Faire prospérer l’Algérie malgré le clan Bouteflika

Le clan au pouvoir s'éloigne des solutions urgentes à apporter au pays. Photo AFP
Le clan au pouvoir s'éloigne des solutions urgentes à apporter au pays. Photo AFP

Les Algériens n’ont actuellement pas d’autres solutions que de sauver leur pays malgré la présence du clan Bouteflika au pouvoir.

Les choses vont de mal en pis du côté économique en Algérie. Totalement obnubilé par l’échec de ses politiques et aveugle à la réalité, le gouvernement ne voit pas qu’il tente actuellement de labourer les sables du désert pour y faire pousser des légumes. La présentation à Genève le 9 juin du secrétaire général du ministère du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité sociale, à l'occasion de la 105e session de la Conférence internationale du Travail, est le plus récent exemple de cette incapacité du pouvoir à comprendre les mécanismes modernes de l’économie. Mohamed Khiat est allé présenter la "stratégie" de développement socio-économique du gouvernement Bouteflika. Selon ses dires, elle aurait permis "l'amélioration continue" des indicateurs de bien-être des citoyens et des travailleurs.

Il oubliait cependant de dire que le déficit budgétaire devrait avoisiner les 15% du produit intérieur brut cette année et la balance commerciale est déficitaire de -12%. Cette incompétence à gérer l’économie fait que le gouvernement a perdu 6,1 milliards de dollars de ses réserves de change de janvier à mai 2016 de l’aveu même du premier ministre, Abdelmalek Sellal. Ce dernier estime de plus que son gouvernement perdra 30 milliards de dollars sur l’ensemble de l’année 2016! Sa gestion des ressources humaines du pays n’est pas plus reluisante. Le taux d’activité en Algérie est parmi les plus faibles du monde et avoisine les 40%. La vieille structure industrielle tombe en ruine et le clan Bouteflika n’a rien fait pour moderniser l’économie algérienne. Cette présentation a donc permis de voir que le gouvernement algérien actuel a une totale incompréhension des mécanismes de marchés mondiaux pour créer la richesse fondamentale qui peut par la suite être redistribuée à la population. En la matière le dernier lifting dans le gouvernement est une autre preuve que le clan au pouvoir, fidèle à politique clientéliste, n'a aucune intention de mettre les compétences dans les secteurs clés.

Raison que les choses vont si mal

Les grandes lignes du nouveau modèle de croissance économique présenté, lors de la tenue de la réunion de la tripartite du 5 juin par le premier ministre, Abdelmalek Sellal montre pourquoi les choses vont si mal. Le gouvernement y a montré qu’il n’était en aucun cas prêt à partager le pouvoir avec les syndicats ni le patronat. Il a simplement demandé aux participants à ces assises de faire son travail à sa place. Tant le Pacte économique et social que le nouveau modèle économique sont donc des outils créés pour préserver la mainmise de l’état sur l’économie du pays. C’est ce que le gouvernement appelle pompeusement "conserver la cohésion sociale de notre Nation". Les dysfonctionnements persistants de l'environnement des affaires, caractérisé, par la corruption endémique et le népotisme qui pénalisent le classement de l'Algérie dans les différents rapports internationaux sur le climat d'investissement continueront. Quand le premier ministre affirme que l'Algérie devra aller chercher la croissance en dehors du secteur des hydrocarbures, il veut dire l’extorquer à la population. La nature du pouvoir algérien se caractérisera encore par l'autoritarisme. Les investissements productifs que réaliseront les opérateurs économiques serviront à renflouer les coffres de l'État.

Dans de telles conditions, toute référence à la justice sociale et à l'État de droit n’est que pure propagande. Plutôt que de couper les privilèges de la caste dominante, le gouvernement va chercher l’argent manquant dans les poches des citoyens qui ne peuvent se défendre. Un des meilleurs exemples de cela est la décision de supprimer la retraite sans condition d'âge et celle proportionnelle. La retraite anticipée est un acquis que beaucoup plus de femmes que d’hommes utilisent. Cette incompétence à gérer l’économie formelle crée donc une économie informelle. Les Algériens qui ne sont pas dans les faveurs de la caste dominante y sauvent leur vie en se créant de petits boulots à gauche et à droite pour acheter le pain dont leurs enfants ont besoins.

