Grèves et contestations : à quelques semaines du Ramadan, le front social s’embrase !

Les pantalonnades de Sellal pourront-elles servir de réponse aux grèves qui s'annoncent.
Les pantalonnades de Sellal pourront-elles servir de réponse aux grèves qui s'annoncent.

Face à la crise, Abdelmalek Sellal, Faire du Sellal, c’est-à-dire, rien, à part peut-être des blagues et des sourires qui se veulent rassurants! Face au rapport alarmant du début du mois de mai du ministère du Commerce, qui indiquait une hausse des dépenses publiques de près de 66% au cours des deux derniers mois, le gouvernement tente par des sorties télévisuelles (1) de réconforter, à défaut d’apporter des solutions pertinentes!

Le gouvernement est confronté actuellement à une vague de protestations sans précédent. Le front social bout et de nombreuses revendications syndicales dans différents secteurs économiques et sociaux se font de plus en plus entendre. Rien que pour les deux derniers mois, on a enregistré pas moins de six mouvements de protestations majeures, dans des secteurs aussi sensibles, que les transports, l’éducation et la santé.

La dernière en date, qui perturbe sérieusement l’économie du pays, est la grève des conducteurs de trains de la SNTF, entamée depuis plus de 8 jours. Cette grève illimitée, qui ne trouve pas de solution promet de durer un long moment encore.

Un autre mouvement de grève qui avait été déclenché par les pilotes affiliés au Syndicat autonome des pilotes de lignes (SPLA), au début du mois de mai, a été "suspendu" in extremis, quelques jours seulement après son enclenchement, mais menace encore de resurgir à tout moment.

Les praticiens de la santé publique avaient, quant à eux, entamé le 2 mai une grève de trois jours pour forcer leur tutelle à respecter ses engagements pris avec leur syndicat SNPSP, qui "dénonçait des dépassements de la part de l’administration enregistrés au premier jour du mouvement de protestation" (2). Cette grève a été suivie par une autre à partir du 8 mai pour 8 jours.

On se souvient également du malheureux, mais néanmoins héroïque, épisode des enseignants contractuels, qui avaient emmené leur contestation sur le pavé et les routes, entamant une longue grève de la faim, en n’avalant que des kilomètres et les couleuvres du gouvernement! Une manifestation qui a été réprimée et écrasée par l'intervention policière, seul argument de dialogue du pouvoir.

Ce mouvement a été appuyé par d’autres grèves, comme celle du Conseil des lycées d’Algérie (CLA), qui au 14e jour de la "Marche de la dignité", avait appelé à une grève de soutien (3), après avoir constaté que ses revendications avaient besoin d’un soutien appuyé des autres corps syndicaux.

Par ailleurs la Confédération générale automne des travailleurs algériens (CGATA) prépare prochainement une nouvelle marche de contestation afin de "faire entendre sa voix" et défendre, à quelques semaines du mois de ramadan, le pouvoir d’achat des travailleurs qui sera mis à rude épreuve, durant ce mois sacré de l’inflation, de la cherté et de la fonte des économies familiales !

Appel à la grève des travailleurs du municipal :

Une grève nationale des travailleurs communaux a été décidée à partir du 23 mai 2016, par l'organisation relevant du Snapap et affiliée à la Confédération générale automne des travailleurs algériens (CGATA)

Dans un communiqué portant préavis de grève et déposé auprès du ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales et celui du Travail, dont le Matin a reçu une copie (4), le conseil national FTSC-Snapap qui s’était réuni Mercredi passé au siège de la maison du syndicat à Alger, hausse le ton face au mépris de leur tutelle:

"A la lumière des débats sur la situation qui prévaut dans le secteur des communes et considérant l’ignorance de la tutelle des précédentes plates-formes de revendications, il a été décidée de reprendre les actions de protestations sous forme de grèves cycliques mensuelle de trois jours consécutifs à partir du 23, 24 et 25 mai 2016" pouvions-nous lire dans le préavis de grève.

Plusieurs points sont soulevés, notamment la question de la précarité de l’emploi dans le nouveau code du travail, et "sa non-conformité avec les conventions du bureau international du travail". Il est également question de "l’application de l’indemnité des agents de l’État civil avec effet rétroactif à compter du 1er janvier 2008, comme ; le stipule l’article 85 du décret exécutif n°11/334 du 20/09/2011".

Khalil Hebib

(1) Lien déclarations d’Abdelmalek Sellal :

(2) Front social/ Les praticiens de la santé publique en grève

(3) Le Conseil des lycées d’Algérie appelle à une grève générale

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Commentaires (5) | Réagir ?

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Mouloud FEKNOUS

Grèves et contestations à la veille du Ramadan ! Quel drame ! ce pays et ses gouvernants n'ont qu'un seul souci c'est que la zlabia soit disponible, vitale, important !!

Mr Sellal premier ministre à l'insu de son plein gré, essaye de donner le change ! MAIS chaque fois il se trompe sur toute la ligne, tout comme son gouvernement. Il est, lui et son gouvernement dans l'incapacité de gérer une épicerie et ils se retrouvent par miracle - des zaouias et autres charlatans - à diriger un pays aussi complexe que l'Algérie.

Il aurait du quitter, démissionner, rendre le tablier trop grand pour lui, mais la gamelle est bonne, Depuis qu'il est a ce poste de premier ministre, seule la sinistrose est devenue une réalité. RIEN de RIEN n'a été fait pour les algériens, on importe tout, même les êtres humains. C'est le seul pays au monde et c'est ce qui fait l'originalité voire son exclusive bêtise lui qui autorise certaines sociétés chinoises, réputées pour leur corruptions, à importer des hommes pour creuser à la pioche des tunnels ou des routes. Alors l'embrasement, si encore il a lieu ou s'il pouvait avoir lieu serait un miracle salvateur pour l'Algérie.

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moh arwal

Anevdhou yagui a dihmou'sekki.

(ça va chauffer cet été)

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