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Turquie: le procès d'interdiction contre le parti au pouvoir est lancé
le 01 Avril, 2008 19:00:00 | 822 lecture(s) | Voir Réactions
La décision "ressemble à un poisson d'avril", titre un quotidien d'Istanbul. A l'unanimité, la Cour constitutionnelle turque a jugé recevable, le 31 mars, une demande d'interdiction du Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir. Un procureur accuse en effet l'AKP d'activités antilaïques. L'examen de la plainte pourrait prendre des mois. La nouvelle a fait chuter la Bourse d'Istanbul et suscité l'inquiétude de l'Union européenne. Soixante-et-onze responsables de l'AKP, dont le Premier ministre Erdogan et le président Gül, pourraient également être interdits d'activité politique pendant cinq ans.
La Cour constitutionnelle a donné suite lundi à une requête visant à obtenir l'interdiction du Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir, une procédure qui pourrait menacer la stabilité politique et les aspirations européennes de la Turquie.
La plus haute instance judiciaire du pays a jugé recevable le recours déposé le 14 mars par le procureur en chef de la Cour de cassation, Abdurrahman Yalçinkaya, qui estime que l'AKP, qui gouverne depuis 2002, menace les fondements laïques de la république turque.
Le vice-président de la Cour constitutionnelle Osman Paksüt a déclaré devant une myriade de caméras, au terme d'une réunion, que la décision avait été prise à l'unanimité des 11 juges. Une majorité des juges a par ailleurs décidé d'inclure dans le procès le chef de l'Etat Abdullah Gül, un ancien cadre de l'AKP, a dit M. Paksüt. Cette décision lance formellement le procès à l'encontre de l'AKP, créé en 2001 sur les cendres de partis islamistes dissous.
Dans son réquisitoire, le procureur a réclamé cinq années d'interdiction de politique à l'encontre de 71 responsables de l'AKP, dont M. Gül et le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Le parti réfute ces accusations et affirme que la plainte répond à des motivations politiques. L'AKP, qui a été confortablement réélu lors des dernières élections législatives en juillet 2007, affirme avoir rompu avec l'islam politique et se définit comme un parti "démocrate conservateur".
Les milieux pro-laïcité, très influents au sein de l'armée et de la magistrature, l'accusent néanmoins de vouloir islamiser la Turquie, officiellement à 99% musulmane mais au régime strictement laïc.
Le porte-parole du gouvernement, le vice-Premier ministre Cemil Cicek, a semblé minimiser la décision de la Cour constitutionnelle. "Nous nous soucions plutôt de questions comme les réformes, le développement économique et le processus d'adhésion à l'Union européenne", a-t-il dit à l'issue d'un conseil des ministres.
L'AKP dispose d'un délai d'un mois, extensible, pour présenter sa défense. Un verdict devrait prendre plusieurs mois.
M. Yalçinkaya accuse l'AKP d'être devenu un "foyer d'activités allant à l'encontre de la laïcité". Son initiative a alimenté les tensions entre les défenseurs de la laïcité et les partisans du gouvernement. Le procureur cite aussi dans son recours la récente libéralisation du voile islamique à l'Université, dont l'application est toujours suspendue à une décision de la justice.
Cette procédure insolite contre un parti au pouvoir en Turquie - même si une vingtaine de partis ont été interdits depuis les années 1960 - pourrait menacer la stabilité politique du pays et perturber ses négociations d'adhésion à l'UE, qui n'avancent qu'au ralenti depuis leur ouverture en octobre 2005.
La Commission européenne a appelé samedi par la voix de son commissaire européen à l'Elargissement Olli Rehn, la justice turque à prendre en compte "l'intérêt à long terme" du pays. Le cadre de ces négociations stipule qu'en cas de "violation grave des principes démocratiques" par la Turquie, "la Commission est obligée de regarder quelles ramifications cela pourrait avoir sur les négociations", a-t-il déclaré.
Pour éviter une interdiction, l'AKP, qui domine le Parlement turc, a préparé en catastrophe une révision constitutionnelle - qui n'a pas encore été présenté - qui rendrait plus difficile la fermeture de partis politiques.
"Un changement est devenu une nécessité", a affirmé lundi Nihat Ergün, vice-président du groupe parlementaire de l'AKP. Il a estimé que le système actuel de dissolution pouvait amener à l'arrêt des travaux législatifs, rappelant qu'un autre parti, le DTP pro-kurde (20 sièges sur 550), était également menacé de dissolution.
