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ALGÉRIE, LE RETOUR DU FIS : les déclarations Ali Belhadj commentées par le monde diplomatique
le 11 Février, 2008 16:39:00 | 7805 lecture(s) | Voir Réactions
Le Monde diplomatique commente l'entretien donné par Ali Belhadj,
l'ancien numéro 2 du Front islamique du salut (FIS), à Florence Beaugé pour le quotidien Le Monde du 9 février, « Il faut trouver, d'urgence, une solution politique en Algérie » (1).
Cet important entretien appelle quelques commentaires.
1. Le moment choisi pour sa publication est important, marqué par la marche vers un troisième mandat (ce qui nécessite une révision de la Constitution) du président Abdelaziz Bouteflika et la relance du terrorisme.
2. M. Ali Belhadj ne condamne ni les attentats, ni les kamikazes. Mais il se démarque d'Al-Qaida dont il dit qu'elle est née en 1998 alors que le FIS a été créé en 1989. Il critique les talibans et l'Arabie saoudite...
3. Il réfute la thèse du pouvoir (discours présidentiel de Batna en septembre 2007) selon laquelle le terrorisme est le fait de l'étranger (Al-Qaida). Il serait donc algérien...
4. Pour mettre fin au terrorisme, affirme-t-il, l'approche sécuritaire ne marche pas, il faut une solution politique. Le FIS, explique M. Belhadj, est toujours pour une République islamique, mais le pouvoir doit être choisi par le peuple, le multipartisme respecté, l'injustice sociale et les atteintes aux libertés combattues. « Les relations avec les pays étrangers doivent se faire sur la base d'intérêts réciproques, dans la transparence et le respect. »
5. M. Belhadj, pour y contribuer, affirme avoir fait des propositions à M. Bouteflika (il ne dit pas lesquelles), mais le président n'a pas répondu.
6. Il a proposé notamment la réunion d'un Congrès où tous les partis politiques algériens, dont le FIS, seraient représentés afin de relancer le dialogue politique entre Algériens.
7. A défaut, il propose que le président négocie avec cinq leaders politiques qualifiés de « démocrates » : M. Hocine Aït Ahmed (Front des forces socialistes) ; M. Ahmed Taleb-Ibrahimi, ancien ministre, dirigeant du parti Wafa non autorisé) ; M. Mouloud Hamrouche, un ancien premier ministre ; M. Abdelhamid Merhi, ancien secrétaire général du FLN, ancien ambassadeur à Paris ; M. Abdennour Ali Yahia, ex-président de la Ligue de défense des droits de l'homme, avocat.
On peut noter que ni le Rassemblement national démocratique (RND), ni le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), pas plus que les partis islamiques « légaux » (notamment le Mouvement de la société pour la paix, l'ancien Hamas) ne sont représentés dans cette « délégation ».
Une question se pose : les cinq personnalités démocrates ont-elles donné leur accord à la proposition de M. Belhadj ?
8. La base de l'accord est le refus de la révision de la Constitution par une « minorité dictatoriale » et donc le refus d'un troisième mandat pour M. Bouteflika
qui est cependant personnellement ménagé. M. Belhadj ne veut pas exclure l'hypothèse que le président ne se représente pas et il le distingue de « ceux qui dirigent le pays » et qui le « poussent » à un troisième mandat.
9. Paris est prié de se tenir à l'écart de la succession de M. Bouteflika. M. Belhadj fait allusion à une déclaration du président Nicolas Sarkozy (qui soutient l'interruption du processus électoral en 1992). Mais la « délégation » est composée d'une façon qui ne peut que plaire à Paris, trois de ses cinq membres ont un passé « francophile » et ont des appuis dans la capitale française.
10. Si on ne fait rien, explique M. Belhadj, la crise algérienne éclatera parce que le peuple ne supporte plus le « système » et « le petit groupe qui s'est accaparé toutes les richesses ». L'explosion « débordera » d'Algérie. La menace est claire, la France ne sera pas épargnée...
