Survivances : le monde arabe et ses travers

Les Saoudiens, grands pourvoyeur du wahhabisme et son corollaire le terrorisme islamiste.
Les Saoudiens, grands pourvoyeur du wahhabisme et son corollaire le terrorisme islamiste.

Nous sommes arrivés au stade apaisé, inéluctable de la survie. Nous n’irons pas à la guerre civile car nous ne savons pas comment y aller et nous ne voulons pas y aller.

Si un homme avisé en vaut deux, un homme expérimenté dans le rôle du dindon de la farce en vaut mille. La décennie noire n’a pas été une guerre civile, mais un génocide comme au Rwanda. La preuve, déclenchée par la victoire confisquée d’un clan au profit d’un autre, la plupart des victimes n’appartenaient ni à l’un ni à l’autre. Elles n’étaient même pas armées pour la défense encore moins l’agression. Elles vaquaient aux occupations quotidiennes se croyant protégées par leur innocence et surtout leur ignorance : c’est quoi la politique ? Qui vote ? Pour qui ? Pourquoi ?... Epargnez ma tête, dit le dicton populaire. De simples pions, mais de la discrimination positive à volonté : hommes femmes enfants et vieux. Leurs coreligionnaires tueurs leur faisaient face, ce n’est pas les bombardements aveugles des Américains ou d’Israéliens. Ils n’iront pas au Paradis auréolés du statut de martyr. C’est du passé enterré avec le "Qui tue qui ?", "La sale guerre" et le double duo concorde-réconciliation, repentance-compensation. Même l’application de A à Z de la charia, c’est terminé. Elle est dans le Code de la famille et elle y reste coincée. Le pétrole perd de sa baraka. On le voit à l’attitude "mielleuse" des islamistes. Loin de détrôner les "généraux", ils composent avec eux ; ont-ils seulement un jour étaient distincts ? Quelqu’un a dit que l’Islam est le miroir des dictateurs. L’épée n’a jamais vaincu sans le verbe même si l’Arabie saoudite est devenue le plus sûr abri du "laïc" Ben Ali. C’est au nom de la tradition qu’elle a détruit la tradition.

On peut en dire autant de la Régence qui au nom de l’Algérie a gommé l’"algérianité" faisant des Algériens des névrosés, des déracinés et des amnésiques. Le philosophe affirme que c’est au sommet de la montagne qu’on commence à monter. Certains, au sommet de la montagne, se prennent déjà pour Dieu. Le calife Omar a suspendu l’amputation de la main du voleur parce que la famine menaçait. Plus tard les juristes du fiqh ont suivi prétextant la persistance de la pauvreté dans la société arabo-musulmane. Avant lui, en Inde, face à la famine, les prêtres avaient déclaré les vaches sacrées par peur de les voir toutes disparaître et de priver de lait les tout-petits. Tandis que dans les glaces du Canada, les "Indiens dormeurs" hibernaient pour supporter la faim de l’hiver. La religion recule face à l’estomac vide et à chacun sa débrouille. Seul le bouddhisme a parié sur les parias ce qui explique que sa philosophie séduit de plus en plus des occidentaux appauvris, mais plus "éveillés".

On ne compte plus les livres, les revues, les documentaires de bien-être, les séances de yoga, le médecine naturelle des yogis, les adeptes de la zen attitude etc. Pendant que le wahhabisme achète la jeunesse révoltée des banlieues et des prisons en broyant de l’"éveillé" et injectant des pétrodollars. Seulement face aux prédicateurs de l’apocalypse, ce n’est pas des croisés qui répliquent, mais des "ex frères" trop traumatisés pour avoir peur. Pour se protéger l’intégrisme génère l’ultra intégrisme et nous invite à choisir entre le choléra et la peste. Qui choisirait la peste ? En maths, le raisonnement par l’absurde nous mène vers un résultat si erroné qu’il n’a même pas besoin de preuve pour être certifié faux. On le voit en Algérie, la politique de la terre stérile des années 1960 ne pouvait enfantée que la brûlée, l’atomisée des années 2000. D’après Karl Marx, ce n’est pas la conscience des hommes qui déterminent leur situation sociale, mais c’est leur situation sociale qui détermine leur conscience. La preuve : tous les régimes arabes arabisés post-coloniaux ont échoué suivant le même parcours et les mêmes indications.

Dans le livre "Où va l’Arabie saoudite ?"(1), un opposant saoudien défonce des portes ouvertes en affirmant que les Ibn Saoud dépensent des millions de dollars pour corrompre des journalistes, des écrivains, des politiciens, des universitaires, des artistes… partout en Occident et dans les monde musulman pour chanter leurs louanges portés par le bulldozer des medias contrôlés par le chapelet planétaire des satellites "Saoudsat". On s’en doutait et leur raisonnement est logique, grâce au pèlerinage, ils survivront à un après-pétrole sans ternir leur éternelle étoile. L’ensemble du monde arabo musulman, bâti sur les deux piliers de l’Islam et l’or noir, n’a aucun droit sur les Lieux Saints. Après les Koraïchi, le déluge pour le milliard et plus de croyants. La survivance de chacun n’est liée qu’à son mektoub. On peut tout dire sur la colonisation, sur le statut de l’indigénat, mais pour se nourrir le colon avait plus besoin de l’indigène que l’inverse. On raconte qu’un savant ayant pris place dans une barque pour traverser un fleuve demanda au passeur s’il connaissait la philosophie. Ce dernier répliqua ; "non". Réponse compatissante de l’érudit : "Dommage, tu as perdu un quart de ta vie." Il persista : "Connais-tu au moins les mathématiques ?" Un second non fusa. Scandalisé, le mathématicien philosophe déclara : "Mon pauvre ami, tu as perdu la moitié de ta vie". Au bout milieu de l’étendue d’eau, le temps changea brusquement, la barque chavira. Le double analphabète demanda à son intellectuel de client : "Monsieur, savez-vous nager ?" "Hélas, non !", lança affolé ce dernier en train de se noyer. "Pauvre savant, vous allez perdre toute votre vie." La République des frères et les monarchies nous ont gâtés avec des mosquées, des écoles, des hôpitaux, des autoroutes, des universités… bénéficiant même à la gent féminine. Pour quel résultat ? "De 1963 à 2008 le nombre de brevets déposés par des ressortissants des cinq pays du Maghreb auprès de l’administration américaine concernée (l’USPTO) est quasi nul : 113 alors qu’il est de 57968 pour la Corée du Sud, 54349 pour la Suisse et de 16514 pour la Belgique." (2)

