Le gouvernement libyen a lancé "l'ultime bataille" contre l'EI à Syrte

Le gouvernement libyen a lancé "l'ultime bataille" contre l'EI à Syrte

Les forces du gouvernement libyen d'union nationale (GNA) ont lancé dimanche "la dernière phase" de l'offensive sur les positions encore contrôlées par le groupe Etat islamique (EI) dans son bastion de Syrte. Quelque 1000 soldats ont été mobilisés.

C'est un gouvernement déjà contesté par le parlement de Tobrouk qui a lancé l'offensive. L'objectif de cette offensive générale est de chasser totalement les djihadistes qui résistent dans deux quartiers de la ville côtière en grande partie reprise par les forces du GNA depuis le début de l'été. "Nos forces sont entrées dans les deux derniers quartiers de Daech (acronyme arabe de l'EI) à Syrte", a annoncé Reda Issa, porte-parole des forces progouvernementales. "L'ultime bataille de Syrte a commencé".

Ces "violents combats de rue", selon un photographe de l'AFP sur les lieux, ont fait au moins 21 morts et 120 blessés parmi les soldats loyaux, a indiqué une source médicale. Le photographe a également vu le corps de deux combattants de l'EI gisant dans une rue.

La reprise totale de la ville située à 450 km à l'est de Tripoli serait un grand revers pour l'EI. Le groupe en avait pris le contrôle en juin 2015 et en avait fait la base de son expansion en dehors de la Syrie et de l'Irak.

Artillerie lourde contre voitures piégées

Pour l'en déloger, les forces progouvernementales, formées principalement d'ex-rebelles ayant refusé de déposer les armes après la révolte de 2011, avaient lancé une offensive le 12 mai. Elles étaient entrées le 9 juin dans cette ville, lieu de naissance de l'ex-dictateur Mouammar Kadhafi, dont elles ont pris le port et le centre administratif.

Les soldats loyalistes utilisent toutes sortes d'armements, notamment de l'artillerie lourde. Les djihadistes ont pour leur part lancé sur eux cinq voitures piégées selon l'armée.

Depuis plusieurs jours, les troupes loyalistes se préparaient à cette "bataille décisive" contre l'EI après avoir repoussé les djihadistes dans leurs derniers retranchements. Elles s'étaient regroupées dans la périphérie de la ville et à l'entrée de deux quartiers au nord et au centre-ville, selon les déclarations recueillies par l'AFP au front auprès des soldats.

Nombreux morts

Un calme précaire régnait depuis jeudi matin à Syrte. Puis des affrontements s'étaient déclenchés samedi en lisière du quartier résidentiel du nord où les forces du GNA, armées de mitrailleuses et de lance-roquettes, ont pris pour cible les djihadistes, selon le correspondant de l'AFP. Des snipers avaient été pour cela déployés sur les toits des maisons dont les murs avaient été peints des couleurs du drapeau noir de l'EI.


Des hélicos américains en appui aux forces loyalistes.

Les explosions de voitures piégées, de kamikazes et de mines antipersonnel avaient fait de nombreux morts au sein des troupes loyalistes, qui ont perdu plus de 350 combattants, selon des sources militaires. Près de 2000 auraient été blessés. Le bilan humain n'est pas connu pour l'EI.

A la demande du GNA, les Etats-Unis effectuent depuis le 1er août des frappes aériennes contre des cibles djihadistes à Syrte, apportant leur assistance aux troupes loyalistes. Et depuis mardi, les Etats-Unis utilisent des hélicoptères d'attaque de type AH-1W SuperCobra des Marines qui apportent de nouvelles capacités pour les bombardements de précision.

Le GNA contesté

Le Premier ministre Faïez Sarraj a une petite dizaine de jours pour former un autre gouvernement. Le conseil présidentiel a annoncé mercredi 24 août qu'il allait présenter un nouveau cabinet au parlement. Ce dernier vient en effet de rejeter la liste des ministres du Gouvernement d'union nationale (GNA) soutenu par l'ONU. Le parlement réfugié à Tobrouk a refusé d'accorder sa confiance au gouvernement du premier ministre Faïez Sarraj.

L.M.A./AFP

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