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Egypte : Est-ce la fin du régime Moubarak ? (2è partie)

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2è partie : Un futur détenu vous parle

Entretien avec le rédacteur en chef Ibrahim Eissa quatre jours avant un procès qui peut l'envoyer en prison pour sept ans.

« L'objectif de la campagne de répression menée contre la presse indépendante en Egypte est de réduire au silence les journaux d'opposition de façon à ce que le Président Moubarak transmette le pouvoir à son fils sans susciter aucune protestation, » estime-t-il.

« Le gouvernement égyptien a lancé une campagne de terreur sans précédent contre les professionnels des médias, afin de faire taire les opinions divergentes, » a confié à APN Ibrahim Eissa, rédacteur du quotidien Al-Doustour, après les condamnations à la prison ferme prononcées contre lui-même et six autres journalistes au cours des dernières semaines, en raison de leurs articles critiques sur le régime. « Au cours des 25 années du règne de Moubarak, seuls six journalistes ont été envoyés en prison. Au cours des deux dernières semaines, onze ont reçu des peines de prison ferme, » affirme Eissa.

Même si la pression gouvernementale sur les médias n'est pas un phénomène nouveau en Egypte, on déplore de sérieuses atteintes à la liberté d'expression ces dernières semaines. Cinq rédacteurs en chef et deux journalistes ont écopé de peines de prison ferme pour avoir publié des articles concernant la santé du Président Hosni Moubarak, et Eissa encourt également une peine de prison lors d'un procès reporté au 24 octobre.

Lors d'une audience le 13 septembre dernier, Eissa a déjà été condamné à un an derrière les barreaux pour diffamation, suite à la publication dans Al-Doustour d'une série d'articles critiquant le Président Moubarak, des membres du gouvernement ainsi que le fils du président. Avec cette nouvelle procédure, faisant suite aux articles du quotidien sur la santé du président Moubarak, Eissa encourt trois à sept ans de prison. Il sera jugé par le Haute Cour de la Sécurité de l'Etat le 24 octobre prochain pour avoir publié des articles « pouvant perturber l'ordre public et porter atteinte à l'intérêt public ».

« Je suis le premier journaliste à être jugé par une Cour de sûreté de l'Etat en Egypte. En imposant cette juridiction, les autorités souhaitent contourner la procédure normale pour aller plus vite. En outre, les décisions de la Cour de Sécurité ne sont pas susceptibles d'appel » a expliqué Eissa à APN. Le journal d'Eissa a déjà été interdit pendant cinq ans en raison de son ton critique.

Lorsqu'on l'interroge sur les raisons de cette répression sans merci des médias égyptiens, Eissa explique : « L'objectif est de réduire au silence les opinions critiques afin de pouvoir transférer le pouvoir du Président Moubarak à son fils sans protestations.
L'Egypte se trouve à un tournant. Les journalistes devraient manifester, faire grève et organiser des sit-ins pour dénoncer cette campagne terrifiante. Le sort de la profession en dépend » affirme Eissa.

Au cours des dix derniers jours passés, les journalistes suivants ont été condamnés à un ou deux ans de prison : Wael al-Abrashy de l'hebdomadaire Sawt al-Umma (un an), Adel Hammouda de l'hebdomadaire Al-Fajr (un an), Abdel Halim Kandil, ancien rédacteur de l'hebdomadaire Al-Karama (un an), ainsi que l'éditeur d'Anwar al-Hawari et les journsalistes Mahmud Ghallab et Amir Othman (deux ans) du journal al-Wafd.

Entretien accordé au Réseau de la presse arabe (http://www.arabpressnetwork.org)

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