Nicolas Sarkozy agite le chiffon rouge de l'immigration et menace !

Nicolas Sarkozy joue avec le feu et veut concurrencer le FN sur l'immigration.
Nicolas Sarkozy joue avec le feu et veut concurrencer le FN sur l'immigration.

Nicolas Sarkozy, qui prône une refonte de la politique d'immigration européenne, a mis en garde mercredi contre un risque de "déflagration de la société française" face à la crise des réfugiés qui échappe selon lui à François Hollande.

Déterminé à ne pas "céder un pouce" au Front national sur les sujets régaliens, le président des Républicains a dénoncé les "postures morales" et les "impostures idéologiques" sur l'immigration au terme d'une réunion de travail sur ce thème programmée avant que l'afflux des réfugiés n'ébranle l'Europe.

L'ancien chef de l'Etat s'en est pris à l'irresponsabilité présumée de l'exécutif socialiste qui aurait "perdu toute maîtrise des événements". "On est sur une pente glissante, (...) y a-t-il un pilote dans l'avion? Non!", a-t-il lancé en choeur avec les militants présents.

"Je suis heureux de jouer le rôle de souffleur", a-t-il ironisé en évoquant notamment le changement de pied des autorités allemandes qui ont rétabli les contrôles à leurs frontières après avoir ouvert grandes leurs portes. Après avoir fustigé la "brutalité" et "l'inhumanité" de la présidente du FN Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy a estimé que le pouvoir en place, qui s'est engagé notamment à accueillir 24.000 réfugiés ("un chiffre faux)", ouvrait la boîte de Pandore.

"La France de 2015 est traversée d'immenses tensions : penser que l'immigration doit encore augmenter, alors même que la communauté nationale est fragilisée, alors que notre marché du travail, nos finances publiques, notre système éducatif et l'ascenseur social sont bloqués (...), c'est prendre le risque d'une déflagration de la société française".

Le président de LR, qui n'a toujours pas officialisé sa candidature à la primaire de la droite et du centre de 2016, s'emploie à imposer sa ligne sur les dossiers appelés à dominer la présidentielle de 2017 alors que ses principaux rivaux font valoir leur singularité et leur indépendance.

"Plus vous serez nombreux..."

Ainsi a-t-il décidé de soumettre mercredi au vote des militants onze questions sur ses propositions de refonte des politiques d'immigration française et européenne, le rétablissement temporaire des contrôles aux frontières nationales de l'espace Schengen, qui devra être renégocié, l'instauration de "plafonds limitatifs" pour maîtriser l'immigration en France ou la restriction des aides sociales.

La tactique, dont l'objet est d'imposer à ses rivaux un "socle programmatique commun" au nom de l'unité, vise aussi à consolider la réserve des voix sarkozystes pour la consultation de 2016. "C'est la stratégie de l'étouffement", résume, mi-amusé mi-inquiet un élu LR convié mercredi au séminaire.

Ni Bruno Le Maire, qui a eu un entretien mercredi matin avec Nicolas Sarkozy, ni François Fillon ou Alain Juppé n'étaient présents. Les trois hommes, qui goûtent peu d'être mis devant le fait accompli, revendiquent de faire avancer "leurs idées".

Les propositions de Nicolas Sarkozy, déjà exposées la semaine dernière dans une interview au Figaro, seront débattues lors du premier bureau politique du parti mardi prochain, une fois connus les résultats du vote électronique.

La consultation débute mercredi à 18h00 et s'achèvera vendredi à la même heure. "Etes-vous d'accord pour la suspension immédiate de Schengen...", "Faut-il diminuer l'attractivité sociale de l'Europe...", "Faut-il supprimer, pour les étrangers en situation illégale, l'Aide médicale d'Etat...", "Faut-il adapter le droit du sol..." sont au nombre des questions.

"Chaque fois que nous allons travailler sur les questions programmatiques, je veillerai à ce que les questions les plus sensibles soient tranchées par vous", a déclaré Nicolas Sarkozy aux adhérents présents, tout acquis à leur champion. "Plus vous serez nombreux, plus cela donnera de la force", a-t-il conclu, dans un appel plein de sous-entendus pour la primaire.

Reuters

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Commentaires (3) | Réagir ?

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Atala Atlale

Mr Sarkosy comme tout le monde le sait n'est pas français de souche et ma foi je trouve inconvenant pour lui de traiter le problème de l'immigration avant autant d'aplomb et de légèreté ! TSA rapporte :

"Selon Patrick Buisson, ancien conseiller de Sarkozy lorsqu’il était à l’Élysée, ce dernier était déjà prêt à dénoncer les accords d’Évian dès 2012, et souhaitait ainsi revoir les titres de séjours particuliers destinés aux ressortissants algériens en France"

Ce Monsieur a foutu la pagaille en Libye et ailleurs et aujourd'hui il voudrait vendre sa politique de chantage à l'endroit de l'Algérie, j'aimerais bien qu'il aborde la question des créances impayées de la France, celles qui soit disant étaient à l'origine la colonisation de l'Algérie par la France après le fameux coup d'éventail du Dey Hussein à l'endroit du Consul Deval. Une colonisation dont les "hauts faits d'armes" peuvent être assimilés aujourd'hui à des crimes contre l'humanité, il n'y a qu'à voir les manuels d'histoires écrits par des auteurs français et autres. Si aujourd'hui l'Algérie se trouve dans cette situation, ce n'est pas par manque de véritables hommes d'État. Loin s'en faut !

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klouzazna klouzazna

L'ombre des deux droites se profile à l'horizon !!!

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