Messieurs Bouteflika et Sellal : un jeune blogueur vient de mourir dans votre prison !

Mohamed Tamalt
Mohamed Tamalt

Voilà, votre oeuvre est enfin réalisée : Mohamed Tamalt est mort ! Mort en prison, là où vous l'aviez condamné pour un dessin sur Facebook.

Mohamed Tamalt est mort : il sera allé jusqu'au bout de sa résistance, jusqu'au bout de votre intransigeance de potentat, M. Bouteflika. Qui ignorait qu'il était en grève de la faim ? Vous et vos juges ripoux, vous et vos hommes du déshonneur, avez laissé un homme périr pour votre orgueil. Retenez bien la photo de Mohamed Tamalt, c'est celle que l'on gardera de vous, c'est celle qui résumera vos 20 ans de règne destructeur, nombrilique, stérile... Mais l'essentiel est que vous soyez en vie, vous, à l'âge de 80 ans, n'est-ce-pas ? En vie pour encore sévir, pour encore tuer d'autres Mohamed Tamalt. Il a payé à la place des voleurs que vous avez couverts, ceux qui ont dilapidé l'argent du peuple, de Mohamed Bouricha à Chakib Khelil et qui ne connaîtront jamais les affres de la grève de la faim, ni les tortures de la prison.

Vous saviez que Mohamed Tamalt souffrait d'un diabète, mais vous avez laissé faire ! Honte à ceux qui se sont prêtés à cette triste besogne, honte au ministre de la Justice, ou de cette plaisanterie que vous appelez justice, qui a si promptement innocenté le voleur Chakib Khelil, mais oublié Tamalt dans son cachot ! Honte au ministre de la Communication qui s'est tu, honte à cette corporation qui a préféré regarder ailleurs pendant qu'un homme enfermé pour avoir publié des dessins et des articles sur Facebook, s'éteignait lentement, à l'insu du monde. Cette corporation qui n'a pas su dire non, refuser l'arbitraire, qui a oublié ce jeune homme dans les griffes d'un système sans pitié.

Vous avez tenu à ce que l'insolent blogueur paye jusqu'au bout pour "atteinte à la vie privée" et "diffamation" à l’encontre du président de la République.

Il l'a fait.

Vous l'aviez condamné à mort et exécuté la sentence. Aux yeux de Dieu comme aux yeux des hommes, vous resterez à jamais moralement comme l'exécuteur d'un jeune Algérien qui n'avait fait que remplir sa page Facebook.

Aucune grande mosquée ne rachètera cet homicide.

Didou

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Commentaires (9) | Réagir ?

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deradji nair

Ne dit-on pas que la liberté des uns s'arrete la où celle des autres débute. Hé bien tant pis pour lui il n'avait pas à insulté un citoyen comme tous les autres et lors de sa punition il est dcd alors que demande-t-on qu'en y fasse. Qu'on lui rende la vie certainement.

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khelaf hellal

Ce n'est pas un citoyen comme tous les autres, c'est un homme public, une personnalité politique en tant que tel il peut etre la proie à toute sorte de critiques et de médisances. Les grands de ce monde prennent au contraire la critique publique , la calomnie fondée pour un terreau de fertilité qui leur donne de l’énergie pour défendre leur réputation ou les pousse à se remettre en question et se corriger dans la vie. "On emprisonne pas un Voltaire " disait De Gaulle touché au plus profond de lui-même. Tant pis pour les idiots comme toi qui ont renoncé à leur liberté d'expression, à leur dignité et à leur droit d' égalité.

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Simply

Je présente mes sincères condoléances à la famille de notre très cher et très digne compatriote Mohamed Tamalt et à tous ceux qui lui sont proches.

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