11. Quelle sera la réponse de M. Bouteflika ? Poursuivre et réformer la Constitution sans discuter avec la « délégation » ? C'est le plus probable. Mais il risque de se retrouver avec un candidat unique de l'opposition disposant d'un large soutien politique à l'intérieur et d'amitiés à l'extérieur.
12. Que vont faire la France et l'Europe ? M. Nicolas Sarkozy a peu de raisons de soutenir le président algérien qui s'est fait le champion du « french-bashing » (dénigrement de la France). Il peut, au minimum, lui compliquer la tâche sur la réforme constitutionnelle pour monnayer au prix fort son appui (au projet d'Union méditerranéenne, à un nouvel accord sur le gaz) ; il peut également soutenir un candidat choisi parmi les cinq : M. Taleb ou M. Hamrouche ?
13. Cet entretien marque un retour en force du FIS. Il utilise son « enfant terrible » pour contrer habilement le pouvoir et revenir dans le jeu. Marche-t-il sur les deux jambes (terrorisme et dialogue) ? Ou exploite-t-il une révolte qui se fait sans lui ? Dans ce dernier cas, rien n'assure que la « solution politique » fera rentrer le fleuve dans son lit et interrompra les actions terroristes.
14. La presse algérienne du samedi 9 février 2008 ne fait pas état des propos d'Ali Belhadj.
Jean-Pierre SÉRÉNI.
(1) « Il faut trouver, d'urgence, une solution politique
en Algérie », propos recueillis par Florence Beaugé,
Le Monde, 9 février 2008.
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Réactions (8 poste(s))
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Posté par nadir zerga, 15 Février, 2008 17:33:49Vous êtes à côté de plaque, les deux sont interdit de déclaration, le benhadj et le matin, juste pour savoir. Mais le behadj est incohérent dans ecs dires, elle a la mémoire courte de soutenir Hammrouche, je ne vous fait pas l'histoire. Ou pire encore El Ibrahimi, à l'origine du fondamental, n'est-ce pas? comment peut-on mettre une personne qui a mis à plat le système scolaire en Algérie. à la tête de notre chèr pays. Voyez d'autres, parce que comme boutef je ne vois pas, pire ou pas y'en a pas. Les autres cités, ils ont déjà trempé leur pain dans la soupe.
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Posté par nacer alali, 12 Février, 2008 15:20:13Encore une fois, on nous ressort l'ogre, pourtant intérdit, qui nous mangerait si nous nous voulions nous affranchir de nos "Maitres"! Encore une fois, on nous laisse le choix Royal: La caserne ou la caverne! Certes, la "populace" préférera, comme d'habitude, le sursis du maitre à l'exécution du bourreau. Comment peut-il en etre autrement: Assommée, affamée, apeurée, divisée, elle vous suivra meme en enfer! Profitez, profitez encore et encore; remplissez vos panses et vos poches, pillez les richesses du pays, vous ne serez jamais rassasiés! Mais, ne dit-on pas que tout a une fin ? Rappelez-vous l'URSS? La RDA... l'Histoire ne vous pardonnera pas. Dieu, non plus! Surtout pas au "Mounafek" qui croit, au crépuscule de sa vie, qu'avec la bénédiction des Zaouias et en construisant "sa" mosquée, avec l'argent du peuple, il se lavera de tous ses péchés, lointains et récents.
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Posté par wahab benidir, 12 Février, 2008 12:51:04Pour quelqu'un à qui la "justice" a interdit beaucoup de choses à sa sortie de prison, c'est fort et même trés fort, à moins que......... D'ailleurs cette "défiance" du pouvoir est typique de Mr BELHADJ et n'augure rien de bon pour la suite des évènements. Si le co-fondateur du FIS se permet de pareilles déclarations, c'est qu'il y a anguille sous roche, pour ne pas dire une autre sorte de GODZILLA qui commence à agiter sa tête avec la bénidiction de tel ou tel tenant du système ; la suite au prochain numèro.
