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Comment va Bouteflika ?

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L’hebdomadaire Jeune Afrique s’est penché sur la santé du président Bouteflika. Un reportage dont voici des extraits.

Il ne fait peut-être pas de jogging quotidien, mais il accomplit toutes les obligations, jeûne ou prières, qu’impose le ramadan. Cela répond-il à votre question ? » s’impatiente l’un de ses proches.

L’agacement tourne parfois à la colère. Le 1er octobre, devant un aréopage d’opérateurs économiques réunis à la Chambre algérienne de commerce et d’industrie, le Premier ministre Abdelaziz Belkhadem a par exemple démenti avec véhémence les rumeurs récurrentes sur la maladie du président : « Ceux qui les entretiennent, a-t-il grondé, sont les mêmes que ceux qui, il y a quelques semaines, nous annonçaient une rentrée politique mouvementée, un front social embrasé et une économie paralysée. »

Reste qu’évoquer la maladie du président est quand même moins dangereux en Algérie qu’ailleurs en Afrique. On se souvient peut-être de Pius Njawé, ce journaliste camerounais traduit en justice et condamné, il y a quelques années, pour avoir fait état d’un malaise cardiaque du président Paul Biya. Tout récemment, un confrère égyptien a failli être traduit devant la Cour de sûreté de l’État pour avoir annoncé une brusque dégradation de l’état de santé du raïs. Il a finalement comparu devant une juridiction ordinaire (voir p. 45).

L’erreur de Mustapha

L’histoire du « mal mystérieux » censé ronger Bouteflika commence le 26 novembre 2005. Ce jour-là, il est prévu que le chef de l’État prononce, à 10 heures au Palais des nations (au Club des Pins), le discours inaugural d’une conférence de l’Union africaine des conseils économiques et sociaux. Las, au cours de la nuit précédente, il est saisi de violentes douleurs abdominales et vomit du sang en abondance. Dans son entourage, c’est la panique. Seul Mustapha, son frère, qui, il est vrai, est son médecin personnel, garde son calme. Connaissant les antécédents pathologiques d’Abdelaziz - une insuffisance rénale soignée aux États-Unis, par voie chirurgicale, au milieu des années 1980 -, il est convaincu que la crise est plus spectaculaire que réellement dangereuse, mais, par précaution, ordonne quand même son transfert à l’hôpital militaire d’Ain Naadja, dans la banlieue d’Alger.

Pendant le trajet, la situation empire brusquement : les vomissements redoublent, le président perd beaucoup de sang, sa tension artérielle s’effondre. Aveuglé par ses certitudes, Mustapha a-t-il commis une erreur de diagnostic ? Certains le lui reprocheront, par la suite… Le temps passe, le président continue de s’affaiblir. Comprenant qu’il ne maîtrise pas la situation, son frère s’affole à son tour et suggère un transfert dans un établissement étranger. Refus catégorique de l’intéressé : « Je m’en remets aux médecins algériens, aux équipements de nos hôpitaux. »

Le pire est désormais à craindre. Voyant qu’il ne parviendra pas à fléchir son entêté de frère, Mustapha trouve une astuce : passer le relais au Pr Messaoud Zitouni. « Il est plus compétent que moi », argue-t-il. Ce dernier, ancien ministre et éminent praticien, réussit à balayer les réticences de son prestigieux patient. Sollicitées, les autorités françaises donnent aussitôt leur accord. Entouré de Mustapha et de Zitouni, le malade est acheminé par hélicoptère sur la base aérienne de Boufarik, puis embarqué à bord d’un Falcon. Destination : Paris. Admis à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, il sera opéré le lendemain : ablation d’une grande partie de son estomac, gravement endommagé par l’ulcère.

