PLD : le "zaïm" à la présidence veut ériger une dynastie

PLD : le "zaïm" à la présidence veut ériger une dynastie

Le bureau national du Parti pour la Laïcité et la Démocratie (PLD) nous a transmis le communiqué suivant.

L’Algérie a célébré le 51ème anniversaire de son indépendance le 05 juillet. Cette immense victoire arrachée par le peuple au prix de sacrifices inouïs a porté l’aura du pays jusqu’à des limites insoupçonnées. Les nobles idéaux de liberté et de justice sociale proclamés en 1954 ont cependant été bafoués par un système politique qui a fait faillite et dont l’obsession unique est de s’éterniser.

1. Les élections : Le piège du système

Aujourd’hui de grandes zones d’ombre planent sur la maladie du président de la République. Son éclipse totale de la scène politique depuis plus de deux mois est entourée d’un silence assourdissant au sommet de l’Etat. Au lieu d’informer clairement l’opinion, le pouvoir se borne à une communication minimaliste et mensongère faisant croire que l’état de santé du Président n’est pas l’affaire du peuple et que son absence n’est d’aucune incidence sur la vie politique du pays.

Mais est-il concevable de laisser le pays dans l’incertitude totale quand on sait que le contexte politique national et international est particulièrement explosif et que Bouteflika d’autre part ne s’est pas gêné au cours de ses 3 mandats de fouler aux pieds la constitution en s’arrogeant des prérogatives exorbitantes et en monopolisant les pouvoirs ?

Cette étape périlleuse que traverse le pays montre encore une fois aux citoyennes et aux citoyens que les institutions en place ne sont qu’un leurre et que leurs responsables sont programmés pour manigancer dans l’opacité et le complot du silence.

Depuis l’indépendance, les changements à la tête du pays se sont toujours faits dans la violence et la violation des urnes, voire dans le sang, souvent dans une ambiance de chasse aux sorcières mais toujours en conciliabule et au mépris de toute concertation politique, et les élections de façon générale ont servi d’alibi au pouvoir pour justifier ses marchandages politiciens.

2. L’impasse de «l’économie des conteneurs»

L’héritage de ce système est lourd à porter: La déliquescence de l’Etat ne cesse d’empirer et la jeunesse sans avenir, est livrée à elle-même dans une société sinistrée par la perte des repères et du sens des valeurs comme cela a rejailli de façon spectaculaire lors du déroulement des épreuves du baccalauréat. Les jeunes plombés par un chômage endémique et écoeurés par un pays miné par la corruption, sombrent dans la délinquance, la toxicomanie et n’ont qu’un seul but : quitter le pays pour fuir une vie qui est devenue un abîme et un quotidien où suintent la misère et la mal-vie.

Aucun effort n’est porté sur la création de richesses et les milliards de dollars engrangés grâce aux revenus des hydrocarbures ne sont pas investis pour consolider les bases d’une véritable économie de production. Le bazar est roi et au lieu de produire l’Algérie est assujettie à «l’économie des conteneurs».

La dépendance alimentaire a accru de manière considérable la vulnérabilité du pays si bien que la moindre secousse sismique dans les marchés pétroliers risquerait d’y produire des ravages sans précédents et d’accélérer sa faillite. L’encerclement de l’Algérie par des régimes islamistes, la pression terroriste à l’intérieur du pays et aux frontières, la circulation et le trafic d’armes lourdes et sophistiquées pèsent gravement sur la stabilité du pays et menacent son unité.

Pour perdurer, le système a puisé et puise toujours dans la rente pétrolière pour couper l’herbe sous les pieds de la fronde populaire. Après avoir réveillé les démons du régionalisme et du tribalisme, celui-ci tente de faire du pouvoir politique une affaire de famille. Aujourd’hui, la dérive est telle que le "zaïm" vissé au fauteuil présidentiel n’a qu’une seule chimère : ériger une nouvelle dynastie qui perpétue son nom et survit aux siècles.

3. Une seule réponse : une transition nationale et démocratique

Dans un contexte aussi délétère, nous ne pouvons que nous réjouir de tous les appels émanant de courants patriotiques et républicains et de personnalités de progrès qui invitent les citoyennes et les citoyens à la mobilisation pour une sortie de crise démocratique.

