Echec de la réunion OPEP/Non-OPEP à Doha

Le cours du pétrole en baisse après l'échec de la réunion de Doha.
Le cours du pétrole en baisse après l'échec de la réunion de Doha.

Suite à l’échec de la réunion de Doha, le 18 avril 2016, à l'ouverture des marchés asiatiques, les cours du pétrole ont fortement baissé, étant cotés à 40,48 dollars le WIT (moins 1,22) et 42,03 dollars le Brent (moins 1,07), l’Arabie saoudite ayant même menacé d’accroitre sa production.

Ainsi le rééquilibrage des marchés est désormais repoussé à une date ultérieure, sous réserve qu’une entente soit trouvée, ce qui n’est pas évident, les pays OPEP ne représentant que 35% de la production mondiale commercialisée dont plus de 35% uniquement pour l’Arabie saoudite et 60% inclus tous les pays du Golfe, l'Algérie avec es couts supérieurs à la moyenne, ayant 10 milliards de barils de pétrole de réserves moins de 1% des réserves mondiales et 2700 milliards de mètres cubes gazeux traditionnels (données de 2015). Devant éviter des déclarations hâtives, pour étudier l’évolution des prix dans le secteur de l’énergie, on doit s’en ternir aux fondamentaux en plus des enjeux géostratégiques.

1.- L’Agence internationale de l'énergie (AIE) avait prévenu qu'un accord à Doha aurait un impact limité sur l'offre et l'Opep avait fait savoir, avant la réunion, que l'offre excédentaire pourrait encore s'accentuer. L'Organisation Ayant aussi révisé à la baisse ses prévisions de croissance de la demande mondiale pour 2016. Rappelons qu’il s’agissait lors de la réunion non d’une diminution de la production mais uniquement d’un gel, sachant que la Russie et l’Arabie Saoudite avait atteint durant le premier trimestre 2016 un niveau de production rarement égalée. Ainsi, une quinzaine de pays membres et non membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), dont les principaux producteurs --Arabie saoudite et Russie--, étaient représentés à Doha le 17 avril 2016 et ont échoué à se mettre d'accord sur un gel de la production pour soutenir des prix en berne. Selon l'agence de presse russe Ria-Novosti, l'Arabie saoudite a notamment exigé la participation de tous les pays de l'Opep au mécanisme. Selon les agences AFP et Reuters (17/04/2016) les ministres des pays membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole souhaitaient d'abord conclure un accord interne avant de négocier avec les pays producteurs qui ne sont pas partie prenante à l'Opep. Selon le ministre qatari du Pétrole, Mohammed Ibn Saleh Al-Sada et ses homologues du Nigeria et du sultanat d'Oman «il faut davantage de consultation».

2.- Depuis des années, existe une méfiance entre la Russie dont la production a atteint un niveau jamais égalé entre 2015/2016 et l’Arabie Saoudite ; et cette entente est contre-nature. C’est que nous avons eu le grand absent, les Etats-Unis d’Amérique qui est un des plus grand producteur et bientôt un des plus grand exportateur , les cas spécifiques de l’Iran qui a prévenu qu'il comptait avant toute chose atteindre une production de 4 millions de barils par jour et dont le Ministre n’était pas présent à la réunion, et n'envisagerait un gel de sa production qu'une fois ce seuil atteint. Nous avons également l’Irak, concurrent direct de l’Arabie Saoudite avec un coût inférieur de 20%, et la Libye qui ont besoin de financement pour reconstruire leurs économies. Par ailleurs, le déterminant fondamental de la demande d’hydrocarbures est la croissance de l’économie mondiale. A ce propos, le Fonds monétaire international (FMI) dans son dernier rapport du 12 avril 2016, a révisé à la baisse les perspectives de croissance de l’économie mondiale de 3,1 à 3,2% pour 2016 contre une prévision de 3,4% et de 3,5% en 2017.

Les tensions financières dans de nombreux pays exportateurs de pétrole réduisent la capacité de ces pays à atténuer le choc, ce qui entraîne une baisse considérable de leur demande intérieure. Il faut être réaliste, il ne faut surtout pas s’attendre à une remontée spectaculaire, le prix d’équilibre du pétrole étant fondamentalement déterminé par une entente entre les USA, non concerné par cette rencontre et l’Arabie Saoudite et à un moindre degré par la position de deux autres grands producteurs, l’Iran et l’Irak qui entendent accroître leur production.

Aussi, après l’échec de la réunion du 17 avril 2016, et devant nous en tenir aux fondamentaux, pour ne pas induire en erreur l’opinion publique et caresser du poil le Pouvoir, il ne faut pas s’attendre à une remontée spectaculaire des prix du pétrole (c'est fini le cours à plus de 90/100 dollars). Nous allons devoir assister à un nouveau modèle de consommation et du pouvoir énergétique au niveau mondial entre 2020/2030, contrairement aux prévisions euphoriques de certains experts algériens qui raisonnent toujours sans le cadre d'un modèle de consommation linéaire, devant d’ores et déjà préparer la transition économique tributaire de la transition énergétique.

Dr Abderrahmane Mebtoul, Professeur des Universités, Expert International

Plus d'articles de : Analyse

Commentaires (1) | Réagir ?

avatar
Bachir Ariouat

Cet échec, il était prévisible et l'Iran a eu raison de ne pas prendre à la réunion.

Les peuples bornés et imbus de leurs personnalités, plus dure sera leur chute.