Elections présidentielles en France : du déjà-vu en Algérie !

Elections présidentielles en France : du déjà-vu en Algérie !

La déconfiture à gauche et la bérézina à droite.

C’est un épisode électoral inédit que nous livre la campagne présidentielle en France. Le scénario est pour le moins hallucinant au point de ressembler curieusement au modèle algérien. Une gauche complètement éparpillée, disséminée, portée par des candidats qui ne se parlent pas, ne s’écoutent pas et bien évidemment incapables de se mettre d’accord sur un minimum. Face à elle, une droite divisée, affaiblie et faute de s’entendre, continue d’adouber son «tigre blessé» sorti des primaires biaisées.

Le clivage classique gauche-droite, traditionnellement pourvoyeur de débats d’idées et de confrontation entre projets, a perdu du terrain au profit d’une nouvelle démarche basée sur la "pesée" des ralliements et des soutiens les plus larges. Dans cet exercice, le candidat de La France en marche, Emmanuel Macron, tire son épingle du jeu et mène une campagne tranquille. Une situation dont profite également la candidate de l’extrême droite Marine Le Pen, malgré ses démêlés avec la justice.

Les ralliements et les soutiens à la candidature de Macron se sont déclarés, parmi les ténors de la gauche et du centre-droit, avant même la divulgation de son programme présidentielle. Ce qui constitue une nouveauté dans une société où le petit détail, la nuance, alimentent parfois des débats sérés au sein de la classe politique et parmi les électeurs. Alors, comment peut-on expliquer cette confiance aveugle dont jouit le candidat du "ni de gauche, ni de droite" capable de réunir, sous le même projet, le communiste Robert Hue et le centriste François Bayrou ? Ceci, au point d’aggraver les divisions et les dissensions des familles politiques traditionnelles (gauche, droite, entre...) et éventuellement au sein des organisations de la société civile.

Ce qui nous rappelle, pour nous algériens, une certaine élection présidentielle de 1999, où les soutiens au candidat du pouvoir Abdelaziz Bouteflika ont conduit à l’éclatement de certains partis politiques (RCD, PRA,...), l’organisation syndicale UGTA et certaines des organisations patronales de l’époque.

Hakim Taïbi

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