Sonatrach : l’écroulement à pic pour avenir...!

Un nid de corbeau sur une exploitation.
Un nid de corbeau sur une exploitation.

Depuis les années 2000, que de fois avons-nous entendu et lu dans les médias parlés et écrits, que Sonatrach découvre avec effort propre des gisements de pétrole et de gaz dans les vastes régions d’Algérie, mais sans arriver à les développer et les mettre en exploitation.

Si des puits de pétrole et de gaz ont été forés, testés, estimés et déclarés rentables, en sorte, prêts à être mis en production selon les innombrables communiqués de presse que diffusent le ministère de l’Energie et des Mines et la direction de Sonatrach à travers l’agence ANAFT, il est tout à fait étrange de voir que ces derniers ne parlent jamais de l’obstacle majeur : «les conditions et les évaluations onéreuses de leur mise en production si Sonatrach venait seule, à s’engager pour les développer».

Effectivement, Sonatrach n’a pas les moyens techniques et humains efficaces pour arriver à réaliser l’augmentation de la production des hydrocarbures dans les règles de l’art comme prôné et donc, ne peut développer à moindres coûts les gisements périphériques découverts dans les régions de Hassi Messaoud, de Hassi R’mel, d’Illizi etc., comme le déclaraient, l’imaginaient et le souhaitaient le patron de la tutelle M. Youcef Yousfi et celui de Sonatrach à l’époque M. Abdelhamid Zerguine. Quant à la présente vision du PDG de Sonatrach P/I M. Saïd Sahnoun (ex-vice-président Sonatrach de l’Activité Amont), elle ne va certainement pas différer de son prédécesseur, sachant qu’il été son proche et fidèle collaborateur dans la décadente gestion de Sonatrach !

Quel plan de croissance pour le pôle de Hassi Messaoud ?

Ce n’est un secret pour personne, tout le monde sait maintenant que les gisements de pétrole et de gaz des champs Sonatrach découverts durant l’ère coloniale sont en déclin avancé, les données techniques fournies dans le Rapport d’Activités 2010 de Sonatrach Division Production donnent le vertige sur la nature de l’alarmant déclin du géant aux pieds d’argile.

Déjà en 2013, un taux de chute de presque 20% est enregistré pour la production d’hydrocarbures au champ de Hassi Messaoud et ce, pour diverses raisons dont on a parlé auparavant.

Il est bien connu que depuis plus de deux années, pour accroître vite sa production de pétrole, la stratégie mise en œuvre par Sonatrach c’est de chercher à développer les gisements périphériques à Hassi Messaoud objet d’un appel d’offre lancé en juillet 2012, ou Sonatrach dans son appel d’offres n’a fourni aucune indication concernant le potentiel total desdits gisements qu’elle cherche à développer, répartis comme suit :

Périphérie sud :

champs de Hassi Guettar (HGA), Hassi Guettar west (HGAW), Hassi Khbiza (HKZ), Hassi Terfa (HTF) et Hassi D’Zabat (HDZ)

Périphérie nord :

champs de Rhourd Chegga (RDC), Garet Benchentir (OL)

Périphérie est :

Champs de Bhiret Aissa (BRA) et Draa Eddaoui (DAD)

Le développement de ces gisements périphériques, vise à trouver des réserves additionnelles au principal gisement de Hassi Messaoud qui est en train de décliner vertigineusement ! On sait seulement qu’en 2004, la société algérienne des hydrocarbures Sonatrach a annoncé avoir réalisé une importante découverte d’huile dans la région de Hassi Dzabat, au sud-est d’El Borma, suite au forage du puits de Bhiret Aïssa-1 (BRA-1) réalisé dans le bloc 427.

Sonatrach indiquait que les réserves en place de cette nouvelle découverte sont de l’ordre de 360 millions de barils, ainsi que le forage des puits de Drâa- Daoui (DAD-1). Mais une fois testés, les puits découverts annoncés par Sonatrach seule, sont restés fermés durant de longues années.

Un nid de corbeaux sur un puits de pétrole fermé …!

