Le jour où Tahar Zbiri rejoint la wilaya I

Tahar Zbiri et des compagnons
Tahar Zbiri et des compagnons

Le colonel Tahar Zbiri, fut le dernier chef de la wilaya des Aurès. Mis à l’épreuve du feu ennemi, les groupes de l’ALN étaient à bout en cette sixième année de la lutte armée. Cependant au début du mois de juillet 1960, une rumeur très insistante faisait état de l’arrivée imminente d’un officier supérieur en provenance de Tunisie.

Le 11 juillet 1960, Tahar Zbiri fait son entrée au PC de la wilaya, accompagné de 07 djounouds. Après avoir enduré de rudes épreuves, ils étaient fatigués par les longs mois de traversée depuis le sol tunisien. Au début de l’équipée, il était accompagné d’une escorte de douze djounouds. Sur le chemin, il y a eu des morts dus aux combats et au barrage électrique. Parmi eux le commandant Amar Radjai, électrocuté lors de la traversée du barrage. Avec les 12 djounouds, le commandant Tahar Zbiri a passé une longue période sur le glacier. Cet intervalle séparant les deux dispositifs, Morrice et Challe. Difficilement, ils ont pu franchir la 2e ligne. Le groupe s’est divisé, alors, cinq djounouds ont pris un itinéraire, tandis que le reste du groupe a préféré accompagner le commandant en direction du PC de la wilaya. Parmi ces derniers, il y avait un proche parent de Amar Radjai, Abid Radjai, qui faisait partie d’escorte du commandant Tahar Zbiri. Pour celui-ci, cette opération de franchissement du dispositif militaire français constituait en fait la dernière d’une série de tentatives qu’il avait effectuées. Car, le commandant Tahar Zbiri était très ferme et tout ce qui comptait pour lui c’était surtout de rejoindre son poste au PC de la wilaya 1.

Tahar Zbiri est né le 04 avril 1929 à Oum El-Adhaim située à Sedrata wilaya de Souk-Ahras. Tahar Zbiri était de haute stature, d’une allure imposante et surtout une forte personnalité fondée sur une ancienneté dans le militantisme et un exercice de l’autorité dès son plus jeune âge. Ces facteurs avaient renforcé son trait de caractère de tête forte.

Tahar Zbiri n’a pas eu dans sa jeunesse le privilège d’une quelconque scolarité. Très jeune, son refus du fait colonial, l’a conduit à militer au sein du MTLD. Au début, il était employé dans les structures de la société minière de l’Ouenza. Ensuite il avait adhéré au mouvement syndical. Pas très convaincu de ses formules de militantisme routinier, il avait opté pour le passage de l’action. Il avait donc fait partie de ceux qui ont déclenché le soulèvement du 1er Novembre 1954. Au maquis, Tahar Zbiri activait dans la zone de Souk-Ahras, dirigée par Badji Mokhtar, membre des 22. Badji Mokhtar est mort au combat le 17 novembre 1954. Quelques semaines plus tard Tahar Zbiri est arrêté par les troupes coloniales le 03 janvier 1955. Mostefa Ben Boulaid est lui aussi arrêté le 24 janvier 1955. Tous les deux se sont retrouvés incarcérés à la prison de Constantine puis ont été condamnés à la peine capitale. Ils se sont évadés de la prison, le soir du 10 novembre 1955.

