Akfadou : les chemins qui remontent l’histoire

un village, un lieu d'histoire
un village, un lieu d'histoire

Nous voici encore une fois sur les chemins qui montent. En route vers Larbaa Nath Irathen, l’ex Fort National, la ville garnison que beaucoup d’anciens militaires français, surtout de jeunes appelés morts de terreur, ont connu.

Le climat, étonnamment, est clément aujourd’hui. Les canettes d’Albraû sont fraiches ainsi que la musique, le chant de Matoub que nous envoi le lecteur CD de la voiture de Tahar qui m’accompagne, épouse parfaitement les rives du barrage qui s’estompent au fur et à mesure de la grimpe. Feraoun aurait déliré à la vue de ces dénivelés estivaux !
Ça sent bon la figue et la colère.
Seule fausse note, ces poubelles, ces amoncèlements de bouteilles et ces sacs en plastiques sur le bord des routes. Les Kabyles sont devenus fous.
Quand ils ne tuent pas leurs joueurs de football, ils assassinent le paysage, le pays que leurs ancêtres ont préservé pendant des millénaires.
A Arus, plus haut que Fort National, encaissé entre la porte d’Alger et le Djurjura, je m’apprête à passer une belle soirée en compagnie de Mokrane Gacem, un vieux confrère érudit, Tahar Khouas, un économiste ancien dirigeant de la JSK et Houcine Redjala, un petit chef d’entreprise et néanmoins talentueux photographe et documentariste.
Ils reviennent de la commune d’Akfadou où, après plusieurs mois de préparation, ils viennent de célébrer « la réconciliation de la population du village, de la commune, avec sa mémoire et son histoire».
Akfadou, c’était le quartier général de la wilaya III pendant la guerre de libération nationale. L’idée originelle de Mokrane, Tahar et de Idir Nacer, un ami exilé au Canada était de déconstruire Akfadou, d’aller trifouiller dans les profondeurs historiques de la région. Quelle histoire ! Quelle profondeur !
Cette région a été oubliée, niée par le pouvoir régnant, et mystificateur.
Alors, ce groupe d’amis, initiateur de la rencontre qui a eu lieu à Akfadou du 17 au 19 aout 2014 a voulu regrouper autour d’idées novatrices des grappes de penseurs et d’artistes. D’amas d’idées et de propositions pour contrebalancer la politique suicidaire, le projet assassin du régime.
Le trio à l’origine de ce rendez-vous qui pourrait devenir pérenne et incontournable, loin de toute allégeance partisane se propose de rendre « pénétrable le politique ». Il se propose de créer et de nourrir un rapport de force avec le pouvoir. Il veut faire retrouver le sentier qui peut mener la société vers sa mémoire et son histoire. Sans GPS, ni gourou politique.

Ils ne prétendent pas concurrencer les partis politiques, ils n’avaient aucune intention de célébrer une date officielle, dans ce cas le 20 août. Ils se disent citoyens, initiateurs d’une démarche citoyenne. Ils fêtent les maquisards et la population qui les a soutenu, pour ne pas avoir à vivre avec leurs fantômes.

C’est Mokrane Gacel, écrivain et journaliste, ancien gauchiste formé sur le tas à Hassi-Messaoud, qui découvre la commune et l’histoire d’Ikejan (Akfadou) en 1984.

Il comprend que ce lieu-dit existait déjà en l’an mille, et que ce lieu, était le sein des Kutama, une branche des Zirides, les fondateurs du Caire et l’Alger.

Gabriel Camps et Ibn Khaldoun en parlent et rappellent qu’à l’occasion d’un pèlerinage à la Mecque, quatre jeunes de ce village ont ramené dans leurs bagages un chiite pour en faire un iman à Ikejan.

Plus tard, le même imam lèvera une armée pour combattre les Abbâssides : déjà une guerre de religion !
De cette tribu, il naîtra des vassaux qui vont créer Bouthloughine (le médaillé) qui donnera Bouloghine. Alger en définitif.
C’est de là qu’est partie l’histoire de l’Andalousie ( je laisse bien sûr une part de contradiction aux historiens).

Les Kutama, dont la tribu de Ikejan est une partition, sont la source des Zirides, des Hamadites.

