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Temmar et Benachenhou, experts-liquidateurs de l'économie nationale
le 08 Octobre, 2007 01:53:00 | 5609 lecture(s) | Voir Réactions
Et dire qu’avec deux tels connaisseurs dans l’art de traire la vache Algérie, nous avons manqué de lait cet été !
Le premier se vante de privatiser 100 entreprises publiques par an, le second se réjouit que la privatisation du CPA se fasse aux conditions du repreneur. Hamid Temmar et Abdelatif Benachenhou n’ont qu’une religion : liquider ce qui reste de l’économie nationale. Ils n’ont qu’une obsession, qu’ils étalent d’ailleurs avec cynisme : tout brader avant fermeture définitive. Après son audition hier par le président de la République, Hamid Temmar, ministre-liquidateur, était tout fier d’annoncer à la presse que le rythme de privatisation des firmes publiques a été, entre 2005 et 2006, de 100 opérations par an ! Cette performance de brocanteur suffit à son bonheur et il s’en extasie avec force concepts savants dans un papotage pédant où il est, pêle-mêle, question de « nouvelle stratégie industrielle dans le cadre des changements sur l’espace économique », de « diagnostic de la structure industrielle nationale » et même de « croissance économique organisée et consolidée » ! C’est dire…
Dans ce registre du parfait camelot, Abdelatif Benachenhou, « meilleur économiste » d’Algérie, n’a rien à envier à son ancien homologue. Dans un article dans El-Watan, l’ancien ministre des Finances se réjouit publiquement de ce que la privatisation du CPA se fasse « enfin » dans l’intérêt du repreneur et que le dernier obstacle, la « circulaire Ouyahia », ait été abrogée. «Une très bonne nouvelle» s’extasie-t-il. Cette circulaire, rappelons-le, prise le 8 août 2004 par l’ancien chef de gouvernement, interdisait aux entreprises et institutions publiques de déposer leurs fonds dans les banques privées. « La privatisation du CPA était fortement hypothéquée par le maintien de la circulaire» nous explique doctement Benachenhou. Car enfin, pourquoi acheter une banque algérienne si on ne profite pas de la rente pétrolière, des fonds publics, de l’argent de l’Etat, de la mamelle du Trésor ? Et Benachenhou le dit tel quel : «le retrait de la décision favoriserait évidemment de meilleures offres pour le rachat du CPA dès lors qu’il a un effet sur le plan d’affaires du repreneur. Il conduirait à augmenter de manière significative les perspectives d’activité et de rentabilité du futur CPA». C’est déjà très clair, mais en bon avocat des repreneurs français du CPA, le professeur Benachenhou en rajoute une couche et vous répète que l’on ne « reprend CPA qu’avec la dot de l’Etat ». Ecoutons-le : «parce qu’il a dorénavant la certitude de garder la clientèle des entreprises publiques du CPA et qu’il peut en attirer d’autres, le futur repreneur ne peut qu’en tenir compte dans son plan industriel et dans son offre financière».
Oui, c’est à croire au mauvais sort : comment avec de tels expert dans l’art de traire la vache Algérie, avons-nous connu une pénurie de lait ?
Mohamed Benchicou
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Réactions (5 poste(s))
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Posté par Kacem Kafi, 16 Mai, 2008 23:14:39Deux ministres "coopérants" importés de je ne sais d'oú,qui n'ont et n'auront jamais, aucun sens de la patrie ou de l'interet national, il suffit de voir ou sont installés leurs familles, pour avoir une idée de leur attachement á ce pays. Un simple épicier saurait gerer l'économie avec un minimum de bon sens dont nos responsables sont totalement dénués.Avec un barril de petrole atteignant les 136 dollars, il est simplement criminel qu'un algerien n'arrive pas a se nourrir lui et les siens. Chez nous personne n'est responsable, personne n'est comptable, par contre tous, comme nous sommes, nous sommes coupables.Coupable,chacun de nous a son niveau, par le silence,la demisssion,la complaisance et l'inertie.
