La DGSN sollicite les imams: après le gourdin physique, la matraque idéologique !

La DGSN alliera les imams à la répresson pour combattre le fléau de la drogue.
La DGSN alliera les imams à la répresson pour combattre le fléau de la drogue.

Toutes les encyclopédies du monde, tous les mots de tous les dictionnaires, tous les synonymes dans toutes les langues de la Terre, vivantes ou mortes, ne sauraient décrire la bêtise humaine qui règne en Algérie et en brosser un tableau conforme à la triste réalité.

Aux dernières nouvelles, la DGSN de la trique lancerait une opération préventive de sensibilisation dans nos écoles afin de réduire la consommation de drogue, laquelle toucherait près de 10% d’élèves dans l’ensemble des établissements scolaires. Bien que l’on soit en droit de s’interroger sur l’opportunité de mêler la police à tout ce qui relève de secteurs dotés de ministères appropriés, comme celui de l’éducation, savoir que le gardien de la paix s’inquiète de fléaux aussi nuisibles que la drogue chez nos jeunes ne peut être que rassurant, car cela supposerait que nos policiers ne sont pas uniquement formés pour manier le bâton en experts es-matraque. C’est ce que laisserait penser, en première lecture, la dernière action envisagée par la DGSN (*).

Mais là où les choses dérapent et virevoltent à contre-sens de la noblesse d’un tel but, c’est que, dilué dans l’information, il est annoncé que les responsables de la sécurité nationale veulent atténuer le fléau en "sensibilisant les victimes, notamment en faisant appel aux psychologues et aux imams" !? Psychologues oui, mais imams pourquoi faire, sinon accélérer la descente aux enfers ?

Voilà qui est, on ne peut plus, clair ! Après le gourdin sur nos têtes, la police veut user de la matraque idéologique sur les cerveaux de nos petits chérubins: remplacer une drogue physique curable par une toxine cervicale incurable, quoi de plus simple pour perpétuer les ténèbres et l’aliénation d’un peuple, pas encore assez docile à leur goût malgré 50 années de subordination ininterrompues ? N’est-ce pas son Général ?

Inviter l’imam sur le terrain de la psychologie, c’est un peu comme si pour soigner un individu atteint de démence l’on comptait aussi bien sur un expert es-«chlaouch et bkhor» comme Ali Belhadj, que sur le psychiatre Saïd Sadi. Mais c’est ainsi que fonctionne le pouvoir FLiN-tox me diriez-vous ! Ignorer les compétences et recruter des fanatiques notoires, à l’instar du forcené Ghani Gedoui, catapulté au poste de ministre de l’information (**) après d’innombrables chroniques sur fond de brossage des plus indécents du clan Bouteflika! Qui mieux qu’un tel furibond aurait-on chargé d’une besogne aussi sale que celle de s’attaquer à la presse libre (***) ? «lem’er 3adh yes3a achiwene !» (Quoique, de groune à grine, il doit certainement y avoir une histoire de cornes !).

Mais au-delà de ces encrasses au sommet de l’Etat, connues de tous, que peut bien proférer ou professer comme recommandations éducatives l’imam pour alerter nos enfants des dangers de la drogue ? Sur quelle expérience peut-il se baser pour discourir d’une thématique qui n’est pas la sienne ? Comment peut-on se permettre autant de légèreté pour mettre sur un même pied d’égalité, en termes de compétences, imams et psychologues, surtout sur le terrain délicat de l’enfance ?

A quel type de psychopathologie peut bien avoir été formé l’imam, quand il est lui-même atteint, le plus souvent, de troubles comportementaux que la presse évite de rapporter, mises à part quelques rares exceptions ? Comment dès lors l’assimiler à un "professionnel du fonctionnement psychique et des psychopathologies du comportement humain, de la personnalité et des relations interpersonnelles" tel que l’énonce la définition du métier de psychothérapeute ?

Faut-il rappeler que dans tout pays normal, avant d’être reconnu par l’état comme professionnel de la santé, tout psychologue se doit d’obtenir le titre universitaire de D.psy ? Un diplôme qui demande des années et des années d’études, d’assimilation de multiples ouvrages de spécialisation qui lui confèrent l’adhésion à une déontologie spécifique et dont l’assermentation est soumise à la même formule que celle des autres personnels de la santé, à savoir le fameux serment d’Hippocrate dont on nous faisait tant d’éloges dès les premières années de collège, du temps où le mot éducation avait un sens.

Quels ouvrages, mis à part le livre unique, celui que l’écrasante majorité de nos imams n’ont que partiellement lu, et surtout pas bien compris, font partie de la formation d’un imam ? Quel serment, quelle formule d’abnégation, mise à part l’expression classique du témoignage "chahadesque" que tout musulman prononce si souvent qu’elle en perd toute signification, est-il exigé de l’imam pour prétendre pouvoir l’insérer dans un schéma éducatif sérieux ?