Aujourd’hui, quand les sociologues et les ethnologues parlent de primitifs, ils mettent le mot entre guillemets. On ne reproche pas à l’école algérienne de ne pas nous avoir donné des prix Nobel, mais d’avoir prétendu instruire et éduquer en ne faisant que détruire tous les acquis qui ont permis aux Anciens de survivre et de souffrir de la cupidité des envahisseurs. Ce n’est pas le jeu du quitte ou double c’est le quitte-quitte dissimulé derrière le double-double. Le problème est passé de, qui gouverne l’Algérie et comment il le fait à comment nourrir les enfants et rester en vie pour les élever, les protéger ? Les historiens sont unanimes : ce n’est pas les caprices de la nature qui provoquent la famine, mais les conflits des chefs. Comment trouver un champ libre et savoir le cultiver, trouver la semence, de l’eau ? Fabriquer un pull un pantalon un manteau un drap une serviette, une aiguille… sans la Chine ? Comment guérir d’un mal sans recourir aux laboratoires étrangers et les devises qui vont avec ? Nos sans-papiers de là-bas étaient déjà des non-pauvres ici puisque le capital des passeurs vient juste derrière celui de l’industrie de la drogue. Les Algériens encore en Algérie se divisent en 4 catégories : ceux qui tardent pour remplir un peu plus leurs poches déjà bien garnies, ceux qui n’ont aucune chance d’économiser un dinar, ceux qui sont trop vieux incapables physiquement et ceux qui se sont soumis à leur destin.

En 1997, le neurologue Eccles, prix Nobel, s’inspirant de Pascal a certifié que chacun de nous vient au monde en être unique. 330 années avant J-C, Aristote énonçait que l’esprit était principe de mouvement. Les potentats arabes ont interdit notre unicité, asphyxié notre esprit, gelé notre mobilité en nous condamnant à faire partie d’un amas utilisant deux terribles armes : le pétrole et la religion. Notre unanimité forcée ne fait rien coaguler ni nos classes ni nos intérêts sociaux. Nous sommes des fractures composées de fractures des écorchés collés à des écorchés en "compote". Benjamin Stora affirme qu’il n’y a pas d’espace public dans le monde arabe. Il ajoute : "Les visiteurs occidentaux étaient toujours très surpris par le contraste entre la propreté des espaces privés et l’état de dégradation des espaces publics. Il témoignait de l’incurie de l’Etat, comme de la défiance de la population à son égard." Les espaces privés sont de moins en moins propres quand les déchets et la pollution tambourinent à toutes les ouvertures. Les espaces publics quand ils existent ne sont pas tous dégradés notamment là où les cameras se baladent. Dans quel pays arabe on trouve un Etat une nation un peuple un citoyen l’Electeur d’un Président ? Il vaut mieux être seul que mal accompagné. C’est la devise que les Arabes et les arabisés doivent appliquer en urgence s’ils ne veulent pas disparaitre de la surface du globe. Benoist-Mechin a dit que le désert a fait surgir les trois types humains les plus achevés du monde arabe : le guerrier le poète et le saint. Le terroriste a remplacé le guerrier, le courtisan le poète et le prédicateur le saint. Parce que l’école a été étudié pour ne rien amené de plus que la medersa afin d’être contaminée fissa par une mondialisation mafieuse. La populace est seule et contrairement au passé, tous ses sages ont été assassinés. N’ont survécu que ceux qui ne peuvent rien faire pour elle. Dans l’Islam expliqué aux enfants, Tahar Benjeloun, un survivant grâce à l’exil, écrit : "Les croyants comprennent le Coran comme un texte qui doit conforter leur foi et non leur intelligence. Ils le lisent sans le mettre en perspective, pis que cela, ils s’interdisent toute pensée. Ils l’apprennent par cœur et le récitent mécaniquement." Dans ce cas qui incriminer le QI de l’élève ou la méthode du maitre ?

Mimi Massiva

Renvois

  1. Hichem Karoui (Où va l’Arabie saoudite ?)
  2. Benjamin Stora et Edwy Plenel (Le 89 Arabe)

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Commentaires (6) | Réagir ?

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Jafnouhou

Mais Mimi Massiva, vous faites une faute de français impardonnable. Vous ne devez pas ignorer que les mots "travers" et "arabes" sont synonymes. Le titre de votre article étale un pléonasme qui saute aux yeux comme un ressort.

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Bachir Ariouat

Ceux qui sont dans leur travers, c'est pas eux, c'est nous autres, ils sifflent et autres comme nous chiens galeux accourent, alors pourquoi, voulez-vous que ces gens se privent, ils ont raison, je ne sais pas jusqu'à quand, mais pour l'instant ils en profitent.

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