Le clan Bouteflika est averti qu’il se trompe

Ce n’est pas comme si le gouvernement algérien n’est pas averti qu’il fait fausse route. Selon le rapport "Perspective économique en Afrique 2016", le système financier algérien est peu développé pour soutenir la diversification que le gouvernement demande. Le rapport relève qu'à l'exception de quelques grandes familles liées au gouvernement qui contractent pour le secteur public, le secteur privé est peu développé. Trois rapports d’organismes internationaux qui viennent d’ailleurs de sortir disent à peu près la même chose. Tant le Fonds monétaire international (FMI) que la Banque mondiale et l'Agence internationale de l'Énergie (AIE) s’inquiètent de l'économie algérienne. Le FMI a donc fixé les limites d'endettement de l’Algérie à 17 milliards de dollars d’ici 2020. Des peccadilles, si on considère qu’il reste 136.9 milliards de dollars dans les réserves de change du pays. La Banque mondiale (BM) estime pour sa part que l'Algérie doit impérativement diversifier son économie et réduire sa dépendance aux hydrocarbures qui représentent 95% de ses recettes extérieures et 60% du budget de l'État. Elle a d’ailleurs abaissé ses prévisions de croissance de l’économie de l'Algérie dans son dernier rapport en soulignant que cette croissance reste liée à l'entrée en production de plusieurs projets gaziers. Or, l'Union européenne a fait savoir lors de la rencontre du 24 mai avec l'Algérie qu’elle entendait renégocier la majorité des contrats de gaz à moyen et long terme qui expirent entre 2018 et 2019.

Une participation réelle de la population est nécessaire

Il ne faut pas s'attendre à des transformations économiques et sociales rapides et profondes sans participation réelle de la population. Compte tenu de l’incompétence de leur gouvernement, les Algériens doivent donc prendre leur avenir entre leurs mains. C’est à eux de réaliser que la globalisation ne doit pas être décriée, mais comprise. Elle unifie les modes de consommations et fait du monde un marché global pour les produits de ceux qui savent la maitriser. Comme un cheval sauvage, elle peut être domptée pour servir de moyen de transport des exportations algériennes dans le monde entier. La coopération entre les éléments dynamiques de la société civile peut d’ailleurs se faire en parallèle du gouvernement et créer une Algérie moderne et forte. Chaque professionnel, chaque entreprise algérienne, est une unité créative de production qui décentralise dans les faits une petite partie du pouvoir de prise de décision économique. Ils peuvent s’allier pour créer un développement régional intégré distant du patronage commandité du régime. L’acquisition d’une indépendance financière des citoyens et des associations par rapport à l'État, a le potentiel de changer le rapport de force actuel et d’entrainer la création de lieux pour les initiatives individuelles. La récupération d’un pouvoir judiciaire vraiment indépendant pourrait même permettre un début de lutte contre la corruption et faire de l’Algérie un véritable État de droit.

Michel Gourd

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Commentaires (1) | Réagir ?

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elvez Elbaz

L'un aprés l'autre, le cartel du clan de oujda qui a imposé son systéme de prédation de l'algérie algerienne depuis 1962, , repris en main par bouteflika abdelaziz en 1999 et son frere said, depuis 2011, NOUS fera humilier et rabaisser en "sous hommes " sujets de ce systéme panarabiste maffieux.

Le sinistre tartag, l insidieux hamel et "le sans foi ni loi" gaid, comme hier, Les services de répression des peuples d algerie les sanguinaires SM ET DRS ne nous ONT CONSIDERES ET E NOUS considérent que comme des "sous hommes" oesophagiens maniables à souhait.

Ils se sont autoproclamés MAITRES DE L'ALGERIE ET DE SES PEUPLES DEPUIS 1962. Leurs tyrannies nous poursuivra tant que nous ne reléverons pas le front et tant que nous leur courberons l'échine.

La malédiction du défaitisme n'a pas fini de poursuivre ces "pauvres peuples" de ce merveilleux pays l'algerie séquestrée par un cartel maffieux depuis 1962.

Bouteflika et son frere ne font que pérpétuer ce systéme prédateur ;aprés eux, le cartel maffieux trouvera d autres sbires qui feront en sorte que l'algerie algerienne ne se relévera jamais de la trahison qui a commencé à aulnoy, mise en branle par bouteflika abdelaziz ;Trahison qui a permis à ce cartel de oujda boussoufien, l hôte de son mentor oufkir, l'ex ponte des services secrets français, de ne jamais permettre à l'algerie algerienne d 'exister.

Ce cartel des planqués de oujda n'est que la traduction sur le terrain de la neocolonisation "francearabie" dont le général degaule a, dans LES CONFIDENCES D UN ANCIEN PREMIER MINISTRE français , presque tracé les grandes lignes!

L'algerie française c 'est fini !lui dira t il, à l'endroit, comme il disait de ce "ramassis d apatrides" qu il détestait, appelés pieds noirs qui avant le cartel de oujda, se voyaient advitam eaternam maîtres à vie des pauvres peuples d algerie.

Quant à l'algerie algerienne, dira ce premier ministre... LE GENARL SOUPIRA SE LEVA DE SON SIEGE ET SANS DIRE UN MOT S EN ALLA........ !