L’administration universitaire est devenue un frein au développement des idées

 L’université algérienne et plus particulièrement celle de Constantine est loin des normes internationales
L’université algérienne et plus particulièrement celle de Constantine est loin des normes internationales

Combien de projets ont été lancés par l’université de Constantine avec une grande publicité et sans concertation de la communauté universitaire plus particulièrement les spécialistes du domaine ?

Je citerai comme exemples les nouveaux outils de communications internet e-learning, les stages en entreprise, les entrepreneuriales, les portes ouvertes sur le monde socio-économique, les ateliers et conférences, les programmes d’emploi, tous ces projets n'ont pas été évalués d’une façon objective et sans complaisance. Au cours des dernières années, l’université a été mise à rude épreuve par le nombre croissant d'étudiants et l’introduction du LMD sans une concertation avec la communauté universitaire.

Pour prendre d’une façon ce flux d’étudiants dans les universités des pays développés, la présence d’Internet et des outils technologiques qui ont envahi les laboratoires et les salles de classe, l’accès à la connaissance et la diffusion de l’information ont bien changé. Cela a eu pour effet non seulement la modification du contrat pédagogique entre le corps professoral et le corps étudiant mais aussi le contrat social de l’Université avec la communauté.

Par contre, l’université algérienne et plus particulièrement celle de Constantine est loin des normes internationales malgré les dépenses faramineuses consenties par l’État lors de ces dernières années. Les établissements universitaires algériens vivent en vase-clos au lieu de s’ouvrir davantage sur la société et sur le monde qui l’entoure.

L’université doit transformer les économies de temps engendrées par les nouveaux modèles d’apprentissage (internet e Learning) en les investissant davantage dans le développement de l’esprit critique de nos étudiants. Il nous faut une université moderne, efficace, fortement engagée dans les grands débats de la société.

L’université du futur sera une université où l’enseignant et l’étudiant seront les pivots de celle-ci et non l’administration avec sa lourdeur et sa mainmise sur la pédagogie et la recherche. L’administration est devenue un frein au développement des idées nouvelles qui seront le moteur de ce dernier.

Son mode de fonctionnement et sa gouvernance nous interpellent à réfléchir pour que l’université soit gérée avec plus de transparence, une responsabilisation accrue et une plus grande efficience. Le présent document donne des pistes à explorer dans les années à venir pour une université plus ouverte sur son environnement socio-économique.

L’université devrait faciliter l'ouverture des espaces de rencontre pour le corps enseignant ce qui n’est pas le cas de notre université Au lieu de progresser pédagogiquement et scientifiquement, on constate une régression dans le domaine de l’enseignement et de la recherche. L’université de Constantine comme exemple était reconnue exclusivement pour l’excellence de son enseignement et de sa recherche particulièrement en sciences exactes et plus précisément en physique. N’oublions pas qu’elle a contribué à la prise en charge des problèmes des sociétés nationales telles que SNS et la Sonacom. Ce n’est plus le cas aujourd’hui car les sujets de thèses s’éloignent de plus en plus de l’environnement socio-économique immédiat de l’université sans oublier le phénomène de plagiat fait ravages.

L’université devrait s’ouvrir sur le monde notamment par l’accueil des étudiants étrangers, favoriser la mobilité des étudiants par des programmes d’échange. Le personnel enseignant devrait, aussi, être diversifié par l’internationalisation du recrutement. Le cursus d’études devrait, également, être adapté pour faciliter cette mobilité ainsi que l’offre de programmes de formation dans d'autres pays. Enfin, le jumelage de nos universités avec des universités étrangères permettrait une mise à niveau.

Pr. T. Kerbache

Département de physique,

Faculté des sciences exactes,

Université de constantine1

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Commentaires (1) | Réagir ?

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klouzazna klouzazna

La quête du savoir et L'université sont les plus grands legs des HÉROS de la révolution aux générations de l'indépendance... Amirouche a lui seul a envoyé des dizaines de jeunes en tunisie pour s'instruire dans le but de les préparer à la reconstruction du pays après l'indépendance !!! c'est

Les générations d'aujourd'hui ont pour mission d'entretenir ce legs, de le promouvoir, de le développer mais aussi surtout de le préserver des opportunistes, des carriéristes arrivistes et des pseudo-sachants !!!

Si le diplôme tue le savoir... le carriérisme l'enterre !!!