Ferhati Hacen : "On ne perd pas espoir de retrouver nos frères disparus"

Les familles de disparus ne baissent pas les bras. Elles veulent toute la vérité.
Les familles de disparus ne baissent pas les bras. Elles veulent toute la vérité.

L'épisode de la décennie noire n'est pas fermé. Et l’affaire des disparus algériens est loin de connaître son épilogue.

Les familles et les proches de ces victimes de la décennie noire ne veulent à aucun cas abandonner leur combat. "On ne rentra chez nous que le jour où la vérité jaillira", tonne avec colère un des frères des disparus. Qu’il vente ou qu’il neige, chaque mercredi, des frères des sœurs des disparus, des fils, des filles, des épouses, des proches ou tout simplement des militants se rassemblent devant le siège de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l'Homme algérienne, l'imprononçable organe officiel algérien des droits humains, situé sur les hauteurs d’Alger. Objectif de ces rassemblements hebdomaidaires ? Exiger toute la lumière sur les disparus et tenir tête aux autorités algériennes qui font mine d'avoir fermé complètement ce dossier épineux. Au fil des années, les intimidations et les empêchements des services de sécurité n'ont pas réussi à dissuader les protestataires d'abonder leur combat. Un combat vieux de plus de 20 ans.

Justice et vérité, sont les deux mots qui reviennent sur leurs lèvres. Inlassables, ils ont frappé à toutes les portes. Ferhati Hacen fait partie des activistes. Comme ses compagnons de lutte, il ne perd pas espoir même de retrouver certains des disparus. "On va continuer à réclamer notre droit à la vérité. On ne perd pas espoir de retrouver nos chers. Comme chaque mercredi, nous tenons des rassemblements avec des parents usés par l'attente, le silence des autorités, fatigués et malades, avec des ONG, de la LADDH, des membres d'Amnesty Algérie et quelques personnalités politiques, en plus des avocats et certains journalistes, pour exiger la vérité sur nos proches quiont disparu", affirme Ferhat. Une association, Sos Disparus soutient et accompagne ces familles inconsolables d'avoir perdu un être cher, un proche, un parent.

Tous les mercredis, des mères, des épouses, des soeurs, des pères de disparus se rassemblent. Des photos de victimes et des écriteaux sont brandis par les proches des victimes. Le message est sans nuances. Ils accusent ouvertement les services de sécurité algériens d’être derrière certains de ces enlèvements, entre 1992 et 1998. Des noms d’officiers et de postes de police ou les victimes ont été cités par des familles.

L’indifférence des medias et des partis politiques, dits d’opposition, à la tragédie que vivent ces familles, n’altère en rien de la volonté de ces dernières de continuer le combat. "Un film documentaire de 52 minutes retraçant le parcours des familles des disparus a été réalisé par Otmane Aouamer", nous informe Hacen Ferhati, frère de Mustapha Ferhati enlevé en plein jour à Kouba le 28 mai 1998. Ces disparus, dont le nombre exact n’a jamais été révélé, hanteront toujours les décideurs algériens.

Igoudjil Abdenour

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