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Insécurité alimentaire : en Algérie aussi des gens ont faim de pain

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854 millions d'êtres humains, victimes d'une grave insécurité alimentaire, souffrent de malnutrition dans le monde, 600 000 de petits Algériens font aujourd’hui partie de ces victimes qui n’ont pas la ration alimentaire nécessaire à leurs besoins et sont classés dans la catégorie de la population des sous-alimentée : en Algérie aussi les gens ont faim. L'Agence des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), qui livre ces chiffres à l’occasion de la Journée mondiale de l'alimentation, et dont on connaît le souci de ne pas trop effrayer, voire de minimiser parfois les risques liés à certaines situations de dépendance, a quand même tiré la sonnette d’alarme sur les conséquence de la hausse actuelle des cours des céréales sur les populations des pays pauvres et importateurs de blé. La facture, annonce-t-elle, sera particulièrement lourde pour ces Etats, surtout s'ils ne sont pas producteurs de pétrole, les coûts du fret augmentant également.
L'impact de la hausse sera plus ou moins fort sur le pouvoir d'achat des consommateurs : dans les pays développés, les dépenses alimentaires représentent de 10 % à 20 % du budget des ménages, contre 60 % à 90 % dans les pays pauvres. Or, explique une économiste quand 90 % des dépenses vont à la nourriture, une augmentation de 20 % du prix des céréales est tout simplement dramatique. On l’aura compris : ce sont les plus pauvres qui seront les plus touchés, et particulièrement les populations urbaines, qui ne produisent pas de denrées.
Avant l'envolée du blé de ces deux derniers mois, la FAO estimait que la facture des importations alimentaires des pays les moins avancés et des pays à faible revenu et déficit alimentaire pourrait, en 2007, s'alourdir de 10 % sur un an, contre 2,3 % pour les pays développés. Dans ces pays, les céréales et l'huile végétale représentent les deux tiers des importations alimentaires. La FAO se disait frappée de l'inégalité de l'évolution, estimant que le panier alimentaire des importations allait augmenter de 90 % dans les PMA, contre 22 % pour les pays développés, entre 2000 et 2007.En octobre, elle a estimé que la seule facture des importations céréalières des pays les plus pauvres serait en hausse de 14 % en 2007-2008, par rapport au niveau déjà élevé de l'année précédente.

L’Algérie, un des plus gros importateur de blé dur au monde, totalement dépendant du marché alimentaire international, ne sera pas épargné par la « crise » céréalière mondiale, celle touchant le blé en particulier, provoquée par une série d’éléments, dont la spéculation. Malgré l’assurance affichée les pouvoirs publics, enivrés par la sécurité financière du pays dopée par la rente pétrolière, sur notre prétendue invulnérabilité, les méfaits de cette dépendance sont déjà visibles dans la société. En fait les conséquences de l’insécurité alimentaires sont manifestes dans les couches les plus démunies économiquement – les 600 000 enfants malnutris en témoignent. Même avec un prix soutenu par l’Etat, le pain, aliment de base de la moyenne des Algériens, est encore trop cher pour des milliers de familles.

Au vu des chiffres effarants de notre dépendance alimentaire, le nombre d’Algériens ne mangeant pas à leur faim risque lui aussi de grimper. Durant le premier semestre 2006, le pays a importé près de 1,8 milliards de dollars en produits alimentaires, soit une hausse de plus de 50% par rapport à la même période de l’année précédente. Nos besoins en blés dur et tendre s’élèvent à plus de 70 millions de quintaux et dans le meilleur des cas, notre agriculture ne produit que 40 à 50 millions de quintaux au cours des années fastes. Avec l’actuel envolée des prix du blé, l’ardoise ne cessera d’augmenter. Dans l’état d’abandon actuel de notre agriculture, cet assujettissement du marché international ne risque pas de diminuer. Si l’Etat cédait aux pressions des spéculateurs qui font le forcing pour casser le monopole stratégique de OAIC − alors que la plupart des économies de marché disposent de mécanismes de régulation étatiques − et de supprimer son soutien aux prix du pain, il est facile d’imaginer la catastrophe humanitaire qui s’en suivrait, et qui en paierait l’addition. En attendant, alors même que ce scénario catastrophe n'est qu'une hypothèse, la cohorte des affamés est une réalité qui ne cesse de grossir.

Meriem Benmehdi

 Postez un commentaire Réactions (5 poste(s))

  • Posté par Honte, 13 Avril, 2008 18:37:11
    - 600 000 enfants ont faim en Algérie. - 120 milliards qui dorment dans les coffres et 50 autres chez Uncle Bush. Cherchez l'erreur
  • Posté par ali mouhoub, 25 Novembre, 2007 00:06:07
    Et dire que l'algérie était le grenier à blé de l'europe! Ou sont passés les 5 millions d'héctolitres de vin exportés annuellement par l'algérie. Et les bordelaises d'huile d'olive remplacées aujourd'hui par un produit calamiteux, le pétrole! Soyons sérieux! ce n'est pas avec un état d'esprit qui prêche l'affairisme maffieux ou la vie faste de l'au delà que nous allons affronter la faim.Les grandes nations songent déjà à utiliser les céréales comme bio carburant pour leurs carrosses, ce qui nous fera peut être réflechir à utiliser notre pétrole dans l'invention de produits alimentaires synthétiques de substitution(juste pour rire) Un pays immense, un territoire de près de 1 million de km² labourable à souhait, un climat des plus envieux de la planète, mais hélas!la famine frappe déjà à notre porte. La petite barque des harragas ne peut contenir tout un peuple...
  • Posté par vérité, 20 Octobre, 2007 15:14:04
    Cher Monsieur ni votre protégé tortionnaire et dictateur Bouteflika, ni votre religion islamique n'ont été tolérant envers moi et envers le peuple algérien tout court. 200.000 victimes innocentes sacrifiées par Abassi, Belhadj, Lamari, Nezzar et compagnie et vous avez le culot de parler de tolérance? Un exemple qu'aucune autre religion au monde n'a médité heureusement car toutes les autres sont tolérantes.
  • Posté par Kamal Boutalbi, 19 Octobre, 2007 15:56:30
    De la tolérance mon Dieu,qu'on n'aime ou pas Boutef, aucun n'a le droit d'injurier une personne de cette manière,voleur,criminel,et j'en passe.Un peu de dignité à l'égard de tout le monde,qu'il soit président ou chômeur. Le civisme commence par celà.
  • Posté par vérité, 17 Octobre, 2007 22:39:18
    Rien n'est étonnant à partir du moment que les parrains issus de l'armée française ont décidé de placer le plus grand voleur algérien, pardon d'origine marocaine nommé Bouteflika, à la tête de notre pays.
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