« Phase terminale »

Comme souvent en ces circonstances, la communication officielle est catastrophique. Le 26 novembre, vers 17 heures, un communiqué diffusé par l’Algérie Presse Service annonce le transfert et précise que la vie du patient n’est pas en danger. Le lendemain, un bulletin de santé signé par le Pr Zitouni indique que l’opération a été un succès. Ensuite, plus rien. Logiquement, ce silence alimente les rumeurs les plus alarmistes. « Bouteflika agonise », annonce une radio périphérique parisienne. Ancien ministre français de la Coopération, le Pr Bernard Debré est quant à lui convaincu que le président algérien a développé un cancer - et le fait savoir. Certains journaux s’interrogent sur la dimension constitutionnelle du problème : un ulcère est-il assimilable à un empêchement d’exercer le pouvoir ? Mais la palme revient à un quotidien arabophone algérien, qui titre, froidement : « Phase terminale. »

L’hospitalisation se prolonge. Elle va durer trois semaines, finissant par donner quelque crédit aux propos de Bernard Debré et consorts. Quand il quitte enfin l’hôpital, le 18 décembre, le président s’installe dans un hôtel parisien. Les Algériens sont abreuvés d’informations contradictoires. La presse, algérienne ou étrangère, est convaincue que le pire est inéluctable. Les responsables algériens affectent un calme olympien. C’est sans doute ce décalage entre la version officielle (ulcère-opération-convalescence-retour aux affaires) et celles de certains médias qui continue d’entretenir, deux ans après, les spéculations souvent fantaisistes, parfois légitimes, sur l’état de santé d’un homme de 70 ans qui se trouve être le président de la République algérienne…

Celui-ci a beau multiplier les déplacements en province, les éprouvants bains de foule et les voyages officiels à l’étranger (il a participé à deux sommets de l’UA, à deux réunions du G8 et à une Assemblée générale de l’ONU), rien n’y fait : influencés par les journaux ou les rapports des chancelleries, ses interlocuteurs - parmi lesquels les Subsahariens Thabo Mbeki, Olusegun Obasanjo et Laurent Gbagbo - s’enquièrent presque immanquablement de sa santé. Bouteflika doit s’efforcer de les rassurer…

Rumeurs …

En Algérie aussi, le « mal mystérieux » n’en finit plus de rôder. Un exemple ? Le 6 août dernier, le président raccompagne à l’aéroport international d’Alger l’Iranien Mahmoud Ahmadinejad, à l’issue d’une visite de quarante-huit heures. Après quoi il décide de s’octroyer quelques jours de congés bien mérités. Une semaine plus tard, son absence alimente les spéculations les plus folles. « Bouteflika est en soins intensifs à Genève », jurent les uns. Sa résidence de Zeralda est désormais « mieux équipée que l’hôpital américain de Neuilly », croient savoir les autres. La présidence de la République s’étant abstenue d’apporter le moindre démenti à ces « informations », beaucoup ont fini par croire à une rechute. Il faudra attendre que, le 29 août, Bouteflika se rende au domicile du général-major Smaïn Lamari, l’ancien patron du contre-espionnage disparu la veille, pour que la rumeur s’apaise. Provisoirement.

Il est vrai aussi que, depuis son hospitalisation au Val-de-Grâce, le président n’a jamais évoqué publiquement ses problèmes de santé. Selon le témoignage de plusieurs personnalités qu’il a rencontrées au cours des derniers mois, il n’aborde le sujet qu’avec une extrême pudeur. « J’ai vu la mort de très près, a-t-il par exemple confié à un diplomate, mais, contrairement à ce qui se dit ici ou là, je n’ai pas de cancer. » À d’autres, comme le journaliste français Jean Daniel (voir J.A. n° 2436), ou, plus récemment, Steve Balmer, le PDG de Microsoft, il a avoué ressentir, de temps à autre, une grande fatigue. Quant à Nicolas Sarkozy, il a eu droit, en novembre 2006, à cette confidence rapportée par Yasmina Reza dans son dernier livre (L’Aube, le soir ou la nuit). « Monsieur le Président, on vous retrouve en pleine forme », se réjouit le chef de l’État français. Réponse de l’intéressé : « Oui, j’ai eu un accident mortel et je n’en ai aucune séquelle. Pour faire ce métier, il faut une santé de fer. » Ce genre de propos n’est jamais repris par les médias officiels.

Les interrogations périodiques sur la santé du président ne sont pas toutes malveillantes. Certaines sont même légitimes. Car s’il est admis que l’ablation de son ulcère hémorragique n’a pas provoqué de séquelles assez graves pour l’empêcher de gouverner, elle n’a pas été sans conséquence sur son agenda politique.

