Freedom House dénonce le despotisme de Bouteflika
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Le stratagème de la « vitrine démocratique », échafaudé par les décideurs en 1999 et en 2004 en portant Abdelaziz Bouteflika au pouvoir, a complètement échoué. Après huit ans de règne, le président algérien a non seulement failli dans sa « reconquête du prestige algérien» plus connu sous la pompeuse formule de « El-Izza oua al-karama » mais, pire, il est désormais classé parmi les dirigeants totalitaires de la planète. L’Algérie a une image plus détestable que celle qu’elle avait avant 1999. L’homme, rompu aux pratiques hégémoniques, n’a pas honoré ses promesses et Freedom House, l’ONG qui évalue la liberté dans les divers pays du monde, vient de le souligner : « Le Président Abdelaziz Bouteflika a été peu disposé, cependant à démocratiser le processus politique du pays. Il continue à offrir pour une plus grande autorité, contredisant son engagement parlé à la démocratie. » lit-on dans son dernier rapport qui dénonce la dérive antidémocratique du pouvoir algérien.
Freedom House dresse un constat très sévère de l’état des libertés dans quatre pays de cette zone : l’Algérie, l’Egypte, la Libye et la Tunisie où, note-t-elle, la démocratie peine à s’installer. « Bien que l’Afrique du Nord ait enregistré des progrès économiques au cours des deux dernières années, les dirigeants de l’Algérie, de l’Egypte, de la Libye et de la Tunisie restent fondamentalement anti-démocratiques », souligne l’ONG. Dans certains pays, Freedom House note même une régression par rapport aux acquis démocratiques passés.
« En dépit d'un certain succès dans la mise en application des réformes économiques, la rhétorique des chefs d’Etat d’Afrique du Nord concernant une augmentation des libertés politiques demeure vide, et les libertés civiles restent extrêmement restreintes », note le rapport.
Le document note plus loin : « Le Président Zine Al-Abidine Bin Ali continue sa politique de « institutionnalisation, » créant l'aspect de la démocratie sans substance. Il n'y a aucune occasion pour l’alternance parmi les parties ou les chefs politiques représentant des intérêts et des options de concurrence de politique. En Libye, le gouvernement finalement réussi à finir son isolement et a rejoint la communauté internationale. Bien que le gouvernement ait pris quelques mesures expérimentales dans la direction de la réforme économique, le changement politique est demeuré en grande partie outre de l'ordre du jour. Le Président Muammar Qadhafi continue à imposer sa propre idéologie à la population et maintient le contrôle de pratiquement tous les aspects de la vie à l'intérieur du pays, comme il le fait depuis ces 38 dernières années. »
Notre pays n’est pas mieux loti : « L'Algérie a accompli des progrès considérables vers la réduction de la violence interne et l’amélioration des conditions économiques (…) Cependant, le Président Abdelaziz Bouteflika a été peu disposé à démocratiser la vie politique du pays et le propulser vers une véritable économie de marché. Il continue à s’octroyer davantage de pouvoirs, contredisant ses engagements en faveur d’une démocratisation accrue et ce dans un contexte marqué par des interrogations sur son état de santé », souligne Freedom House.
Toutefois pour Freedom House, l’avenir des libertés et de la démocratie en Afrique du Nord « n’est pas complètement désespéré ».
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