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Posté par Omar Wardi, 12 Février, 2008 12:51:04Ce papier me rappelle une histoire ( a dormir debout) qui s'est déroulée à Mansourah dans la wilaya de B.B.A Il s'agit de quelqu'un qui a rendu l'ame la veille d'un Aid, sa femme affolée a du envoyer son grands des garçons avertir son oncle qui habite assez loin de chez eux. Arrivé sur place l'oncle n'a rien trouvé de mieux a faire que de donner un coup de pieds a son defunt frère en lui disant ceci: arrete de faire peur aux gosses! reveilles-toi et laisses passer l'aid ensuite tu meurts si tu veux. SIC...et c'est tout..
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Posté par a a, 12 Février, 2008 12:49:30"Le FIS a été enfanté par le FLN" ya 'til quelqu'un qui aurait au moins prix la peine d'expliquer cela à ce journaliste français. Ou bien le sait il et joue les ignorant. Cela ne m'étonnerai pas que boutef accepte dans quelque semaine cette délégation avec un autres nom bien sur, pour faire croire que c'est son idée. pour ce qui de Belhadje, il est vrai qu'il est interdit de média. mais tant qu'il ne discrédite pas le pouvoir en place je ne pense pas qu'il sera poursuivi. le pouvoir ne fait appel à la lois que quand elle est utile à ces intérêt et là c'est plutôt Belhadj qui est utile. les spécialiste de l'intrigue au pouvoir devrait ce convertir dans le cinémas il ferait fureur :-). d'ailleurs, les scénaristes ont eux une promo sur leurs droit d'auteur ces temps ci. quelqu'un devrait le leurs dire, je suis sur que ça les intéresserait.
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Posté par farouk bouguendoura, 12 Février, 2008 08:57:21ali belhadj parle de multipartisme ? mais ne disait il pas que LA DEMOCRATIE EST KOFR ( il le pense toujours d'aileurs ) autre chose QU'ATTEND LE PROCUREUR GENERAL POUR S'AUTOSAISIR ET METTRE EN EXAMEN CE GUS , il est bien spécifié que ce mec n'a pas le droit de faire des déclarations à la presse etc.... pour sa soi disant délagation elle regroupe les mecs de san egidio et surtout les 3 F ( ffs,fln et fis ) qui ont condamné l'arret du processus en 92 et quand à taleb et ali yahia ce sont des fissistes non déclarés. et voilà la boucle est bouclée nous voici revenus à 91 ; d'un coté le ggf massacré à guemmar et le gnome qui menace à alger.cela ne promet rien de bon.
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Posté par Dyhia Tadzayrit, 12 Février, 2008 08:56:36Ce genre d'article est la meilleure technique trouvé par les specialistes de l'intrigue au pouvoir pour nous dire ceci: "Acceptez de pérenniser notre système sinon on se cachera parmi les islamistes pour non seulement revenir au pouvoir mais aussi pour nous venger en instaurant un régime vraiment izzanique pour vous." Faqo. LE FIS ET LE POUVOIR C'EST LA MEME CHOSE. LE FIS A ETE CREE PAR LE POUVOIR POUR TERRORISER LE PEUPLE ET EMPECHER LE CHANGEMENT. ALORS ALLEZ AU DIABLE TOUS LES DEUX.
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Posté par abdallah lou, 12 Février, 2008 00:45:04Monsieur Séréni, je constate que tu ne connais celle-ci: Moussa Hadj, Hadj Moussa, ou est la difference ? Sérieusement, existe t-il vraiment de difference entre le FIS et son pére ? Ne sais tu pas, toi qui devait etre mieux informé que nous, que c'est le systeme qui a enfanté le FIS ? Mais on est pas dupes, on est pas en 91.

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