On dit que le peuple est le propriétaire de Sonatrach, alors que dans la réalité on lui cache d’amères faits chiffrés, de pires et d’innombrables cas de laisser aller et de dilapidation de la rente pétrolière restent à raconter.

Entre autres faits, une singulière insolite situation photographiée, ou l’on voit un puits fermé découvert par Sonatrach il y a une décennie dans un champ périphérique de Hassi Messaoud (un état d’abandon injustifié…) dont ses équipements de surface ont subis de nuisibles dégradations causées par les contraintes climatiques de l’environnement (l’ensablement, le manque minimal d’entretien, etc.), poussa un couple de corbeaux à construire son nid sur la tête du puits fermé. Mais quel triste sort a eu ce malheureux couple d’oiseaux selon la photo ? La mort suite à une inhalation d’odeurs gazeuses se dégageant du dit puits.

Le timide début de mise en exploitation d’un puits

Dans le but d’augmenter partiellement la production de Sonatrach à Hassi Messaoud, en juin 2013 le gisement de Bhiret Aissa a été raccordé dans la précipitation au centre de production Sonatrach le plus proche distant de 20 km, un raccordement fait dans la précipitation et dans le risque HSE par GTP pour 18 milliards de centimes à la demande de SH DP Hassi Messaoud, dans le cadre de la mise en œuvre de la convention cadre des Marchés SH/DP/HMD – Entreprises du secteur pétrolier.

Ledit gisement dont les réserves en place de cette nouvelle découverte était de l’ordre de 360 millions de barils, donna une production journalière moyenne de 3500 barils lors de sa mise première en exploitation. Pourquoi Sonatrach n’a décidé de le développer seule qu’après des années d’attente ? D’autres découvertes attendent encore.

Comment nommer et évaluer ce petit manque à gagner pour le pays ? A-t-il était entrepris stratégiquement par manque de moyens financiers et matériels, ou bien par manque de compétences humaines dans le pays ?

Les signes du ruineux déclin de Sonatrach

A la lecture des PV de juin 2012 des partenaires de la Chaine Gaz GR1/GR2 (Sonatrach et ses partenaires étrangers), selon les données prévisionnelles de réalisation et d’injection de gaz dans certains gisements du sud, l’analyse technique confirme que pas mal d’anciens gisements découverts durant l’ère coloniale sont en déclin inquiétant.

Alors que Sonatrach et sa tutelle ne cessent de déclarer fièrement que l’Algérie est le 2éme fournisseur de gaz de l’Europe après la Russie et son 13éme fournisseur en pétrole, mais évitent de parler d’une rude situation prouvée et chiffrée : « Sonatrach et ses partenaires étrangers qui ont la charge de la production et de l’exploitation du gaz algérien, ne se sont pas réunis de Juin 2012 à Septembre 2013 pour parler de Production et Livraison de gaz algérien !!! (réunion de Coordination des partenaires de la Chaine Gaz à tenir au moins une fois chaque 4 mois….)

Ou est le sérieux dont se targuent les dirigeants du groupe Sonatrach et sa tutelle dans la gestion du gaz algérien et le respect des engagements envers les habituels clients européens de Sonatrach. Ce n’est qu’à la fin septembre 2013 qu’une réunion de coordination des partenaires de la chaine gaz GR1 GR2 a eu lieu à Hassi R’mel

Quelle solution pour cette chute fatale de production ?

Point l’option gouvernementale cherchant précipitamment à développer en cachette l’exploitation de gaz de schistes en Algérie alors que le sujet fait polémique en Europe et au Canada et en France car posant autant d’interrogations, environnementales, écologiques, économiques et politiques que de risques majeurs dont la pollution de la nappe phréatique albienne et surtout, le coûteux prix d’un forage de puits de schistes par fracturation hydraulique qui revient à environ plus de 30 millions de dollars (une technologie qui nous échappe), alors que celui d’un forage de puits de pétrole conventionnel revient à 6 millions de dollars au maxi..!

Comment est-on arrivé à cette désastreuse situation ?

