aux normes qu’elles ont elles-mêmes édictées et de promouvoir une solution politique négociée entre syriens qui ressortit de leur mission de préservation de la paix et la de sécurité internationales.

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