L’adieu à Si Abdelmadjid, l’Adieu à une conscience vivante

Abdelmadjid Bouzidi.
Abdelmadjid Bouzidi.

L’implacable destin a voulu qu’une multitude de malheurs frappent notre pays et endeuillent notre peuple en un court laps de temps.

Encore meurtri par la tragédie du crash de l’avion affrété par Air Algérie et révolté par le massacre perpétré à ciel ouvert contre le peuple palestinien à Ghaza, nous voilà affligés par la triste nouvelle de la perte cruelle du professeur Abdelmadjid Bouzidi.

Tous ceux qui ont connu cet universitaire hors pair et ce digne serviteur de l’Etat à la probité légendaire mesure la perte que vient de subir notre pays.

Si Abdelmadjid était bien plus qu’un intellectuel, c’était une conscience vivante qui alertait et sensibilisait aux dangers qui guettent l’Algérie en l’absence d’une gouvernance digne de ce nom.

L’Algérie perd en la personne de Si Abdelmadjid, le formateur qui a initié aux règles de l’économie, des générations d’étudiants qui ont pris une part importante à l’œuvre de l’édification nationale et dont certains, ont malheureusement, étaient contraints de suivre le chemin de l’exil parce que leur talent n’a pas été suffisamment reconnu et leur valeur loin d’être consacrée.

L’Algérie perd en Si Abdelmadjid un patriote sincère, animé par la passion de son pays, ce qui l’amena à accepter sans hésitation d’assumer les plus hautes responsabilités de l’Etat, aux moments les plus difficiles et les plus délicats de l’histoire contemporaine de notre pays.

En Si Abdelmadjid, l’Algérie perd un gestionnaire de talent qui réussit en quelques années à donner au CREAD un rayonnement qui est allé bien au-delà de nos frontières.

Ceux qui, comme moi, ont eu le privilège de connaitre Si Abdelmadjid garderont de lui le souvenir d’un homme bien ancré dans ses convictions et d’un défenseur acharné de ses principes et de ses idéaux.

Nous sommes habités par une infinie tristesse de te voir quitter ce monde et l’Algérie aura du mal à se résoudre à la perte d’une conscience vivante dont elle a tellement besoin de l’apport et des connaissances à l’heure où elle est en proie aux incertitudes et aux approximations.

Tes conseils avisés et tes analyses pertinentes nous manqueront alors que le chemin ne s’est pas encore profilé à l’horizon, tu nous quittes alors que le vaisseau Algérie n’a pas encore trouvé la voie qui le met à l’abri des tempêtes, mais telle est la volonté d’Allah et nous ne pouvons que nous y soumettre.

Repose en paix et qu’Allah t’accueille en son vaste paradis, tous les patriotes sincères, et ils sont nombreux relateront à travers le temps ce que tu as accompli au service de l’Algérie avec foi et désintéressement.

Ta pensée restera un phare qui éclairera le chemin, et ton souvenir un jalon sur la voie du salut.

A ton épouse universitaire reconnue elle aussi et à tous tes proches je présente mes condoléances les plus sincères en les assurant de ma profonde sympathie.

"A Dieu nous appartenons, à Dieu nous retournons"

Ali Benflis

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Commentaires (2) | Réagir ?

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khelaf hellal

Adieu l'ami, même si on ne se connait qu'au travers de la page 24 du Soir d'Algérie. Il croyait dur comme fer à l'option socialiste, au renforcement du secteur public dans notre pays comme nous tous. Il nous a alerté plusieurs fois contre le démantèlement de l'industrie algérienne , contre la privatisation sauvage et la razzia des banques publiques, le turbo-capitalisme à la Bouteflika qui a réduit notre peuple à la condition d'assisté matériellement , de consommateur glouton des produits made in, d'estropié et de bon à rien sur tous les plans avec l'économie de bazar, de la semsara et l'import-import de contenaires archi-pleins. Adieu l'ami, on ne vit qu'une seule fois, à rien nous appartenons, à rien nous retournons. Mes condoléances à sa famille.

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Atala Atlale

Toutes mes condoléances à sa famille. Je lisais les analyses de cet économiste de valeur, avec beaucoup d'intérêt, le pays perd un homme lucide et plein de qualités. "À Dieu nous appartenons et à lui nous retournons".