Aussi vers la fin avril 1956, Tahar Zbiri a pris le commandement de la zone d’Arris, il a souhaité rencontrer Mostefa Ben Boulaid. Son effort pour entrer en contact avec le chef des Aurès a été malheureusement sans succès, pour la simple raison que Mostefa Ben Boulaid était déjà mort le 22 mars 1956, des suites de l’explosion d’un appareil radio piégé ( ?). Ce tragique évènement, ainsi que la mort de Chihani Bachir quelque temps plus tard, associés au rejet de la plateforme de la Soummam ont plongé les Aurès dans un cycle de turbulences. Tahar Zbiri finit par réintégrer la zone de Souk-Ahras. Depuis la disparition de Badji Mokhtar il était devenu le chef de cette zone intégrée à la wilaya 1 des Aurès. Tahar Zbiri était en compagnie des dirigeants locaux, Amar Laskri, assisté de Aouachria et Hadj Lakhdar Djelailia. En 1957, le commandant Tahar Zbiri dirigeait le 3e bataillon stationné dans la base de l’Est. De ce fait, de l’ordre a commencé à y apparaitre du moins, depuis l’arrestation de Mostefa Ben Boulaid, le 11 février 1955 et la mort de Chihani Bachir en octobre 1955, les Aurès n’avaient jamais été dirigés par un état-major aussi consistant sur le terrain opérationnel, Car avec l’arrivée du commandant Tahar Zbiri le 11 juillet 1960, la wilaya 1 avait atteint un niveau d’encadrement unique, représenté par un ensemble de 03 commandants, des prérogatives précises sur l’organigramme. Cependant que le colonel chef suprême de la wilaya Hadj Lakhdar était au-delà de la frontière. Aussi, en cette conjoncture, le commandement en chef sur le terrain se voyait acquis de droit de remplir cette mission. Le temps pour ces dirigeants de faire connaissance avec l’encadrement des services et des structures de la wilaya, et une opération d’envergure a été déclenchée par l’ennemie le 24 juillet 1960, cette intervention qui a ciblé le PC, a duré 3 jours. Ainsi, le travail d’organisation a repris normalement par la suite. D'autres opérations ont suivi , jusqu'au 31 juillet 1960, à cette date, s’est déroulée une importante réunion des cadres de la wilaya 1, par laquelle la grande tradition de l’ALN, les chefs et cadres des zones présents, s'offraient une cérémonie . Ce rassemblement qui a eu lieu et dont lequel le commandant Bennoui avait marqué son absence pour des raisons de conflits avec certains officiers. Cependant, des promotions et des affectations ont eu lieu durant la cérémonie,tels que la zone 1, le lieutenant Mohamed Cherif Djarallah, responsable de la politique militaire, assisté par les Lieutenants Ben Abid Messaoud, Djemai Berhail dit *Mani* et Tahar Keddouri ( mort peu après) , Cheikh Saad Benzdira, Aissa Tolbi dit* Aissa Allal*.Quant au service de santé était dirigé par le vétéran Hadj Boulila, Mekki Hihi et Slimane Aroua.

Zone 2. Le lieutenant Hadj Abdelmadji Abdessemed était le chef de cette zone, assisté des lieutenants Mohamed Salah Yahyaoui, celui-ci a été rappelé de la zone 6, avec Ali Derouich. Par contre la zone 4 était dirigée par le lieutenant Djemai Beghadi, successeur des lieutenants Boughara et Si-Mohamed (mort au champs d’honneur). En outre, le lieutenant Gasmi était le chef de zone 5, assisté par les lieutenants Rabah Djemile et Si-Ali. Après que le capitaine Djeddi Mokdad a été fait prisonnier par l’ennemi à la frontière, le lieutenant Athmane Djellali a pris le commandement de la zone 6, assisté par les lieutenants Mohamed El-Hadi R’zaimia et Ali Rabhi. En cette nuit du 8 au 9 octobre 1960, dès 7 heures, une opération éclair de l’armée française a pris pour cible le PC de la wilaya. Un ensemble d’hélicoptères H 34, chargés de mitrailleuses avaient ouvert le feu sur les maquisards à basse altitude, un bouclage du secteur a été entamé par des renforts de soldats, d’autres groupes avaient encerclé les maquisards qui avaient leurs têtes les commandants Tahar Zbiri et Ali Souai. Devant la puissance de l’ennemi, le repli a été la seule tactique des maquisards pour éviter le pire. Ainsi la wilaya des Aurès a été sérieusement agitée et affaiblie par des conflits internes. Quelques mois après, exactement le mois de mars de l’année 1960, la constitution du conseil a impliqué des promotions: Abid Tahar, dit Hadj Lakhdar, colonel commandant en chef de la wilaya I. Mostefa Merarda, dit Mostefa Bennoui, promu commandant responsable des renseignements et liaisons. Quant à Ali Souai, était devenu commandant responsable politique. En outre, Tahar Zbiri, commandant responsable militaire et enfin Amar Radjai, commandant, membre du conseil de commandement de la wilaya, a-t-on appris auprès d'un témoignage.

Abdelmadjid Benyahia

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Commentaires (1) | Réagir ?

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klouzazna klouzazna

C'est avec des hommes de cette carrure et de cette grandeur qu'on batit des pays !!!