François Hollande va faciliter la naturalisation aux tirailleurs sénégalais

Ancien tirailleur sénégalais
Ancien tirailleur sénégalais

Le président français, François Hollande, s'est engagé dans un courrier à faciliter l'octroi de la nationalité française aux tirailleurs sénégalais, a révélé "Libération".

"J'ai demandé qu'il y ait des instructions très claires qui soient données pour qu'il y ait toutes les facilités pour leur permettre d'accéder à la nationalité française", a déclaré le chef de l'Etat français à l'issue d'un entretien à Paris avec le président sénégalais Macky Sall, en visite d'Etat à Paris.

François Hollande a, également, écrit à Aissata Seck, adjointe au maire (PS) chargée des anciens combattants à Bondy, une commune du nord-est de Paris, et à l'origine d'une pétition demandant la naturalisation pour les tirailleurs sénégalais. Enfin, François Hollande ajoute : "J’ai demandé au ministre de l’intérieur de s’assurer que les dossiers de naturalisation des tirailleurs sénégalais qui en font la demande soient examinés avec rapidité et bienveillance".

Outre qu'elle arrive trop tard, la démarche de François Hollande interroge, car elle institue une ségrégation dans cette armée composée de plusieurs origines. Faut-il rappeler qu'outre les tirailleurs sénégalais, il y avait aussi les tirailleurs algériens, marocains et tunisiens ainsi que d'autres corps militaires de ces pays.

Faut-il comprendre par ce courrier de fin de mandat, François Hollande entend reconnaitre le sacrifice des seuls tirailleurs sénégalais en facilitant notamment la naturalisation des rares derniers tirailleurs sénégalais ? Ou alors il y a derrière ce geste, une autre reconnaissance, celle d'avoir participé aux guerres menées en Indochine et en Algérie ? Mais il y a sans doute une autre raison : celle de vouloir effacer le massacre de Thiaroye en 1944 quand quelque 300 soldats sénégalais furent massacrés et jetés dans des fosses communes. De récentes recherches ont prouvé que ce ne fut pas une rébellion mais un "crime de masse", comme l'a souligné l’historienne Armelle Mabon, de l’université Bretagne-Sud (France).

Yacine K.

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