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Posté par rym imsat, 10 Octobre, 2007 11:53:57L'abrogation de la circulaire Ouyahia vise, entre autres objectifs, à orienter, vers le repreneur français du CPA, les ressources des entreprises publiques constituant le noyau dur de l'économie algérienne. Chacun sait qu'il s'agit essentiellement de Sonatrach, Sonelgaz, Naftal, Air Algérie. En définitive, c'est l'Etat algérien qui aura financé la privatisation du CPA. Et il l'aura fait à travers le draînage, vers un CPA détenu à 51% par une banque française, de ressources publiques considérables, mais aussi en refinançant en quelque sorte les créances douteuses. Il s'agit là de deux aspects qui nécessitent un débat approfondi car ils opacifient encore plus le processus de privatisation du CPA. Rym Imsat
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Posté par Omar cheriet, 08 Octobre, 2007 17:33:23Benchanehou meilleur economiste algérien, bien sur Why not? On a bien le meilleur Président. Benchanehou est connu pour bien autre chose : le Harcelement dans une grande institution...Mais passons ce nest pas grave le recyclage en Algérie fonctionne à merveille qui n est plus Ministre devient conseiller du Président....et ainsi de suite Quant à Temmar sacré Temmar Mr Modestie quand tu nous tiens... A vrai dire bien au dela des Hommes c est un systeme qui prend l'eau car meme avec une aisance financière ces sommités nous font connaitre des pénuries..... Hasta Siempre
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Posté par rym imsat, 08 Octobre, 2007 14:21:50Benachenhou a tout dit ou presque. Je dis presque parce qu'il a oublié l'essentiel, à savoir les 900 millions de dollars de créances douteuses du CPA. Ce n'est évidemment pas le repreneur français qui reprendra ces 900 millions de dollars puisque l'Etat algérien les a couverts via la dernière recapitalisation du CPA. En d'autres termes, le repreneur français a posé des conditions draconiennes au pouvoir algérien dans la négociation de la privatisation de la banque. Le repreneur a certes obtenu la suppression de la mesure Ouyahia dont personne ne dit qu'elle avait été décidée pour arrêter une fuite de capitaux qui, autrement se poursuivait à ciel ouvert; mais il a aussi obtenu que la question des créances douteuses soit définitivement prise en charge par l'Etat algérien, c'est-à-dire en définitive par le contribuable algérien ! Benachenhou fait l'impasse sur cet aspect pourtant important comme il ne dit rien du faramineux cadeau que les autorités vont faire au repreneur français du CPA: ce cadeau, c'est l'enveloppe CASH devises du CPA (3,5 milliards de dollars en 2007) appelée à dépasser les 5 milliards les trois prochaines années ! En résumé, nous allons offrir au repreneur français un potentiel mirobolant, à la fois financier et patrimonial, en contrepartie de rien ! Mobilisons-nous contre le bradage du CPA ! Rym Imsat
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Posté par Abdesselam Ali-Rachedi, 08 Octobre, 2007 13:10:44Loin de moi l'idée de prendre la défense de ces deux messieurs et encore moins du clan auquel ils appartiennent, mais plutôt que de s'attacher à des questions subjectives, allons au fond des choses. Y a-t-il une seule entreprise publique en Algérie ? Dans un pays où l'Etat lui-même est privatisé, tout ce qui appartient à l'Etat appartient de fait à ceux qui ont fait main basse sur l'Etat. Nous avons sans doute une administration (plutôt une bureaucratie) mais pas d'Etat au sens propre du terme. En Algérie, l'Etat c'est le pouvoir (le vrai, celui des décideurs de l'ombre). Il n'y a pas d'institutions, autres que de façade. Ce qu'on appelle abusivement "entreprises" publiques ne sont pas là pour créer des richesses mais servent uniquement à recycler la rente pétrolière et à alimenter les réseaux de corruption. Sauf de très rares exceptions, toutes ces entreprises sont déficitaires de manière structurelle. Elles auraient dû disparaître depuis longtemps, si on avait juste appliqué le code de commerce. Mais elles sont artificiellement maintenues en vie par les avances des banques publiques, avances qu'elles ne peuvent bien évidemment pas rembourser. Le Trésor public est donc obligé de racheter les créances des banques sur les entreprises, ce qui ne fait que gonfler la dette interne. Après plusieurs opérations d'assainissement substantielles depuis au moins le plan d'ajustement structurel, la situation demeure inchangée alors que la dette publique interne atteint la somme astronomique de 1800 milliards de dinars. Il est évident qu'une banque privée ne peut pas financer à perte une entreprise publique structurellement déficitaire et qu'elle n'obéira à aucune injonction du pouvoir politique. Plutôt que de suspecter le pouvoir de vouloir "brader" les entreprises publiques, il faut se poser la question de savoir si ce pouvoir a réellement la volonté de privatiser. Ma réponse est non ! Tout simplement parce que ces "entreprises" publiques lui sont nécessaires pour continuer à alimenter les circuits de corruption et accessoirement maintenir un semblant de paix sociale. Dans ces conditions, la "privatisation" nous paraît une ?uvre de salubrité publique. Mais c'est contraint et forcé par la pression internationale que le pouvoir a consenti à quelques opérations symboliques, pour se donner l'image d'un régime ouvert à l'économie de marché. Le scandale Khalifa est d'abord dû à l'existence de banques et institutions publiques soumises aux injonctions des décideurs de l'ombre. La situation aurait été totalement différente dans un environnement majoritairement privé. Quant à la fameuse circulaire, promulguée une fois le forfait largement consommé, en prétendant protéger les entreprises publiques, elle n'a servi qu'à blanchir les opérations douteuses antérieures à sa mise en ?uvre. On peut penser que, dans l'intérêt de l'Algérie, certaines entreprises ou banques, considérées comme stratégiques, devraient rester sous le contrôle de l'Etat, mais sous réserve que l'Etat redevienne l'Etat de tous les Algériens. Autrement dit, il faudrait d'abord nationaliser l'Etat pour que cette option ait un sens !

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