Ils ont nourri aussi la pensée d’El Mokrani, mort à Cayenne, après avoir mené un soulèvement populaire contre le colonisateur français.
Akfadou, c’est aussi une limite fictive entre la grande et la petite Kabylie. Un territoire administratif et une terre vécue.
C’est cette limite symbolique qui ne découpe aucune réalité qu’ont voulu détruire les organisateurs de la rencontre d’Akfadou.
Le président Wilson (USA) qui a un jour visité le Lac noir sait, lui, que les bergers du coin ne peuvent en aucun cas être séparés par des divisions administratives.
L’association improvisée qui a organisé la rencontre Akfadou-Ifri a fait un travail «par et pour la population», me dit Tahar Khaouas, «nous étions là pour aider les gens à déconstruire et à reconstruire leur mémoire et celle du lieu». Il rajoute une belle phrase, comme une sentence : «si on ne peut rien faire contre le pouvoir, on peut faire sans le pouvoir», quelle lucidité !
Kabyles, Mozabites, Chenouis, Chaouias, tous les Berberes les Algériens quoi ont répondu à l’appel d’Akfadou. Les artistes en grand nombre, à leur tête Idir, venu inaugurer la bibliothèque communale.

Un grand gala devait clôturer ces retrouvailles qui s’annonçaient grandioses.

Ce pèlerinage sur les lieux du Congrès de la Soummam, cette fête, a été quelque peu gâchée par un gros orage et quelques «incartades organisationnelles» me signale le chanteur Ali Idheflawen : «On m’avait promis un petit cachet. Si on m’avait demandé de chanter gratuitement, je l’aurais fait. Comment comprendre qu’à la veille du gala Monsieur Mhenna Haddadou, le maire, que je ne connais ni d’Eve, ni d’Adam et avec lequel je n’ai jamais rien négocié vienne me signifier que faute de budget suffisant, je n’aurais pas un sous ? Je crois que le scénario de ces retrouvailles a été écrit à Paris par Berbère TV, et réalisé à Akfadou.» Dont acte. Je crois, pour ma part, que cette initiative mérite d’être renouvelée chaque année.

Meziane Ourad

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Commentaires (3) | Réagir ?

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R A M E S S E S II

@ Da Meziane:

"C’est de là qu’est partie l’histoire de l’Andalousie (je laisse bien sûr une part de contradiction aux historiens".

Non mon cher ami, l'histoire de l'Andalousie est plus compliquée que certains veulent la voir par la serrure religieuse, les deux groupes qui sont partis en Espagne ne sont que le groupe de TAREF N SA3D, fils de Dyhia (Kahina pour les arabes de l'époque par ce qu'elle prédisait le futur) et un autre groupe des TARIK NATH ZIAD NEFFOUSSI d'après IBN KHALDOUN et HENRI FOURNEL Voir lien ci-dessous.

Et comme ces deux tribus, les "Jarwas" au pays Chaouia et les Ibadites de Zenten actuelle, sont des Judéo Berbères, donc, ce démontre que les juifs étaient toujours en avance sur leur temps.

En arrivant sur le cots marocains, l'un avec 4000 cavaliers, et l'autre avec 12000, contre 120 000 cavaliers Chrétiens, je pense que la bataille n'aurait pas eu lieu sans le COMPLOT des Juifs contre les chrétiens, et c'est après le retournement des juifs contre les chrétiens que TAREF et TARIQ ont pu passer de l'autre coté de la rive. Et le peu de Kabyles qui ont participé à la conquête, d'ailleurs la seule, durant les 50 siècles de notre existence, sont revenus qu'on appel d'ailleurs chez nous actuellement, les Marabouts, qui ont beaucoup plus, appris le Talmud que le Coran en Espagne et qui sont revenus vers le 16 éme siècle comme des Bourgeois, c'est de là qu'est parti, le métier de Bûcheron en Kabylie, Monsieur Khouas est bien placé pour le savoir.

Et comme par hasard, en 711, les juifs étaient chassés de l'Espagne par Rodrigue, et beaucoup de Juifs passèrent en Afrique DU Nord pour chercher de l'aide contre, "L'INQUSITION" en Espagne, exactement ce que les juifs ont fait pendant la première et la deuxième guerre mondiale, l'Est et l'Ouest. Lénine, Marx, Staline, Blum, Crémieux,... sont tous Juifs, je vous laisse l'Algérie qui est tombé dans le piège des Crypto Juifs communiste, via Fathi Dhib, lui téléguidé directement par Solode, l'ambassadeur de l'ex Urss, en Egypte, et de là on a téléguidé un certain Marocains, Ben Bella, et la suite tout le monde l'a connait, on vit encore sous l'égide de président imposé par d'autres aux Algériens.

