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Troisième mandat : la presse se perd en conjectures
le 10 Mars, 2008 08:07:00 | 2764 lecture(s) | Voir Réactions
El-Watan vient ajouter à la perplexité générale : "On se rend compte finalement que tout n’est pas tranché en haut lieu ... En marquant soudainement le pas, ces « troupes » ont dû être rappelées à l’ordre en haut lieu. En attendant un contre-ordre, peut-être. " écrit le quotidien qui contredit ainsi d'autres confrères.
A une année de la présidentielle, les analystes de la presse ne savent où donner de la tête. Abdelaziz Bouteflika observe un silence et la machine propagandiste s'est tue. Cela veut-il signifier que le projet est gelé ? C'est ce que suggère le quotidien Liberté. « Du moment que la visibilité politique est proche du zéro, faut-il continuer à évoquer le troisième mandat de Bouteflika comme chose acquise ? » se demandait l’éditorialiste du quotidien qui va jusqu’à constater que « les candidats à cette fameuse présidentielle ne se sont prononcés que dans le fantasme de certains observateurs politiques, et la révision de la Constitution, à l’annonce récurrente, commence à ressembler à une arlésienne. »
Alors, projet gelé ? Pas du tout, semble rétorquer le quotidien l'Expression et le site « toutsurlalgerie.com ». L’expression croit savoir que Bouteflika veut recourir à la révision constitutionnelle par voie référendaire… Quant au site Web "toutsurlalgerie.com ». il apporte un démenti encore plus catégorique : « c’est désormais acquis : le président Abdelaziz Bouteflika va briguer un troisième mandat en 2009 » écrit TSA qui dit tenir cette information de « sources diplomatiques occidentales à Alger». « Le projet de révision de la Constitution devrait être officiellement annoncé en juillet prochain, ajoute TSA qui conclut par un chapitre sur les « discussions » autour du nom du futur vice-président de la République, qui sera aussi le successeur désigné de M. Bouteflika. " Et si tous ces appels hystériques et vaudevillesques à une « ouhda thalitha » n’étaient qu’une mise en scène destinée à amuser la galerie, avant que l’oracle ne soit rendu ?" s'interroge à son tour El-Watan qui remet les compteurs à zéro. "Pour farfelue qu’elle paraît, cette hypothèse n’en est pas moins envisageable. Quand on observe, régulièrement, la baisse brutale de leur entrain et le ton plutôt saccadé des clameurs du « public » acquis sans réserve à la révision constitutionnelle et son pendant le troisième mandat pour Bouteflika, on se rend compte finalement que tout n’est pas tranché en haut lieu."
Le journal qui ironise sur "la piteuse danse du ventre à laquelle se livrent, sans état d’âme, les zélateurs et autres thuriféraires de tout poil", fait remarquer que le président Bouteflika est sans doute conscient que ce n’est certainement pas en comptant sur le soutien du FLN de Belkhadem, de Bounedjma ou encore des élus de… Aïn Sefra et de cette mystérieuse académie de la société dite civile, qu’il va convaincre l’opinion publique nationale et internationale qu’il est à ce point irremplaçable…"
Le journaliste est sans appel : "Comment donc « vendre » aux partenaires de l’Algérie un troisième mandat alors que des pans entiers de la société s’enfoncent dans la précarité à cause, précisément, de ces hommes qui ont échoué dans leurs politiques ? Là est la question. Il va de soi que le silence pesant du Président sur ses intentions à une année de la présidentielle pourrait suggérer un ultime examen de conscience à la lumière de son bilan et de l’accueil réservé aux ballons sonde qu’il a lancés sur le terrain du soutien. Une année c’est en effet très court pour un Président qui doit faire une gymnastique constitutionnelle pour se mettre aux starting- blocks. A moins qu’il ne décide de foncer tête baissée et, quand il veut, se lancer à l’assaut d’un troisième mandat quel qu’en soit le prix. Auquel cas, ce serait un coup de force en bonne et due forme. Imprévisible, Bouteflika est également capable d’un coup de maître qui le ferait sortir par la grande porte comme l’a fait avant lui le président Zeroual. Et dans tous les cas de figure, en Algérie c’est désormais l’année du doute."
N.L.M.