Les rapports de certaines chancelleries

Le 4 juillet 2005, Bouteflika avait ainsi annoncé son intention de réviser la Constitution afin de « l’adapter aux nouvelles réalités du pays ». Quelques jours plus tard, le FLN, dont il est président d’honneur, avait même présenté un projet dans lequel toute référence à la limitation du nombre des mandats présidentiels avait disparu. L’objectif était évidemment de lui permettre de briguer un troisième mandat en 2009. Après l’hospitalisation du président, la révision constitutionnelle a soudainement perdu tout caractère d’« urgence nationale » et a peu à peu disparu du discours officiel. Naturellement, certains en ont tiré la conclusion, un peu rapide, que, s’il renonce à réviser la Constitution, c’est qu’il est trop malade pour accomplir un nouveau mandat. D’où de nouvelles spéculations sur son « teint blafard », ses « difficultés de déplacement » ou « son cancer à la gorge qui l’empêche de faire de grands discours »… Ces expressions figurent, en toutes lettres, dans les rapports de certaines chancelleries.

La vérité est que, dans l’ensemble, Bouteflika a plutôt bien récupéré après son opération. Pourrait-il multiplier voyages et bains de foule s’il était agonisant ? Sa réaction après l’attentat-suicide dont il a été la cible, le 6 septembre à Batna, est symptomatique. Après avoir sillonné la ville pour rassurer la population et rendu visite aux familles des victimes, il a maintenu intégralement le programme de sa visite. « Pas question de laisser de vulgaires illuminés remettre en question notre programme de développement », a-t-il répondu, en substance, aux membres de sa délégation qui le pressaient de rentrer d’urgence à Alger. Il n’a regagné la capitale que deux jours plus tard, pour convoquer aussitôt une réunion du Conseil national de sécurité au cours de laquelle les généraux Gaid Salah et Mohamed Medienne, respectivement chef d’état-major et chef du Département recherche et sécurité (DRS), ont évoqué l’apparition du phénomène des kamikazes.

Le mois de ramadan n’est pas plus reposant. Outre l’épreuve représentée par le jeûne, Bouteflika reçoit tour à tour les membres de son gouvernement, la nuit, pour dresser avec eux le bilan de leur action. Selon le quotidien arabophone Chourouq (400 000 exemplaires), c’est lui-même qui dicte le communiqué publié à l’issue de chaque audience.

« C’est le moyen de rendre compte au peuple des résultats de sa gestion et de l’utilisation des deniers publics, raconte un ministre auditionné. Croyez-moi, l’exercice n’a rien d’évident. Le président connaît parfaitement les dossiers, s’intéresse au moindre détail et multiplie les recommandations. Sa forme physique est excellente compte tenu de son âge et de sa charge de travail. Après l’examen que je viens de passer, je puis vous assurer qu’il n’est pas le grand malade que l’on prétend ! »

Jeune Afrique

 Postez un commentaire Réactions (12 poste(s))