Et pour ce qui de a révolution d'El Mokarani, l'origine du soulèvement et bel et bien, la Loi CREMIEUX (Un Juif) qui donne la nationalité Française aux Juifs d'Algérie, donc, les musulmans sont passés des citoyens du deuxième bureau, exactement, à cause de Crémieux que la Kabylie s'est soulevé, et ainsi que boubaghla (des ATH WAGHYOUL) n'est que la suite des évènements, que d'ailleurs ont perdu en 1942 avec Vichy à Alger, récupérer par Blum (Un Juif) par la suite. Sinon les juifs ont perdu la nationalité Française en 1942.

Pour conclure, les Français en 1860 en construit à Fort National (Larv3a Nath Iraten) le premier Institut des ARTS ET METIERS au point qu'on appelle "LA MISSION" (Chrétien) juste à coté du CEM (Abdiche Mehdi) et Le Lycée (Khouas). Les Français ont travé la Route Tizi - Fort Napoléan en 17 jours seulement, de mon coté aussi je laisse le soin aux Historiens d'apporter plus de précisions.

Liens:

http://books. google. fr/books?id=0t4OAAAAQAAJ&pg=PA154&dq=etudes+de+la+conquete+des+arabes+de+l'afrique+du+nord&hl=fr&sa=X&ei=GAwCVP6nGsag0QX-mYHACg&ved=0CCYQ6AEwAQ#v=onepage&q=etudes%20de%20la%20conquete%20des%20arabes%20de%20l'afrique%20du%20nord&f=false

http://catholicapedia. net/Documents/cahier-saint-charlemagne/documents/C1008_Pinay_2000-ans-de-complot_236p. pdf

Un lecteur et commentateur du MDZ. Tanemirt

RMII

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Nacer Irid

MERCI MEZIANE

Le papier de Méziane Ourad est apprécié par les organisateurs de l'événement, comme un prolongement à leur action.

Il comporte néanmoins, quelques inexactitudes que nous nous proposons de rectifier pour les lecteurs.

-El-Mokrani est mort au combat du côté d'Ath Abbas et non à Kayenne.

-Arus est un village situé sur le flanc de Larbaa Nath Irathen et non plus haut comme il y est écrit.

-Meziane a bien fait de laisser une part de contradiction aux historiens, les organisateurs leurs laissent une grande part, étant rappelé qu'ils ont agi en citoyens et non en historiens.

-Mokrane Gacem et non Gacel se réclame d’un parcours politique profondément marqué par des convictions humanistes, sans avoir jamais été gauchiste.

-Nous connaissons Ali Ideflawen, grand chanteur engagé, nous le découvrons dans un délire qui l'accable plus qu'il n'accable les organisateurs car ses propos ne reflètent aucune réalité.

-Ces derniers ne lui ont jamais promis un cachet... Encore moins pour un gala qui n'a pas eu lieu. Il a été le premier à être contacté pour chanter en raison de son engagement. Voilà exactement ce qu’il a dit : Si vous avez de l’argent, je souhaite en recevoir quelque chose, sinon, je chanterai gratuitement.

La matinée du jour ou devait se tenir le gala, le maire d’Akfadou l’a informé que vu le manque d’argent collecté, nous n’étions pas en mesure de lui payer un cachet et qu’il pouvait choisir de chanter ou non. Il a tout de même décidé tout à son honneur de rester et de chanter. Que s’est-il passé le lendemain pour qu’il change sa version des faits?

Il est regrettable de sa part de s'attaquer à ce même maire, qui l'a reçu avec tous les honneurs, nourri, hébergé... avec la mesure d'accompagnement chère à Ali Ideflawen.

-Par ailleurs, son assertion sur l'implication de Berbère TV dans le projet de la manifestation, est un grossier mensonge, relevant plutôt de la manipulation et de la désinformation suggérée par des esprits mal intentionnés, qui ont profité de la fragilité de l'artiste pour lui faire dire n'importe quoi.

-La présence de tous les artistes invités à Akfadou est appréciée comme un acte militant et solidaire que nous saluons. Si les promesses de sponsoring avaient été tenues, tous les artistes auraient été financièrement gratifiés, Ali y compris.

-Enfin, et en tout état de cause, un bilan de la manifestation est en cours d'élaboration. Et il fera l'objet d'une conférence de presse dans les jours à venir.

Encore une fois, merci Méziane.

Signé : Khouas Tahar (co-organisateur de la manifestation)

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