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Egypte : Liberté de la presse en berne ; quatre ans de prison pour un blogueur et un an de travaux forcés pour quatre rédacteurs en chef

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Le rédacteur en chef de l’hebdomadaire indépendant Al-Doustour, Ibrahim Issa, condamné le 26 mars 2008 à six mois de prison par tribunal correctionnel de Boulak Abou El-Ela (Le Caire) pour “diffusion de fausses informations pouvant causer des troubles à l’ordre public et nuire à la réputation du pays”, qui faisait l’objet de huit autres plaintes, toutes invalidées par la justice, sera jugé demain 5 avril en appel, dans une autre affaire de diffamation opposant trois autres de ses rédacteurs en chef au Parti national démocratique (PND), le parti de Moubarek. Le 13 septembre 2007, le tribunal correctionnel d’Al-Agouza (Le Caire) avait condamné les rédacteurs en chef d’Al-Doustour, Ibrahim Issa, de l’hebdomadaire Al-Fagr, Adel Hammouda, du journal indépendant Saout Al-Oumma, Wael Al-Abrashi, et de l’hebdomadaire Karama, Abdel-Halim Qandil à un an de travaux forcés et 20 000 livres égyptiennes (2600 euros) d’amende pour “diffusion de fausses informations pouvant causer des troubles à l’ordre public et nuire à la réputation du pays”.
L’affaire Ibrahim Issa avait débuté le 5 septembre 2007 par une plainte déposée par un membre du Parti national démocratique (PND), concerne la publication d’articles faisant état de rumeurs sur la santé du président Hosni Moubarak.

Par ailleurs, alors que le Raïs prépare sa succession en la personne de son fils, la campagne de répression contre les médias bat son plein, frappant aussi bien la presse écrite que les nouveaux les sites web et les blogs. Ainsi, Abdel Kareem Nabil Suleiman (« Kareem Amer »), étudiant en droit, a été condamné le 22 fé-vrier 2007 à quatre ans de prison, dont trois pour avoir "incité à la haine de l’islam" et un pour "diffamation à l’égard du président de la République". Il est incarcéré à la prison de Borg El Arab, à 40km d’Alexandrie, où il est victime de mauvais traitements. Dans les lettres qu’il a fait parvenir à ses avocats, il a évo-qué son "enfermement en cellule d’isolement pendant dix jours" et des "tortures physiques, passées sous silence par le médecin de la prison qui a modifié son dossier médical". « Kareem Amer est un bouc émissaire. On a voulu que sa condamnation soit exemplaire. Depuis, plusieurs blogueurs ont été obligés de fermer leurs sites ou d’en reti-rer des commentaires. Des rumeurs ont même été lancées contre certains d’entre eux, les ac-cusant de s’être convertis au christianisme, d’être homosexuels ou criminels, pour pouvoir les arrêter et les détenir pendant presque deux mois parfois. (...) En Egypte, c’est en bloguant que les libertés s’acquièrent. Ce sont les blogueurs qui traitent des sujets tabous et qui diffusent des articles que nul autre média n’oserait diffuser" écrit un journaliste blogueur indépendant lui-même sous le coup d’un mandat d’arrêt suite à la publication, sur son blog, (http://misrdigital.blogspirit.com/) de photos prises lors d’une manifestation au printemps 2006, mon-trant deux policiers déchirer le drapeau égyptien. En janvier 2007, il avait fait partie de ceux qui avaient publié sur le Net des vidéos de policiers torturant des détenus. Ces images ont depuis servi de preuves aux autorités pour condamner l’un des agents à trois ans de prison.

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