  • Posté par momoh, 05 Juillet, 2008 10:18:17
    Le roi est mort, vive le roi!!!
  • Posté par donald mickey, 26 Novembre, 2007 15:53:26
    Merci à Jeune Afrique de nous rassurer sur la santé du Président. Merci à Belkhadem de nous rassurer à l?instar du fameux Ahmed said Essahaf, ministre de l?information de l?Iraq,qui revenait chaque jour épater le monde entier par ses flashs d?information, révélant à la télé irakienne la vulnérabilité des puissants et l?invulnérabilité des supposés faibles.( in « la guerre des mots »).Merci à Cheb Mami de démentir des rumeurs. Je souhaite un prompt rétablissement et une longue vie à notre Président qui, comme Molière, n?aura pas à mourir dans une mise en scène orchestrée comme le fut celle de Houari Boumediene. Et surtout Merci à notre Président qui a le courage de s?adresser à nous par l?entremise de journaux étrangers. Il a bien compris que les médias algériens ne valaient rien. Merci.
  • Posté par brahim hannou, 23 Novembre, 2007 18:21:14
    malade ou pas je me moque un dictateur est un dictateur
  • Posté par nazim nazim, 22 Novembre, 2007 09:51:32
    s'il va mieux tant mieux pour lui, s'il est encore malade rebi ichafih ou ichafi tous les malades.
  • Posté par rachid kesri, 28 Octobre, 2007 13:30:32
    Article de commande sans grand interet. Jeune afrique est un vieux client de certains cercles pour donner échos au tout va bien sur le bateau.
  • Posté par Med Tahar HAMROUCHI, 27 Octobre, 2007 23:37:27
    Le journal Jeune Afrique est resté fidèle à ses traditions, comme Afrique Asie de l'époque ou les articles de Paul Balta dans le journal Le Monde d'antan...Des articles sur commande et pour faire sérieux des secrets de polichinelle.
  • Posté par khaledinfo, 27 Octobre, 2007 11:01:08
    Extrait de mon recueil à paraitre le mars signature djamel ghir hak Lettres au dictateur Extraits Contrebande Tu interdis mes livres qui empruntent en contrebande la route de la drogue la seule denrée que tu tolères Baptême A ta mort on baptisera de ton nom les toilettes publiques où les vieilles dames viendront déféquer ta tyrannie Le discours du faucon Tu t?es entouré de qamis (*) croyant échapper aux serres du faucon Dans cette terre dont tu as fait un désert tu ne trouveras nul canyon nul piton nulle dune pour te protéger (*) Ample et longue tunique blanche saoudienne dont s?habillent les islamo-intégristes du monde entier comme signe de reconnaissance Agacement Tu beugles à la télé comme les b?ufs sacrés mais ce n?est pas grave : nos enfants te prennent pour un dessin animé Irritation Lorsque tu discours tes mots ressemblent aux pets d?une vieille p.... Le clou rouillé Tu t?abrites derrière le clou que tu as planté dans la chair de mon peuple Cécité Tu prends ce pays pour un immense pot de chambre alors que c?est un vaste parterre de fleurs Nos morts? Nos morts gardent la bouche ouverte comme pour te décerner une dernière injure Rendez-vous Maître des armes et géographe des maquis je viendrais svelte et arrogant affronter tes molosses que tu nourris du souper des prolétaires Persévérance De ma plume rouge et franche j?épile les jours qui nous séparent de l?ouragan promis qui lavera la terre de ses bourreaux
  • Posté par vérité, 27 Octobre, 2007 11:00:31
    Il va bientôt se rendre certainement à l'hôpital du val de grâce pour se soigner et critiquer la France par la suite.Eux ils se soignent à l'étranger, ils scolarisent leurs enfants aux States, en Angleterre et ils n'arrêtent pas de nous raconter des carabistouilles comme quoi on a un système de santé et un système éducatif performant.Le jour où on arrêtera d'arabiser l'école, l'Algérie se portera mieux.Bouteflika est déjà un homme cliniquement mort car il est victime de son propre système de santé et éducatif.Qui sème le vent, récolte la tempête.
  • Posté par Ali BEN, 27 Octobre, 2007 11:00:31
    Qui sème le vent récolte la tempete!!! Ou, kama toudine, toudane!!!!!..........
  • Posté par Mouh Reda, 26 Octobre, 2007 18:25:50
    « Je m?en remets aux médecins algériens, aux équipements de nos hôpitaux. » A méditer !!!
  • Posté par Mouh Reda, 26 Octobre, 2007 18:25:50
    N'importe quel étudiant en médecine, pour autant qu'il ait accompli son module de gastro-entérologie, vous dira que contrairement à l'ulcère du duodénum, qui est pratiquement toujours bénin, l'ulcère de l'estomac est susceptible, sinon à coups surs, du moins dans l'immense majorité des cas, de dégénérer vers la malignité. La question qui se pose est, si le président souffrait vraiment d'un ulcère ou bien d'une complication de la polypose rénale dont il est atteint depuis son jeune âge ?
  • Posté par ali seboule, 26 Octobre, 2007 18:21:47
    de toute evidence,l'article est "soufflé" par un proche du premier cercle, comme en temoignent les petits détails; il s'agit , une fois de plus ,d"endormir" le peuple afin de poursuivre le pillage et la destruction (largement entamée) de la pauvre Algerie ou ce qu'il en reste.
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