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ANALYSE : La chute du dollar rogne nos réserves de change

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En ce mois de mars 2008, le cours du pétrole à plus de 100 dollars, plus de 1,50 dollar un euro soit une dépréciation du dollar de plus de 50% en l'espace de sept (07) années en référence à l'euro : quel est l'impact sur l'économie algérienne posant pour l'Algérie l'urgence d'une gestion active de ses réserves de change, si elle veut éviter qu'elles ne fondent comme une glace au soleil.

Quels sont les impacts économiques de la hausse du cours du pétrole ?
Comme tous les pays pétroliers et gaziers, l'impact le plus évident pour l'Algérie est une aisance financière inégalée due non à une bonne gouvernance interne mais à des facteurs exogènes, ayant cinq conséquences essentielles :

Premièrement, l'accroissement des réserves de change qui ont progressé fortement.plus de 110 milliards fin janvier 2008, dues au cours du brent.

Deuxième conséquence : cette aisance financière a permis les remboursements par anticipation de la dette extérieure. Car en 20 ans, (1986/2006), l'Algérie a payé 117,9 milliards de dollars dont près de 84 milliards de dollars de remboursement du principal et 34 milliards de dollars pour les intérêts.

Troisième conséquence : la réduction de la dette publique intérieure qui est passée de 1780 milliards de dinars fin 2006 à 1050 fin 2008 15% du PIB contre 32,6% fin 1999.

Quatrième conséquence : l'importance de l'excédent commercial et ce malgré que plus de 60% de nos importations se font en euros et plus de 98% de nos exportations en dollars. Dans ce cadre, il est utile de signaler qu'un baril de 90 dollars et des réserves de change de 110 milliards de dollars équivalent en termes de parité de pouvoir d'achat euros en ce mois de mars 2008 respectivement à moins de 50 et 55 milliards d'euros

Cinquième conséquence : l' accroissement en valeur monétaire du produit intérieur brut, en 2007 évaluée à 9374 milliards dont 4140 pour les hydrocarbures donc plus de 40% à prix courant soit 135 milliards de dollars US
Question 2.- Quel est l'impact sur la valeur réelle des réserves de change ?
Du fait de la faiblesse des capacités d'absorption et de cette aisance financière, l'Algérie selon le gouverneur de la banque d'Algérie lors de la réunion avec les DG des banques et des établissements financiers le 15 octobre 2007 a réalisé des placements à l'étranger ayant atteint en moyenne courant 2007 plus de 3600 milliards de dinars soit environ 51 milliards de dollars US ( rappelons selon l'Institut Paterson proche du département d' Etat US dans sa note de conjoncture 2007 donne le montant de 43 milliards de dollars US placés en bons de trésor américain , le restant étant placé dans des banques internationales bien cotées appelées AAA) .

Pour ces 43 milliards de dollars US, l'Algérie ne pouvant retirer son argent à court terme au risque de perdre le gain des intérêts ( minimum 5 années , ces placements étant garantis par l'Etat américain avec un taux fixe,bien que faible environ 5%). Tenant compte de la dépréciation du dollar, le montant en pouvoir d'achat euros de ces bons de trésor est de 22 milliards d'euros. En prenant en compte le taux d'inflation américain de 2,5% (taux d'intérêt net 2,5%) permettant une somme d'intérêt ne dépassant pas le 1 milliard de dollars, cela donne une dépréciation en termes de parité de pouvoir d'achat euros de 22 milliards moins 1 milliard, soit 21 milliards de dollars US (solde net). Pourtant, il serait intéressant de savoir si la dépréciation n'est pas plus importante par la prise en compte de la différence, c'est à dire 110 milliards de dollars moins les 51 milliards de dollars placés à l'étranger, soit 59 milliards de dollars restants en quelle monnaie qu'ils soient libellés.

Abderrahmane MEBTOUL, Expert international
http://www.lemaghrebdz.com/lire.php?id=9209

synthèse Le Matin

 Postez un commentaire Réactions (2 poste(s))

  • Posté par Mohand Mokher, 21 Mars, 2008 12:56:21
    Mr Mebtoul,avec justesse,analyse l'évolution des taux de change.Cet indicateur nécessaire pour gérer un bureau de change est insuffisant pour mener pour politique sécurisée de défense du patrimone financier public.Une lente et progressive détérioration frappe la valeur de toutes les monnaies fiduciaires par rapport à la valeur de l'or.Le marché,via les dérivés,les options,la titrisation des hypothéques,les sociétés de crédit s'est partiellement emparé du contrôle de la masse monétaire.La compétitivité entre monnaie cache en réalité un combat contre l'or. L'évolution du prix du métal précieux donne raison à Issac Newton qui préconiser d'assurer la crédibilité d'une monnaie en couvrant sa valeur à 50% ou 60% d'or. La gestion prudentielle passe par l'or en barre,limité le pompage du pétrole aux strictes intérêts du pays et assuré l'indépendance alimentaire.
  • Posté par Yusf Aqaciwali, 20 Mars, 2008 16:12:27
    En quoi cela pourrait-t-il vraiment faire plus de mal aux algériens, la baisse(ou la-bess) des réserves de change. Ils ont depuis longtemps appris à faire "sans". Cependant, le ministre du travail vient de présenter uns "stratégie" de lutte contre le chômage. Apparemment il s'agit vraiment de fournir ou du travail ou de l'emploi. Dans les deux cas ce serait profitable aux jeunes chômeurs auxquels il est proposé même des bourses de formation. Positif! Mais voilà que El Watan affirme qu'il n'est pas question d'allocation de chômage, cependant que Le Jour D'Algérie dit qu'elle serait allouée à tous les demandeurs d'emploi qui s'inscrirait aux agences d'emploi. Si cette alternative est prévue,on se demandera pourquoi une allocation-chômage s'il est question que le système pourvoie à l'emploi? Dans tous les cas, on se demandera combien tiendront les réserves de change, si à travers le dispositif il ne s'agissait que d'une institutionnalisation retorse du chômage pour ne pas avouer l'incapacité définitive à en venir à bout. Ou bien encore s'il ne s'agissait pas d'une autre fourberie pour canaliser l'argent du pétrole vers les Entreprise bénéficiaires de ces nouvelles mesures d'encouragement des recrutements (sic). Intox quand tu nous tiens.
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