Par Burak AKINCI (AFP)
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Réactions (6 poste(s))
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Posté par tarek-amine, 08 Avril, 2008 19:02:08pour Mr Habib chabah :vous parlez seulement du rivage sud,pourquoi pas aussi pour un etat de l'est mediterraneen le plus theocratique,le plus extremiste et qui est gouverné par plusieurs partis ultra orthodoxes...que l'on sache que le mots "israel" est talmudique donc theocratique!
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Posté par Habib Chabah, 02 Avril, 2008 19:29:57M'enfinnnnnnn les frères, l'article ne peut pas être publié uniquement pour être vu sur le plan de la constitution turque, du Droit et de l'Islamisme chez les Turcs... Il faut comprendre autres choses...entre les lignes pardi. Par exemple, est ce que ce qui se passe au Nord de la Méditerranée peut se concrétiser au Sud de celle ci? Par exemple, imaginons (ce n'est qu'une hypothèse, en dehors de toute similitude réelle ou existante dans un pays arabo-africain...) une Honorable Cour Constitutionnelle au Sud de la Méditerranée qui recevrait (au conditionnel) une demande contre le Parti au pouvoir, que fera t elle? Imaginez par exemple qu’une Cour Constitutionnelle au sud de la Mer Méditerranée reçoive quelques demandes émanant de citoyens pour des de faits qui se sont déroulé, ou en cours, causées par le Parti au pouvoir ? Ca définit en fait la vraie frontière entre la signification des lots Lois et Droits. Au Nord de cette Mer, ils auraient une signification différente de celle que nous leur connaissons. Plus direct, je ne pense pas avoir le Droit de dire plus. M'enfinnnnnn, mon droit de dire ce que je dis dépend de ma situation par rapport à la flotte méditerranéenne....
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Posté par Hocine, 02 Avril, 2008 14:59:50Pourquoi vous ne dites pas aussi: Qu'être islamiste, c'est militer( au sens large du terme)pour l'instauration d'une théocratie fondée sur le Coran et la Sunna? Tous les islamistes du monde Arabo-musulman n'ont pourtant que cette idée en tête! La démocratie et le suffrage populaire ils n'en ont cure..
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Posté par Abdelkader DEHBI, 02 Avril, 2008 08:19:03Droit de Réponse à l'anonyme signant du pseudonyme "Hocine" Si être islamiste, c'est appartenir à l'Islam, la religion monothéiste et universelle par excellence, révélée par le Dieu Unique à travers le Saint Coran au Sceau des Prophêtes, Mohammad – sur Lui le salut –, dans la lignée des Grands Prophêtes de la Révélation.; Si être islamiste, c'est rejeter aussi bien l'imposture talmudique des Juifs et de leur mythe de "Ouzaï're fils de Dieu" que l'idolâtrie trinitaire chrétienne du "fils et du Saint Esprit"; Si être islamiste c'est de se revendiquer d'une grande Civilisation qui a brillé de tous ses feux pendant près de 8 siècles sur le monde (de 711 à 1492) et a contribué aux découvertes scientifiques les plus fondamentales de l'Histoire de l'Humanité, dans les mathématiques comme dans l'astronomie, la médecine, la chimie, et bien d'autres domaines encore; Si être islamiste, c'est de ne pas cesser de dénoncer les crimes de l'occupation sioniste en Palestine ou au Liban et les croisades permanentes de l'impérialisme occidental contre le monde Musulman. Si être islamiste, ce n'est pas critiquer pour critiquer mais c'est avoir plutôt le courage de dénoncer en permanence comme je le fais, et à découvert, sans me cacher lâchement derrière un pseudonyme, les régimes politiques illégitimes, félons et corrompus qui ont spolié la volonté populaire dans l'ensemble du monde arabo-musulman; Alors OUI, Mille fois OUI, je suis un ISLAMISTE, et fier de l'être.
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Posté par Hocine, 02 Avril, 2008 01:08:43Oui il faut proteger le suffrage universel contre la dranghetta des islamistes, fossoyeurs de la démocratie.La démocratie est Kofr a dit un jour un de leurs idéologues.Franchement,ca me fait bien marrer de voir les islamistes monter au créneau pour défendre la liberté et le suffrage universel...
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Posté par Abdelkader DEHBI, 01 Avril, 2008 23:36:37Si une "république de 11 juges" -qui plus est, manifestement manipulés par la camora ultra-laïque des généraux turcs, alors il faudra jeter à la poubelle le suffrage populaire....

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