Il faut éviter l'embrasement !

Devant la multiplication des interdictions de rassemblements ou d'expression, la rue est malheureusement devenue le dernier lieu d'expression.
Devant la multiplication des interdictions de rassemblements ou d'expression, la rue est malheureusement devenue le dernier lieu d'expression.

L'année 2017 commence par des émeutes en Algérie. Loin de surprendre grand monde, les pronostics alarmistes faits par certains analystes ayant prédit la détérioration de la situation du pays n'étaient pas faux.

En réalité, cette loi de finances inique votée récemment par le parlement n'a fait qu'installer la peur dans les esprits car elle n'est là que pour creuser davantage le fossé entre les riches et les pauvres. A Béjaia comme dans quelques autres villes, c'est l'anarchie totale. Les commerces sont en grève et l'odeur du brûlé vient empester le décor d'une wilaya longtemps délaissée par les pouvoirs publics. Les images du saccage retransmises par le biais des réseaux sociaux sont un signe avant-coureur de ce qui pourra advenir à large échelle si le gouvernement ne réagit pas au plus vite. Le plus grave, c'est que, par-delà la cherté de la vie, c'est tout une société mise à rude épreuve par les retombées des inégalités sociales qui exprime son ras-le-bol. Le risque du dérapage est à la mesure des dangers de manipulation qui guettent la Kabylie accusée par d'aucuns de tous les torts. Or, cette région n'a plus de leçons de patriotisme ni de nationalisme à recevoir de personne. Pour ceux qui s'en doutent, ils n'ont qu'à feuilleter les livres d'histoire pour se renseigner. C'est un bastion de résistance qui a tout donné au pays et n'en a, hélas, presque rien reçu en retour!

De plus, pendant environ 20 ans pour n'en citer que cette période caractérisée par un régionalisme exacerbé et une corruption massive à tous les niveaux sur fond d'une incroyable rentrée de devises (800 milliards de dollars dépensés à tire larigot dans un programme de relance économique inutile) et une crise morale et de valeurs sévissant même au sommet de l'Etat, aucun projet d'envergure ni des infrastructures de base ne sont fournis pour ses jeunes qui se retrouvent comme d'ailleurs la plupart des Algériens livrés à eux-mêmes, dans le merdier. La violence actuelle est prévue depuis longtemps et les provocateurs sont à l'affût du moindre faux pas d'un exécutif qui est, pour le moins que l'on puisse dire, moribond afin d'allumer les feux de la discorde. L'Algérie étant malade et ses gestionnaires incompétents. C'est un constat auquel personne ne peut échapper. D'où la crainte d'une intrusion étrangère dans les années à venir, sous divers prétextes, dans la gestion administrative, économique, politique, etc., du pays si ce n'est pas déjà le cas aujourd'hui! La vigilance devrait être de mise afin d'éviter que cette Algérie-là ne retombe, une fois encore, dans le piège de la guerre civile dans un contexte régional nouveau, émaillé, cette fois-ci, par nombre de foyers de tensions. Attention!

Kamal Guerroua

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Commentaires (1) | Réagir ?

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moh arwal

je cite ..... " les provocateurs sont à l'affût du moindre faux pas d'un exécutif qui est, pour le moins que l'on puisse dire, moribond afin d'allumer les feux de la discorde. "

A mon avis l'executif est a la fois le concepteur, le provocateur et le beneficiaire de cette grave derive. On va nous changer le gouvernement pour donner l'appaarence que quelque chose va changer mais ce n'est que foutaise et mensonge. ils continueront vers des legislatives avec des nouvelles tetes de turcs mais le resultat sera tout simplement en avant la musique vers 2019.

Sellal avait une mine sombre et un regard très mèrisant, il etait serieusement contrarié lors de son intervention TV pour defendre son opera financiere il se peut qu' il soit lui même (son poste) l'objectif visé par ce cafouillage suicidaire dont on ignore encore les tenants et les aboutissants mais qui sonnent à coup sure le début du commencement d'un remake de 1988.

L'executif est divisé depuis longtemps n 'en déplaise a Sellal qui a toujours nié cela pour tenter sa derniere chance de garder le poste de PM qu'il n'a jamais merité.

Les ambitions d 'Ouyahia ne sont pas exemptes de responsabilités dans le pourrissement de la situtaion politico -economique du pays durant le dernier semestre 2016 notemment depuis que son rival numero 1 (sadani) est disparu de la circulation.