La moudjahida et historienne Djamila Amrane-Minne s'est éteinte (Vidéos)

Djamila Amrane-Minne.
Djamila Amrane-Minne.

La militante, historienne, universitaire et poétesse Djamila Amrane-Minne, née Danièle Minne est décédée samedi 11 février 2017 à Alger à l'âge de 77 ans.

C'est une grande voix qui vient d'entrer dans le silence. Une dame qui avait redonner la voix à des dizaines de moudjahida. D'origine française, Djamila Amrane-Minne est la fille de Jacqueline Netter qui se mariera en 1950, avec Abdelkader Guerroudjk, un grand militant du Parti communiste algérien. Née Danièle, c'est au maquis qu'elle a adoptée son prénom de Djamila. Comme sa mère, Djamila Amrane a rejoint les réseaux du FLN à Alger où il a fait partie des fameuses poseuses de bombes. Alors qu'elle n'avait que 17 ans, elle participe à l'attentat à la bombe du bar l'Otomatic à Aler.

Puis elle a été exfiltrée vers la wilaya III pour échapper à la terrible répression des paras des suites de la grève de huit jours. "La défunte a eu un long parcours dans les maquis. Elle fut capturée en novembre 1957 à Draa Errih dans la région de Bordj Bou Arreridj. Le Dr. Belkhocine, Raymond Peschard et une dizaine de leurs compagnons sont tombés ce jour-là, face à d'importantes forces ennemies", témoigne Djoudi Attoumi, ancien officier de l'ALN sur son mur Facebook. Condamnée le 4 décembre 1957 à sept ans de prison et incarcérée à la prison de Barberousse, elle a été transférée ensuite en France avant d'être libérée en avril 1962 à Rennes et amnistiée en application des Accords d'Évian.

Danièle Minne opte pour la nationalité algérienne et devient Djamila Amrane lors de son mariage en 1964. Elle a travaillé à l'université d'Alger puis est devenue en 1999 professeur d'histoire et d'études féminines à l'université de Toulouse. Elle est aussi et surtout l'auteur de "Les Femmes algériennes et la guerre de libération nationale, 1954-1962", un précieux ouvrage qui donne la parole aux femmes qui ont pris part à la guerre pour l'indépendance de l'Algérie. Dans un documentaire dont nous livons ci-dessous un extrait, elle a exprimé son dégoût de "l'injustice profonde" engendrée par le régime.

Djamila Amrane-Minne sera enterrée dimanche 12 février 2017 à Béjaïa.

La rédaction

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Commentaires (2) | Réagir ?

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s@ber68 .

Danielle Minne, comme tous les européens et juifs qui ont épousé la cause nationale au détriment de leur confort et de leur rang social pour la libération du pays et qui sont même morts les armes à la main, comme entre autres, Henri Maillot, Daniel Timsit, Fernand Yveton, Raymonde Pescharde, Évelyne Safir Lavalette, Claudine et son époux Pierre Chaulet, Georges Acampora, Azoulay André, Maurice Audin et beaucoup d'autres. P A I X - À L E U R - Â M E.

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Massine Ait Ameur

Je deteste ces mots mujahid et mujahida! Je considere cette femme une patriote algerienne et rien d'autre.