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Réactions (4 poste(s))
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Posté par Fabrice Lind, 11 Mars, 2008 14:43:57Boutef n’est pas suicidaire Si vous souhaitez suivre les ballons de sonde que lancent occasionnellement la famille Boutef et les réponses du DRS, lisez attentivement quatre quotidiens (l'Expression, le Soir, Chourouk et Enahar). Par ce que nos journalistes travaillent rarement avec la documentation, ils écrivent une chose et son contraire en jurant que de toute façon le lecteur a la mémoire courte. Dans le dossier de la révision de la Constitution il y a une seule certitude. Le reste n'est que spéculation. La certitude est que Bouteflika a annoncé officiellement le 4 juillet 2006 du siège du MDN son intention d'amender la constitution par voie référendaire et souhaité qu'elle se fasse avant la fin de l'année (2006). Depuis ce jour il n’a pas jugé utile d'expliquer aux "citoyens" pourquoi son souhait ne s’est pas réalisé. Si on avait un Parlement solide et crédible (les députés du RCD n’en sont pas exempt du reproche), une presse responsable et libre, une vraie opposition, le président de la République aurait été contraint, depuis longtemps, à s’expliquer publiquement et sans détours sur son silence sur le sujet. Quant aux spéculations, ce sont surtout des questionnements légitimes : que veut Bouteflika ? Quelles est sa vision, en dehors de ce qu’il a déjà lâché dans son discours de juillet 2006, de l’Etat algérien ? Le manque de communication entre les différentes institutions du pays fait que les chefs ne communiquent qu’à travers de rumeurs, d’intermédiaires peu fiables ou d’attaques médiatiques. A mon avis ce que redoute le plus Bouteflika c’est de sortir par la petite porte : voire son projet de révision de la Constitution repoussé par le peuple. Car en s’enfermant dans l’exigence référendaire, rappelée en novembre 2007 à travers une interview accordée à l’agence de presse italienne ANSA -interrogé sur l’après 2009 il a répondu : (…) souligne, tout de même, mon attachement au respect, en toutes circonstances, de la souveraineté du peuple algérien et des modalités démocratiques par lesquelles elle doit s'exprimer)-, Bouteflika doute de celui qui a le pouvoir de contrôler une partie de l’Administration et donc des chiffres. Zerhouni dont le manque d’activité est légion, ne peut contrôler tous les walis et tous les chefs de dairas. Comment dans ce cas s’engager dans une voie qui risque de vous condamner aux yeux de l’opinion internationale (la seule que Boutef respecte) lors d’une année où Bouteflika rêve de décrocher le Nobel de la paix ? Tant que Boutef n’a pas trouvé une réponse à «la menace» du DRS et son double jeu, il s’abstiendra de se jeter dans la bataille. Le changement radical de la position de la marionnette attitrée du DRS, Ouyahia, sur le changement de la Constitution et le 3e mandat, n’a pas dissipé les doutes de Boutef, bien au contraire. Il se pourrait que l’équation se résume à ceci : le DRS avait évoqué avec Boutef au début de son premier mandat la constitution de 1999. Chaque partie avait sa propre conception de ce qui doit être perfectible. Boutef veut mourir président, les chefs du DRS voulaient mettre en place un mécanisme qui permettrait d’imposer un président sans subir de chantage. Ils appellent ça de la «stabilité». Il est clair que la demande d’introduction du poste de vice-président émane du DRS dont le chef est le dernier haut gradé en poste ayant participé au coup de force de janvier 1992 contre Chadli. Et Bouteflika n’a pas caché ses sentiments sur ce qui s’est passé en 1992, en admettant que c’était une première violence, justifiant implicitement la réaction des «militaires» du FIS. L’incompréhension est demeuré en l’état depuis presque 10 ans entre les deux partie. Boutef veut demeurer à son poste, le DRS veut introduire le poste de vice-président. Ce mach nul qui nécessite des prolongations pourrait se terminer par l’abandon de l’une des deux parties, ou par un compromis sous forme de changement de la durée du mandat et non le nombre. Dans ce cas Boutef serait maintenu en poste jusqu’à 2011, le temps que le DRS puisse préparer un remplaçant. Je ne crois pas qu’il puisse y avoir une troisième voie, on ne connait pas à Boutef le courage politique que les grands de ce monde usent et abusent pour imposer leur vision.