L’ère décennal du tandem Chakib /Meziane (2000/2010) a été l’outil destructeur portant un coup fatale au dispositif productif de Sonatrach consécutivement à sa gestion dictatoriale, incontrôlable et impunie qui engendra la fuite des compétences vers d’autre horizons, rendant quasi générale la dépendance de l’entreprise Sonatrach de l’étranger pour la maintenance des puits de pétrole et de gaz, et pour l’approvisionnement en équipements et pièces de rechange, gelant les formations dans les métiers de base d’Opérateurs, de Techniciens et d’Ingénieurs, opérant tout azimut la démotivation salariale du collectif.

Gestion des Ressources humaines dans le non-droit 

Les compétences de Sonatrach ont été marginalisées, les départs massifs en retraite et en exode se sont accentués et encouragés par la DG de l’entreprise, le sauve qui peut fait encore rage en continu ! Des agents partis de Sonatrach font actuellement des merveilles dans d’autres entreprises internationales, car bien considérés et bien rémunérés, avec une prise en charge totale pour le regroupement familial au Golfe arabique et en Afrique pour certains compétents de Sonatrach.

La mort programmée de Sonatrach orchestrée en cousu main par ce fatale tandem a été belle et bien réalisée et ce, au détriment des hauts intérêts de la nation, et elle continuera de l’être sous l’ère de son nouveau PDG P/I M. Said Sahnoun qui été, avouons-le, l’un de leurs proches et fidèles collaborateurs durant de longues années… 

Une combinaison de deux incompatibles systèmes de rémunération appliquée à Sonatrach depuis juin 2009

on continue d’appliquer à Sonatrach anarchiquement un système de rémunération mixé par des éléments de salaire pris de l’ancien système des années quatre vingt dix et des éléments de salaire pris du nouveau système de rémunération de Juin 2009 (2 en 1 comme on dit en publicité) imposé par la DG Sonatrach aux travailleurs avec la complicité avérée d’un syndicat national maison, composés d’affairistes innés.

De cette véritable mauvaise gestion du facteur humain de la plus grande compagnie pétrolière d’Afrique (une des raisons néfastes de la chute à pic du groupe Sonatrach…) en découla une démotivation du moral du collectif des producteurs, engendrant un manque réel de productivité, matérialisé par l’écroulement accéléré de Sonatrach Spa, connu de tous.

M. Lefhel

Bis : vivement la réactivation du Conseil National de l’Énergie (CNE), crée le 8/04/1995 par décret présidentiel, mis en veille sans raison depuis 1999.

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Commentaires (3) | Réagir ?

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Massinissa Umerri

La question qui se pose est: Que vont les algeriens quand il n'y aura plus - boire le sang de leur "dirigeants" ou vendre leurs enfants ? Je pense qu'ils vont s'entre-tuer plutot ! tous les pauvres s'accuseront mutuellement de s'etre contamine's. J'y suis ne' en Algerie, et je connais la culture a fond... meme si je n'y vis pas depuis des decennies. Il n'y a qu'une maniere de la decrire: Bigoterie !

Les femmes Kabyles avait cet art de se poser la question "A-t-il une pension d'handicape'?", quand on apprend que quelqu'un retourne au pays, vieux et use' biensur. En d'autre termes, aurait-il chope' une maladie grave ou eut un accident qui paierait une bonne pansion. Ont-elle tort? Pas necessairement - car pas mal d'hommes ne sont partis que parce que leur femmes, depuis l'epouse jusqu'a la mere, n'arretaient pas de leur rabacher, que tel et un tel, construit, achete ceci ou cela, sans arret..... l'argent l'argent l'argent !!!!

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khelaf hellal

J'ai toujours soutenu que le système économique et politique de Bouteflika est son propre fossoyeur, sa fin est inéluctable. Il ne survit que par les richesses que lui générent les campagnies pétroliéres activant au Sahara et par la baraka des contenaires archi-pleins de produits finis et de denrées alimentaires expédiées par Siadhoum. Y a pas de quoi pavoiser. Le temps des fanfaronnades et des escapades en avion est révolu. on revient à la dure réalité des choses qui fait que l'on se fait dépasser par toute sorte de calamité : La fiévre aphteuse, le mildiou et la rouille jaune, les parasites qui ont détruit tous les arbres fruitiers d'Algérie, des installations industrielles qui végétent et se meurent à petits feux etc... etc..

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