Primaires de droite : un François Fillon plus libéral et "radical" qu'Alain Juppé

François Fillon a montré son visage de candidat libéral prêt à remettre en cause de nombreux acquis sociaux. Crédit Photo : François Navarro.7
François Fillon a montré son visage de candidat libéral prêt à remettre en cause de nombreux acquis sociaux. Crédit Photo : François Navarro.7

Le favori François Fillon et son challenger Alain Juppé se sont affrontés ce jeudi soir 24 novembre lors du dernier débat télévisé de la primaire de la droite, en affichant leurs divergences, mais en évitant l'invective.

Plusieurs fidèles d'Alain Juppé et de François Fillon avaient exhorté les deux qualifiés pour le second tour de la primaire à conserver leur sang-froid après les récents échanges d'invectives qui ont agité la campagne interne à la droite. Un appel visiblement écouté par les deux candidats qui sont restés sur le fond de leurs programmes.

François Fillon, a défendu jeudi soir son projet économique "radical". "C'est vrai que mon projet est plus radical, peut-être plus difficile", a déclaré l'ancien Premier ministre de l'ex-président Nicolas Sarkozy, tout en soulignant : "Il rompt avec une forme de pensée unique que j'ai vu se déchaîner depuis quatre jours"."Notre pays est au bord de la révolte", a diagnostiqué François Fillon. Pour en sortir, il veut créer «un déclic psychologique» avec une remise à plat du Code du travail, des retraites, de l'investissement, dans les trois premiers mois suivants son élection, afin de montrer aux Français, mais aussi "à l'extérieur" que la France peut se réformer.

Alain Juppé, qui fut aussi Premier ministre (1995-1997), a veillé à ne pas l'attaquer frontalement. Il s'est simplement dit prêt à faire des «réformes profondes, crédibles (...) sans brutalité".

Passe d'arme sur le temps de travail

Les deux candidats se sont se sont vivement opposés jeudi sur la question du temps de travail dans la fonction publique. "C'est un point fondamental parce que ça veut dire qu'Alain Juppé ne veut pas vraiment changer les choses, il s'inscrit dans un système", a estimé François Fillon. Pour Alain Juppé, "on ne peut pas demander à des fonctionnaires de travailler plus pour gagner moins". "J'ai entendu François dire que je ne proposais rien pour augmenter la durée du travail dans la fonction publique, c'est tout à fait inexact, je propose (...) qu'on aille progressivement vers 39 heures mais pas de façon brutale, pas d'un coup", a argumenté le maire de Bordeaux.

Interrogé sur la mention de la durée légale du travail fixée à 48 heures par l'Europe dans son programme, François Fillon s'est par ailleurs défendu, estimant qu'aucun accord d'entreprise ne serait conclu à 48 heures hebdomadaires. «Et poser la question comme ça, c'est comme sur beaucoup d'autres sujets, c'est caricaturer quelque chose qui au contraire est extraordinairement moderne (...)», a-t-il lancé aux journalistes.

Sur la Sécurité sociale

"Le modèle social prend l'eau de partout», a dit François Fillon. "Je veux désétatiser le système de santé. Je propose que la sécurité sociale se concentre sur les risques principaux", a-t-il ajouté.

"J'ai une divergence assez profonde avec François Fillon. Nous avons des points de convergence bien sûr (...) en revanche, moi je ne toucherai pas au taux de remboursement dont bénéficient aujourd'hui les Français, qui a déjà été rogné dans les années passées", a déclaré M. Juppé.

La France pas multiculturelle pour Fillon, Juppé vante sa "diversité".

Est-ce que pour vous l'avenir de la France est d'être une société multiculturelle ? «La réponse est non. La France a une histoire, une langue, une culture, naturellement cette culture et cette langue se sont enrichies des apports de population étrangère, mais ça reste la base, le fondement de notre identité», a répondu François Fillon.

Est-ce qu'elle n'est pas déjà une nation multiculturelle ? "Non", a répondu François Fillon. "En tout cas c'est pas le choix que nous avons fait, nous n'avons pas fait le choix du communautarisme, du multiculturalisme", a-t-il ajouté, tout en précisant : "Pour ma part, ce n'est pas le choix que je veux pour mon pays, je veux que les étrangers qui viennent s'installer dans notre pays s'intègrent, s'assimilent, respectent l'héritage culturel qui est le nôtre, car c'est une revendication extrêmement forte, profonde au fond de l'âme française que de conserver nos repères, nos valeurs, une forme d'identité, naturellement qui a évolué, dans un monde qui est un monde ouvert, mais qui ne doit pas disparaître".

