Une ville, une histoire : Kristel

Mosolée de Kristel.
Mosolée de Kristel.

Maintes civilisations se sont suivies en Algérie faisant de ce vaste territoire, à travers ses villes, un pays très riche en histoire. En effet, ses villes et villages sont les témoins vivants d’une mémoire dont nous pouvons être fiers, et ce de la Numidie jusqu’à l’Algérie d’aujourd’hui.

De ces villes, on citera celle de Kristel située dans l’Ouest algérien. Kristel est un village portuaire, situé sur la côte méditerranéenne, c’est un village enclavé, assis sur une crique à 26 km à l’est de la ville d'Oran, dans une région couverte par des maquis denses. Kristel relève administrativement de la commune de Gdyel alias Saint-Cloud. La côte de Kristel est rocheuse et le relief de son territoire est accidenté, le Djebel Kristel atteint 490 m d’altitude et le Djebel Orous 630 m. Il est connu également par la présence de deux sources naturelles l’une qui descend de la montagne des lions venant irriguer les beaux jardins qui se déploient en étages jusqu’à la mer, l’autre source dite "de Sidi Moussa".

Deux versions existent sur l’origine du nom donné à cette localité. L’une voudrait que Krichtel ou Kristel serait la contraction de deux mots berbères : Krich qui veut dire ventre et Tell qui veut dire montagne. D’où Krich-Tell qui signifierait donc le ventre de la montagne. Quand on connaît le lieu, cette explication est tout à fait plausible, une pointe rocheuse qui s’avance dans la mer, entourée de deux plages, l’une de galets et l’autre de sable, Sidi Moussa et Tamda. Une autre voudrait que Krichtel doit son nom aux premiers habitants du lieu : Les Krichtels ou Krichteuls. Ces habitants appartiennent à la tribu des Béni Amer, descendants des Zénètes de la branche des Maghroua issue elle-même des Ouled Rached, de grands nomades chameliers ,installés en Oranie. Le nom de Krichtel vient de l’ancêtre de la tribu qui s’appelait «Krichtel ben Mohamed ben Tabet ben Mendil ben Abderrahmane el Maghraoui».

Comme c’est le cas des villes et villages algériens, Krichtel a connu plusieurs occupations successives partant de celle espagnole à la française en passant par l’occupation turque. Au temps de l’occupation espagnole, de 1509 à 1732, les villageois de Kristel approvisionnaient par bateau les habitants de la ville d’Oran et la garnison de l'armée espagnole. Outre les légumes, fruits et poissons, ils vendaient aussi des cires et surtout des esclaves. Il faut savoir que les Espagnols loin de leur sol adoptaient les modes de vie du lieu et s’enrichissaient de la vente des prisonniers. Les Krichtel comptent vers le milieu du 16e siècle une population forte d’environ 90 habitations c’est-à-dire plus ou moins 450 individus. De 1792 à 1830 fut autour des Turcs d’occuper la région où ils reprennent la ville d’Oran en 1792. En effet, le Dey d'Alger négocie entre 1790 et 1792 la cession de la ville et c’est par traité, signé à Alger avec le Dey, que les espagnoles abandonne la ville au turcs et ce après plusieurs années de siège. Les Beys de Mascara s’installent alors à Oran et en fait la capitale du beylik de l'Ouest de 1792 jusqu'en 1830 au détriment de Mascara. Durant cette période, il est à noter que Krichtel est un Souk pour les habitants de la région et particulièrement ceux de la côte.

Le règne des Ottomans ne dure pas très longtemps et cède la place à une autre occupation, celle française, de 1830 à 1962. Krichtel est francisée en Kristel et sera annexée à la commune de Saint Cloud, actuellement Gdyel, et ce par un décret, le 31 décembre 1856, érigeant le centre de Saint-Cloud en commune de plein exercice, signé par Napoléon III. Kristel est alors un petit village d'agriculteurs et de pêcheurs espagnols et arabes, à l'abri de la pointe de l'aiguille. Les Français découvrent une côte de la montagne des Lions désertique, caillouteuse et escarpée. C'était un petit coin de paradis. Pourtant les français préfèrent occuper autrement le village en exploitant non pas ces vergers mais ses carrières. La Carrière de marbre encaissée dans le massif de djebel Ourousse qui culmine à 630 m d'altitude.

En 1905, la société minière Franco-Africaine reprend l’exploitation des mines de fer de Kristel et construit même un embranchement de la mine à la gare de Saint Cloud. Néanmoins, les villageois pratiquaient toujours la pèche et le maraichage et allaient vendre leurs produits aux Halles de Cuvelier, un quartier d’Oran, situé au Sud-est. Le village de Kristel englobait deux agglomérations très distinctes, le village indigène et le groupe des villas européennes avec une population fixe de pécheurs espagnols et une fluctuante d'estivants venant de Saint-Cloud ou d'Oran.

Aujourd’hui, les habitants travaillent essentiellement dans la pèche et l’agriculture ; le chômage touche la majorité des jeunes, le tourisme, bien que la bande côtière de Kristel abrite de nombreuses plages dont Aïn Franine et Aïn Defla, ainsi que des sources thermales, souffre de l'inexistence de structures d'accueil comme les hôtels.

Mohamed Benotman

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Commentaires (3) | Réagir ?

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cherif cherfaoui

votre réponse en dit long sur vos mœurs.

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Caton L'ancien

Pas mal le psy ! Mais la votre dit encore plus long sur vos mœurs actuelles !

Au fait psychiatre ou psychanalyste, des métiers qui rendent un peu dérangé du ciboulot ?

Ps : Je n'ai pas rédigé une réponse, c'est un commentaire que j'ai fait.

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Caton L'ancien

Ouf ! Je suis rassuré.

Et moi qui pensais que le nom de cette ville, Kristel, avait une relation avec l'actrice suédoise Sylvia Kristel qui joua le rôle d'Emmanuelle !

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