Résultats désastreux pour l’Algérie : une marche arrière de 20 places !

Résultats désastreux pour l’Algérie : une marche arrière de 20 places !

L’ONG de lutte contre la corruption Transparency International (TI) a rendu public aujourd’hui, mercredi 25 janvier 2017, son Indice de perception de la corruption dans le secteur public (IPC) pour l’année 2016 : 176 pays y figurent — dont l’Algérie. L’Algérie occupe les très peu reluisantes 19 ème place en Afrique et 10 ème dans la région du Maghreb et Moyen-Orient (MENA).

1. Lecture de l’IPC 2016 par l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC)

Pour rappel d’abord, l’Algérie avait obtenu en 2015 la note de 3,6 sur 10 et la 88ème place ; en 2014 la note de 3,6 et la 100ème place; en 2013 la note de 3,6 sur 10 et la 94ème place ; en 2012 3,4 sur 10 et la 105ème place; en 2011 la note catastrophique de 2,9 sur 10, la même que celle de 2010, et la 112ème place, reculant de 7 places par rapport au classement de 2010 ! Le score et le classement désastreux de l’Algérie en 2016 – une énorme marche arrière, illustre on ne peut mieux non seulement l’absence de volonté politique à lutter contre la corruption, mais plus grave, ce score et ce classement sont le résultat de la politique de fuite avant du pouvoir en place.

Pour ce dernier, c’est la "utte contre la corruption" qui est l’ennemi à abattre, ayant fait de la corruption son «fonds de commerce» pour se maintenir à n’importe quel prix. Pour preuve supplémentaire, la multitude d’organisations et d’institutions gouvernementales ayant en charge officiellement la prévention et la lutte contre la corruption, mais toutes sont frappées d’inertie, inefficaces et aux abonnés absents, obsolètes et périmées : Cour des comptes, Organe national de prévention et de lutte contre la corruption, Inspection générale des finances, Office central de répression de la corruption, Cellule de traitement du renseignement financier, Pôles judiciaires spécialisés dans la lutte contre la délinquance économique et financière, etc.

Oui, pour le pouvoir en place l’ennemi c’est la "lutte contre la corruption", sinon comment expliquer que les lanceurs d’alerte et les dénonciateurs de la corruption font systématiquement l’objet de toutes sortes de représailles et de mesures arbitraires et illégales pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement abusif ! Sinon, comment expliquer aussi que la loi du 20 février 2006 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption soit aussi mauvaise et inappliquée ?

Enfin, ces très mauvais score et classement de l’Algérie en 2016 sont aussi le reflet d’une justice non indépendante, injuste, incompétente et n’obéissant qu’aux ordres de l’Exécutif.

2. A propos d’une des enquêtes sur l’Algérie. Importance signalée. Dans l’IPC 2016, l’Algérie a fait l’objet de 6 enquêtes et études d’organisations internationales indépendantes, enquêtes qui convergent toutes vers les mêmes résultats. A noter le très mauvais score attribué à l’Algérie – 2,20 sur 10 !!!!-, par l’une de ces 6 organisations, à savoir «Global Insight», la notation des risques-pays. Fondée en 1959, «IHS Global Insight» est une entreprise internationale d’information sectorielle qui emploie plus de 5 100 personnes dans plus de 30 pays du monde. «Global Insight» fournit un vaste ensemble de services en ligne couvrant l’analyse macroéconomique, l’analyse risque pays et l’analyse de secteurs spécifiques. Les évaluations par Global Insight sont réalisées en interne par plus de 100 spécialistes de pays, qui s’appuient également sur l’expertise de consultants indépendants, de clients et d’autres contacts dans le pays concerné. Les notes reflètent la perception des experts de Global Insight sur l’ampleur relative du problème dans chaque pays ou territoire. La notation évalue toutes les formes de corruption, du simple versement de pots-de-vin à la corruption politique en haute sphère. La note attribuée à chaque pays ou territoire est basée sur une évaluation qualitative de la corruption au niveau national.

Les experts de Global Insight ont pour tâche d’évaluer : le risque que les personnes/entreprises soient confrontées à des pratiques de corruption dans la conduite de leurs affaires, que ce soit pour conclure des contrats importants, obtenir l’autorisation d’importer ou d’exporter un produit accessoire ou réaliser des formalités administratives courantes. De telles pratiques menacent la capacité d’une entreprise à opérer dans un pays ou l’exposent à des sanctions législatives ou réglementaires et à la perte de sa réputation.

2. L’analyse de Transparency International.

Pour Transparency International, «La corruption et l’inégalité se nourrissent l’une de l’autre, créant un cercle vicieux entre la corruption, la distribution inégale du pouvoir dans la société et la répartition inégale de la richesse. Comme l’a mis en évidence l’affaire des "Panama Papers", il est encore trop facile pour les riches et les puissants d’exploiter l’opacité du système financier mondial afin de s’enrichir au détriment du bien public." "Dans de trop nombreux pays, les besoins les plus élémentaires des citoyens ne sont pas satisfaits et ces derniers se couchent tous les soirs le ventre vide à cause de la corruption, alors que les puissants et les corrompus jouissent d’un mode de vie somptueux en toute impunité", a déclaré José Ugaz, président de Transparency International. «Nous ne pouvons pas nous permettre le luxe d’attendre. La corruption doit être combattue d’urgence, afin que la vie des gens s’améliore dans le monde entier", a rappelé José Ugaz.

Toujours selon Transparency International (TI), "les citoyens en ont assez des promesses vaines proférées par trop de politiciens qui jurent de s’attaquer à la corruption, et beaucoup se tournent vers des politiciens populistes qui promettent de changer le système et de briser le cycle de la corruption et des privilèges. Pourtant, cela ne fera probablement qu’exacerber le problème."

Et le président de Transparency International de conclure : "Dans les pays dirigés par des leaders populistes ou autocrates, nous constatons souvent des démocraties en déclin et des tentatives inquiétantes de réprimer la société civile, de limiter la liberté de la presse et d’affaiblir l’indépendance du pouvoir judiciaire. Au lieu de s’attaquer au capitalisme de connivence, ces leaders installent généralement des formes de systèmes corrompus qui sont encore pires".

Pour l’AACC, Djilali Hadjadj porte-parole

2. Méthodologie de Transparency International . L’indice 2016 note 176 pays (168 en 2015) et territoires de 0 (extrêmement corrompu) à 100 (extrêmement intègre) selon les niveaux de corruption perçus dans le secteur public. Il utilise les données de 12 enquêtes portant sur des facteurs tels que l’application des lois anti-corruption, l’accès à l’information et les conflits d’intérêts. L'indice de perception de la corruption est le principal indicateur global de la corruption dans le secteur public, offrant un instantané annuel du degré relatif de la corruption par le classement des pays du monde entier.

Pour en savoir plus sur l’IPC 2016, il faut consulter le site web de Transparency International : < www.transparency.org >.

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Commentaires (1) | Réagir ?

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khelaf hellal

C'est à juste titre que feu Mohamed Boudiaf avait parlé de mafia politico-financière. Une mafia qui se nourrit de la corruption, des transactions commerciales et des facilitations frauduleuses, de marchés de dupes où la chipa, les commissions et rétrocommissions, les ristournes et les pots de vins font florès. C'est l’État dans l’État comme la Cosa-nostra en Sicile.