Les écoles ont un personnel, les enseignants, des responsables, leurs directeurs, et une tutelle, le ministère de l’enseignement. Il appartient à ce beau monde de trouver des solutions, car introduire la police, laquelle veut introduire des imams dans le circuit de l’éducation est d’une irresponsabilité des plus indolentes ! L’heure n’est plus à quelconque indolence dans les implications. Il appartient aux seuls personnels de l’éducation de mériter leurs statuts en trouvant les moyens d’endiguer les fléaux tels que la violence, la drogue ou les harcèlements de toutes sortes dont sont victimes les enfants et qui empoisonnent nos écoles. La mission de l’éducateur ne se limite pas à la retransmission des programmes dictés par une tutelle, bien souvent indifférente et hors circuit, mais exige une posture de force morale qui doit servir d’exemple en permanence !

Quand on choisit un métier par vocation, on l’exerce jusqu’au bout. On n’évacue pas les problèmes en faisant appel aux forces de l’ordre, lesquels s’en déchargent sur le dos des imams ! Quand la responsabilité nous dépasse, on démissionne ! De plus, que peut-on bien espérer former comme acteurs de la société de demain avec une interchangeabilité ubuesque des professions et des responsabilités ? La place de l’imam est dans la mosquée ! Celle de la police est dans sa mission, celle qui consiste à veiller sur les citoyens honnêtes en pourchassant ces voyous qui déambulent dans les rues de nos villes et nos campagnes et qui s’adonnent à une violence et des comportements de plus en plus barbares, surtout envers la femme, cet éternel souffre-douleur d’une société en mal de repères !

Importez des tasers général Hamel et distribuez-en à toute femme majeure, si vous êtes incapables d’en assurer la protection! Vous verrez alors comment nos braves citoyennes nettoieront nos cités. Et on peut leur faire confiance pour une utilisation non-abusive. Mais évidemment, nous le savons tous, cette atmosphère d’insécurité généralisée arrange bien certaines affaires. Insécurité encouragée ? Peut-être pas ! Mais consentie, ça c’est certain ! Et chercher à contourner le problème de la drogue en se mêlant de l’éducation des enfants au lieu de pourchasser les dealers est un sacré aveu d’impuissance. Ce n’est pas très glorieux tout ça !

Décidément, le règne Bouteflika aura battu tous les records en matière de cafouillage et d’incohérence. Vu le personnage, il ne serait pas étonnant que les psychologues que l’on veut solliciter seront vite noyés par le nombre d’imams, désormais leurs pairs aeternam, à accourir au rendez-vous de la psychologie enfantine. Il se murmure, de sources habituellement bien informées, que Boutef a déjà tranché par la formule «je me sens plus proche des imams que des psychologues !». Et s’il reste encore des psychothérapeutes qui croient encore en leur métier, il est temps de déchanter. L’imam, l’homme à tout faire, ce docteur es-«kalhou ouellahou» au dessus de tous les titres, est là pour les remplacer, comme il a remplacé l’enseignant, le médecin, l’économiste, le banquier, etc., sans parler du commerçant. C’est ça l’Algérie de Bouteflika, alors pourquoi s’étonner que les Burkinabés se moquent de nous avec de tels pitres au pouvoir ?

Encore une fois, Lounis Aït Menguellet avait raison "thoura our’d’yeqim lefham e’thssoub sanda our’d’tsali !", on a atteint le fond duquel on ne peut plus remonter ! Nous n’avons guère d’autre choix que celui de continuer à creuser. Peut-être qu’après tout, le paradis sera bientôt à notre portée pour nous réconforter? Ce ne sont pas les imams de la DGSN qui me désapprouveraient.

Kacem Madani

(*) "À Alger, 10% des élèves se droguent" ; Liberté du 5/11/2014.

(**) Mohamed Abassa : Non, Dieu n’est pas corruptible : Pourquoi il ne DEGAGE pas !.

(***) "Hamid Grine chargé de la sale besogne : Le pouvoir cible la presse libre" ; El-Watan du 4/11/2014.

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Commentaires (6) | Réagir ?

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kamel salmi

le simple fais de voir un policier algerien vous donne envie de vous droguer meme si vous etes quelqun de bien en plus j ai jamais vu une police dans le monde entier comme celle de chez nous une vrai incompétante au lieu d arreter le criminels notre police emmerde les sundicats les parti de l oposition les kabyles le pauvres citoyens honnetes demandes des certaficas de virginite a des filles a alger etc........ nous somme plus dans une republique c est dans un bordel que nous vivons avec ce systeme avec une répréssion atroce les simples libertés individuelle sont confisqué

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khelaf hellal

La police veut soigner une overdose en inoculant une autre, elle fait dans l'homéopathie sans le savoir. La cause de l'une est dans l'autre comme on peut dire aussi que le remède de l'une est dans l'autre et vice-versa. L'expérimentation est trés risquée.

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