Pour Alain Juppé, "l'identité de la France, c'est d'abord la diversité et j'ai peut-être là une divergence avec François. Parce que nous ne sommes pas tous pareils : nous avons des origines différentes, des couleurs de peau différentes (...), nous avons des religions différentes, certains n'en n'ont pas, nous avons aussi des idées politiques différentes". "C'est une richesse, c'est une force, la diversité de la France, à la condition que cela ne conduise pas au communautarisme", a poursuivi le maire de Bordeaux, "c'est-à-dire à l'enfermement de chaque groupe dans ses propres lois ou dans ses propres modes de vie et que ça conduise au contraire à une unité renforcée dans la nation", a-t-il plaidé.

Sur la Russie

François Fillon a affirmé jeudi que "l'intérêt de la France n'est évidemment pas de changer d'alliance" en se tournant vers la Russie plutôt que les Etats-Unis, tout en renouvelant sa volonté de «retisser un lien" avec la Russie. "Ce qui compte dans la politique étrangère que je veux conduire, c'est que la France défende ses intérêts", a souligné François Fillon, tout en ajoutant : "Nous sommes les alliés des Etats-Unis, nous partageons avec les Etats-Unis des valeurs fondamentales que nous ne partageons pas avec les Russes et nous avons une alliance de sécurité avec les Etats-Unis, donc nous n'allons pas la remettre en cause", a poursuivi l'ancien Premier ministre (2007-2012), favori de la primaire.

Interrogé sur les éloges du président russe Vladimir Poutine, qui voit en lui "un grand professionnel" qui "se distingue fortement des (autres) hommes politiques de la planète", François Fillon a répondu ne pas avoir "entendu du tout de soutien". "Il se trouve que nous avons travaillé ensemble car j'ai été Premier ministre pendant cinq ans et il a été Premier ministre pendant cinq ans", a ajouté François Fillon au sujet de Vladimir Poutine. "Ce sont les seules relations que nous avons», précise-t-il.

François Fillon a toutefois qualifié d'"absurde" la politique conduite par François Hollande à l'égard de la Russie, estimant qu'elle menait ce pays à "se durcir, à s'isoler, à actionner les réflexes nationalistes". "Or il se trouve que la Russie est le plus grand pays du monde, bourré d'armes nucléaires donc un pays dangereux si on le traite comme nous l'avons traité depuis cinq ans" a poursuivi François Fillon. "Ce que je demande c'est que l'on s'asseye autour d'une table avec les Russes sans que l'on demande l'accord des Etats-Unis et que l'on retisse un lien, si ce n'est une confiance, qui permette d'amarrer la Russie à l'Europe".

Avec AFP

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Commentaires (1) | Réagir ?

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Hend Uqaci Ivarwaqène

Awah ! Depuis thoura près de swassata je triche avec mwamim en cachant dans mon placard toutes les casseroles que j’ai ramassées. Za3ma thoura nekini je joue mon troisième coup à l’avance. Et Chah fi mon qamum ! Je croyais qu’en votant Fillon j’allais éliminer Sarko, juste parce qu’il me donne des boutons et voila le résultat.

Qu’est-ce qui m’a pris de voter pour un Thatcher qui porte ses Kouyes là où moi je n’ai que des amygdales ? Pouffiasse de nature !

Le problème c’est que cette casserole là je n’arrive pas à la caser dans mon placard ! Que faire ya boureb ? Et encore ce n’est pas ce qu’il dit qu’il va faire qui m’effraie tant : C’est ce qu’il refoule.

Quand je pense à ce que moi j’ai refoulé, je me dis que j’ai bien fait de blinder mon placard, même si vous n’avez aucune chance, bande de masos et d’ingrats, de me voir devenir votre président.

Imaginer de quoi est capable un Fillon dépasse mes hantises les plus inavouables ! Déjà que quand les hommes nous promettent le paradis il faut se préparer à en chier, qu’adviendra t-il quand c’est du sang et des larmes ?

Et en plus, ce n’est pas de la part d’un Churchill compatissant et jovial mais de la part d’un Thatcher coincé et revanchard !

Que Dieu pardonne à Hend Uqaci le pauvre pécheur.

Enfin, ad ismah nagh ad imarki!