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Au Maroc, l'augmentation du prix du pain provoque des manifestations
le 17 Octobre, 2007 20:11:00 | 2735 lecture(s) | Voir Réactions
Le ministère de l'agriculture se veut rassurant : le Maroc n'est pas à la veille de manquer de blé. Les stocks actuels permettent de couvrir les besoins des deux mois à venir et des achats passés sur le marché international devraient aider à franchir le début 2008. Le lancement d'autres appels d'offres, pour plusieurs millions de quintaux de blé tendre, est imminent...
"Le Maroc a rejoint l'Egypte et l'Irak comme gros acheteur de céréales", commente un intervenant du marché à terme européen (Euronext). La campagne céréalière 2006-2007, marquée par une sécheresse sans précédent au printemps, a été catastrophique dans le royaume. De 90 millions de quintaux en 2005-2006 (une année excellente), la production nationale de céréales est revenue à 20 millions. Celle de blé tendre a dégringolé encore plus.
Le recours au marché international, où les cours flambent, a des conséquences pour le consommateur marocain : le prix de la baguette de pain a augmenté de 25 % environ, fin septembre. "Le prix de la baguette ou d'un pain rond a augmenté deux fois depuis le mois de septembre, pour se stabiliser à 1,50 dirham (0,14 euro)", a déploré L'Opinion, journal du Parti de l'Istiqlal (PI, nationaliste), formation du nouveau premier ministre.
Les syndicats ont peu réagi à la hausse. L'Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM), confédération syndicale proche de l'Istiqlal, a averti que "l'atteinte au pouvoir d'achat est une atteinte réelle et préméditée à la paix sociale". Et le journal francophone des anciens communistes, Al Bayane, a invité les autorités à "veiller à ce que les prix des denrées alimentaires ne dépassent pas certaines lignes rouges".
L'ETAT A PRIS LA HAUSSE À SA CHARGE
L'avertissement n'a pas été suivi. Fin septembre, des heurts violents entre des policiers et des manifestants qui protestaient contre la hausse des prix des produits alimentaires à l'appel de l'Association marocaine de défense des droits humains (AMDH) se sont produits à Sefrou, ville située dans le centre du royaume. Une cinquantaine de blessés ont été dénombrés et des dizaines d'arrestations ont été opérées par les forces de l'ordre. Selon les témoins, les dégâts matériels ont été très importants.
Pour éviter que le mouvement de protestation ne s'élargisse à d'autres villes, comme ce fut le cas dans les années 1980, à l'époque d'Hassan II, le régime a préféré faire machine arrière. La hausse du prix du pain a été ramenée à son niveau antérieur. L'Etat, a décidé le roi actuel Mohammed VI, prendra à sa charge l'envolée des cours, que le consommateur n'entend pas supporter.
Jean-Pierre Tuquoi (le Monde)

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