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Posté par said radjef, 10 Mars, 2008 22:58:35Plus on lit la presse de notre pays, plus on a l'impression d'etre en face de petits caniches. Mais A Gide ne disait-il pas qu'un seul passé ne peut proposer qu'un seul avenir. L'éléction de 2009 ne pose nullement les problemes auxquels esr confrontée aujourdhui le pays pas plus que elle n'éclaire le citoyen sur son avenir futur et immédiat.Au fait c'est un probleme de regime que notre illustre presse a hate d'évacuer de l'esprit des citoyens. Un regime dominé par les minorités qui ont servi avec zéle la colonisation et aujourdhui totalement coupées des preoccupations legitimes des populations. C'est un regime qui ne porte en lui aucune legitimité. Que L'Expression ou Liberté fassent des divérsions cela se comprend. Mais El Watan...Que soit reconduit pour un 3eme mandat ou qu'il renonce a se succeder aux plus hautes destinées du pays,qu'est ce qui va changer dans la vie des algeriennes et des algeriens si le regime qui a produit toutes les inégalités, toute l'impunité, toute la corruption et tous les dépassements que l'on connait est toujours en place? Le depart ou le maintien de Bouteflika tout seul, qu'il soit un imposteur ou un honnéte citoyen, n'éclaire en rien les algerins sur leur sort. Aussi,j'implore Mr Benchicou d'élever le débat à la hauteur des gens dont il a la precieuse éstime.
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Posté par Yusf Aqaciwali, 10 Mars, 2008 22:06:56C'est à croire que les préparateurs des mandats présidentiels aient besoin de s'embarrasser de quelque considération que ce soit pour faire ce qui leur conviendrait le mieux.Cependant que l'attention de Algérie est focalisée via les médias sur cette histoire dont la fin est connue depuis longtemps par les scénariste des l'ombre, c'est certainement une toute autre scène de la réalité qui se déroule sans que nous n'y prenions garde. Et cette réalité dont nos regards sont détournés, c'est précisément celle que nous malvivons chaque jour que le soleil fait, chaque jour que la nuit défait. Une bien amère et triste et déplorable réalité qui au lieu de leur exploser à la gueule, ils vont finir par en faire oublier l'existence et les douleurs comme on fait pour un mauvais abcès dont on espère qu'il crève tout seul au coucher ultime du malheureux. Les malheureux ne doivent pas se laisser berner.
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Posté par Mostfa Chergui, 10 Mars, 2008 13:51:23Troisième mandat : Impuissance et Ingérence Par Mostfa et Linda Chergui Lorsque la solution nationale, à une crise multiforme et durable, est entravée et empêchée d'éclore, à travers une alternance pacifique notamment, par les tenants d'un pouvoir illégitime, qui recourent à tous les artifices possibles et imaginables pour le conserver à des fins uniquement personnelles et égoïstes, la solution internationale devient la seule possible et s'impose d'elle même. Saddam aurait-il quitté le pouvoir s'il n'y avait pas eu l'intervention de la coalition internationale? Certainement pas, puisqu'à la veille même de cette intervention, il avait organisé une parodie d'élection présidentielle qu'il avait "gagnée" avec 100% de oui des suffrages exprimés. Ce sont des attitudes irresponsables, comme celles de ce genre de gouvernants auto-proclamés, qui entraînent, sous un pretexte ou un autre, des interventions étrangères aux conséquences catastrophiques pour "leurs" pays mais qui sont souvent applaudies par les peuples désabusés, qui, dans un acte de désespoir et d'aveuglement collectif, préfèrent la domination étrangère à la dictature féroce de leurs mauvais enfants. La théorie de la "colonisabilité" des pays mal gouvernés, développée par Malek Bennabi, dans les années 1940, est générale et permanente. Elle a été simplement remise à jour et complétée par celle des "Etats en faillite", incapables d'assurer la sécurité et l'intégrité physique et morale des populations qui subissent leur diktat, récemment élaborée par les Etats Unis et leur alliés occidentaux pour justifier leurs différentes interventions extérieures. A cause des multiples tares de ses dirigeants, l'Algérie est hélas rangée parmi ces Etats. Que ceux qui peuvent faire encore quelque chose pour notre pays à la dérive se réveillent donc et prennent leurs responsabilités historiques car Bouteflika, physiquement et moralement affaibli par la maladie et les "délices" du pouvoir, est frappé d'impuissance et ne peut absolument rien faire pour éviter la future "intervention étrangère", appelée de tous ses voeux par Saïd Saadi, annoncée par les Ambassadeurs américain et anglais et que la faiblesse, dans tous les domaines, de notre pays vermoulu par la bureaucratie et la corruption sauvages, justifie pleinement aux yeux des puissances occidentales voisines sérieusement préoccupées par les conséquences de cette vulnérabilté sur leur stabilité politique, économique et sociale. Le "Grand Malade" du Maghreb, dont dépend leur sécurité énergétique stratégique, leur fait vraiment peur. Il est temps de rassurer nos partenaires etrangers en leur expliquant que notre pays est effectivement malade mais de rien d'autre que de la mentalite archaique et de l'incompétence de ses dirigeants.. Les dirigeants immoraux et incapables n'ont pas le droit d'entraîner leurs pays dans leur déchéance.

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