La mise en place d’une transition nationale, républicaine et démocratique est capitale pour faire face à l’étape cruciale que traverse le pays. Il n’est pas dans la nature des forces démocratiques de demeurer les bras ballants dans une situation aussi dangereuse. Il est évident que les propositions comme les démarches diffèrent d’un courant à l’autre. Cette abondance de points de vue n’est pas en soi une faiblesse. Elle peut devenir une force si nous démontrons à la société que nous sommes capables d’aller ensemble à la table des discussions, de nous inscrire dans une dynamique d’échange, de produire une stratégie commune et relever les défis qui s’imposent à nous. Les forces démocratiques soudées autour d’une stratégie républicaine et patriotique sont une alternative à l’Algérie. Elles sont l’unique alternative et la seule susceptible d’ancrer le pays dans une voie pacifique de développement et d’essor et ce, dans la perspective de l’Etat de droit.

Il n’y a pas de solution miracle pour sortir le pays d’une crise aussi gravissime. Aucun courant, aucun parti démocrate, aucune personnalité ne la possède. Les démocrates ne seront une alternative crédible que dans le mouvement vers l’alliance la plus large et la plus forte. Ce n’est qu’en fédérant nos forces que nous nous donnerons le bras de levier nécessaire pour gagner l’adhésion des citoyennes et des citoyens et que nous créerons la synergie suffisante pour féconder l’extraordinaire potentiel moderniste qui git dans le ventre de la société.

4. Une seule stratégie pour «La famille qui avance» : s’unir !

Il s’agit pour «la famille qui avance» comme l'avait dit le premier martyr de la République, Tahar Djaout, de forger les outils les mieux ajustés aux objectifs du combat et d’impulser une politique audacieuse qui sonne le glas d’un système obsolète.

Ce qui se passe aujourd’hui en Egypte interpelle directement l’Algérie, notamment ses forces patriotiques, républicaines et démocratiques. Encore une fois l’Histoire démontre que l’islamisme «modéré» est une duperie et une imposture et que sa pente naturelle est le totalitarisme.

Le bureau national du PLD se réjouit de la prise de conscience remarquable que manifeste la société civile démocrate égyptienne face au danger totalitaire de l’islamisme politique, se félicite de la dynamique unitaire initiée par les différents courants démocrates et rend hommage au sursaut républicain exemplaire de l’armée égyptienne.

La situation que nous vivons en Algérie est inédite pour notre peuple. Nos aînés ont dû tout inventer pour déchirer le voile de la nuit coloniale. Nous devons à notre tour tout imaginer et nous réinventer pour inscrire les mois à venir en lettres d’or dans l’Histoire du pays.

C’est pourquoi, le PLD lance une invitation officielle à tous les courants et personnalités démocrates à se retrouver avant la rentrée sociale prochaine dans son siège à Alger ou dans tout autre siège d’un courant démocrate en vue d’une première rencontre destinée à débattre des propositions potentielles de sortie de crise et à procéder éventuellement à une homogénéisation des opinions diverses en vue de dégager les premières prémisses d’une stratégie à construire ensemble dans les mois à venir.

Le Bureau National du PLD

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Commentaires (2) | Réagir ?

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Mohand Belkacemi

Je suis tout aussi interpellé par l'appel que vient de vous transmettre le PLD qui à juste titre soulève le problème d'une transition démocratique et que j'aimerais en plus pacifique (je sais que ce n'est qu'un simple oubli) ! Toutefois je tiens à m'inscrire complètement en porte-à-faux avec sa position vis à vis de l'Egypte ! (voire ma contribution au journal Le Matin : Indignez-vous ! Engagez-vous !) .

A mon humble avis, il ne faut surtout forcer le changement à chaud mais y procéder intelligemment en attendant une conjoncture propice qui ne saura tarder !

Attendre par exemple que le pouvoir actuel qui ne cesse de s'enfoncer dans ses luttes de clans fasse des erreurs d'appréciation telles que : nous balancer un candidat répondant aux exigences des clans, nous annoncer sereinement la date des présidentielles, bref nous informer de ses véritables intentions qu'il est aisé de décrypter etc...

