Le passage presque naturel de Bouteflika 2019 à Bouteflika 2024

Alors même que le 4e mandat est loin d'être terminé, les porte-voix du clan appellent à un 5e...
Alors même que le 4e mandat est loin d'être terminé, les porte-voix du clan appellent à un 5e...

Naturellement et sans problème, sans attentat, sans coup d'état, quand le jour finit son mandat, cède le tour à l'horloge de la nuit dans la sérénité et le calme et inversement.

Quand les mois arrivent à leur terme passent la relève à leur prochain en toute sportivité. Quand les années tirent leur révérence, s'en vont discrètement et sans aucun bruit en accueillant le nouveau locataire du siècle avec des youyous,

Chez nous, en Algérie, à mi-mandat, à mi-vie et mort, bien vissé sur son chariot, bien encombré dans son costume, entre la parole et le silence, le président par communiqués et images anachroniques, se prépare non pas à partir, mais bien au contraire à se maintenir. Il n'y aura pas de prochain tant que je suis vivant, même réduit en ¾ présidentiel par la maladie, et Dieu merci pas par les généraux, j'y suis par la force et j'y reste. Si j’ai survécu à l’AVC- DRS, une des redoutables attaques du siècle dans le monde, je pense que je surmonterai mon AVC, et bientôt je marcherai-s d’après mon médecin traitant politique Djamel Ould Abbès.

Il n'y aura donc pas de passation de pouvoir, le cycle naturel est incompatible avec le régime algérien, ici on ne change pas, on renouvelle les mandats périmés, on recycle les déchets, d’ailleurs nous sommes en train de recycler Chakib Khelil, atteint de corruption en phase terminale, pour le réintroduire ensuite avec un nouvel emballage très design sur le marché présidentiel comme un produit non toxique et écolo et respectueux des normes internationales et conventionnelles de trafic. Comme ça le peuple va bien le consommer à nouveau. On y pense déjà, sauf si le locataire du palais n’abdique pas.

La fabrique de présidents et de présidentiables, ceux et celles qui vont recruter les profils-concourants, ceux qui vont participer au show présidentiel de 2019 est actuellement en pleine action, elle tourne à plein régime, elle est en plein recrutement de tampons relais pour nettoyer les voies, remplir les salles, poser quelques questions sympa, pas celles qui fâchent, genre poser des questions à Monsieur Chakib, le conférencier de renommée internationale sur ses malversations, il ne faut pas colporter ce genre de ragouts. Il faut le peser en homme net pas en brut-e, ça fausse complètement la pesée, c’est-à-dire, il faut le juger sur ses potentialités de grand braquage à Al Pacino, mais pas sur son passé de simple délinquant d’État. Bref, la société par action présidentielle, connue sous le nom de la fameuse "Alliance Présidentielle", a besoin de sous-traitants dans tous les secteurs : maquillage de bilans du gouvernement, déni de réalité, trafic d’influence, intimidation, bourrage des urnes, agression, dénonciation, etc, brefs des serfs version moderne qui vont tenir le discours que les prix des produits de première nécessité ne sont jamais au plus bas niveau que depuis l’arrivée de Sid Rais, enfin des gens pour dénier la réalité la plus criante dans les rayons, celle de la vie chère ; des épouvantails de la peur, les gardiens de notre stabilité, ceux qui voient dans tout changement un risque de déstabilisation du pays par la main étrangère, des assimilateurs de toute volonté de changement à une déstabilisation. Si vous êtes à la recherche d’un complément de salaire ou de revenus de remplacement, merci de contacter votre chargé de terrain, la société de malfaiteurs est en plein phase de recrutement !

Donc, la société par actions et le gouvernement au grand complet travaillent en étroite collaboration dans tous les sens du terme, non pas pour trouver des solutions durables au problème de chômage de masse des diplômés algériens, pour redonner l’espoir et l’envie aux Algériens et Algériennes de rester dans leur pays, pour rendre accessibles les produits alimentaires, notamment ceux de première nécessité aux Algériens, pour réunir les conditions de compétition politique en rendant le changement possible grâce à la consécration de la règle d’or aristotélicienne, à savoir l’alternance au commandement, l’égalité entre hommes et femmes, l’égalité et la transparence pour l’accès aux marchés publics, la possibilité d’accumuler des richesses proprement sans piquer dans les caisses de l’État et se livrer à des malversations avec des multinationales avides de spoliation, mais pour peaufiner la physionomie de la nouvelle mafia nationale en attendant de préparer le scénario du Vème mandat sinon nous servir Chakib version come-back from States en phase de normalisation et d’agressivité.

Omar Tarmelit

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