L'histoire nous a toujours prévenu que forcer un processus ou aller en confrontations directes pour un changement ne travaille jamais les intérêts ni des démocrates ni du peuple en général !

En politique il y a des conjonctures qui forcent la fédération des énergies et qui permettent d'asseoir une conjecture fiable à la stabilité des équilibres pour une transition démocratiquement pacifique !

Je vous remercie pour votre appel ! C'est toujours un début !

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Massinissa Umerri

"... Le bureau national du PLD se réjouit de la prise de conscience remarquable que manifeste la société civile démocrate égyptienne face au danger totalitaire de l’islamisme politique, se félicite de la dynamique unitaire initiée par les différents courants démocrates et rend hommage au sursaut républicain exemplaire de l’armée égyptienne... "

Desole' d'apparaitre critique, mais j'espere que vous verrez aussi de la franchise.

Votre lecture de ce qui se passe en Egypte est erronnee. Les Egyptiens se dirigent droit vers le model Algerien actuel, c. a. d. le filtre militaire, des mauvais et moins mauvais. La DRS Egyptienne devient la reine, qui valide et invalide les elus - ou la democratie royale, quel concept!

On valide le cri des egyptiens pour plus de pain, inscrit avec celui de moins de democratie - Eventuellement, ce jeu de ZERO-SUM produira 100% pain et 0% democratie - solution vieillee comme le temps et qui a fait ses preuves en Pologne et partout en Amerique Latine, Euh? En Algerie aussi ! la methode kharou Boukharouba et les souk al fellah. Boumediene chassait les Islamistes comme des lapins... mais "les democrates" aussi... comme des sangliers !

L'Egypte se dirige vers le model Algerien tout simplement parce qu'ils sont bases sur les memes concepts jacobins avec une dose religieuse dans la pate ! - Ils sont les architectes de cette bananiere que vous naviguez, tout de meme. L'Algerie y est arrive'e avant grace au petrole. Le regime d'alger a tout simplement appele' le taxi, et vous y voila a attendre que la solution vienne d'egypte.

La liberation de Morsi pour finir son mandat et poser l'equation islamiste dans toute son empleur est necessaire, pour eviter la solution partielle. Son empechement pour du pain induit une fausse solution, c. a. d. unesolution economique a un probleme politique -

La population Egyptienne qui pose le probleme dans ses vraies variables, politiques et specifiquement la religion dans la constitution et l'etat, est minoritaire. Le regime militaire avec son action premptive ne fait que tromper les egyptiens en substituant les variables, et toute correction a ce moment precis, sera transformee par la masse elle-meme.

A la place de "religion ou pas religion dans la politique?" - c. a. d. islamistes ou pas dans la politique, la solution sera percue comme celle "armee ou pas d'armee dans la politique?"

La reponse est deja connue: Abat Morsi, vive l'armee !

Quelle cochonnerie, car il va leur falloir, dieu sait combien de temps, pour arriver peut-etre a la vraie question.

Le probleme du socialisme est pareil, il met en oppossition "letat et l'individu", c. a. d. le militaire ou le civile? or cette question est maintenant tranchee pour les algeriens.

La vraie question est la place de l'armee par rapport aux civiles - et le socialisme veut dire status quo, c. a. d. en latin cela veut dire "les choses telles qu'elles sont" - Vous nous presentez a votre tour un faux probleme. Vous transformez un probleme d'autorite' en probleme d'economie - or, l'Algerie n'a pas de probleme economique, mais de gestion.

A cause de son autorite', l'armee bloque cette notion d'economie de marche' et de competition loyale, dans laquelle, elle se retrouverait comme rien qu'un accessoire - car vu les moyens, les besoins et les ressourcesde la population, tout algerien a le potentiel d'un standing et une dynamique de vie de 1er ordre a l'echelle mondiale - et l'islamisme-meme sera naturellement abandonne'.

Helas cela ne sera pas le cas d'ici demain, car faut-il prouver l'islamisme de la drs est pire que celui des extremistes? Ceux-la ne sont pas tombe's du ciel apres tout, mais de la nationalisation de la religion, pour une population loin d'etre une nation.