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Al Qaïda veut s'étendre au Maghreb et vise le tourisme

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Battage médiatique, rançons et volonté de nuire au tourisme régional inspirent très probablement, de l'avis des experts, les islamistes d'Al Qaïda au Maghreb responsables de l'enlèvement de deux randonneurs autrichiens au Sahara.

Pour ce groupe basé en Algérie, ces enlèvements - les premiers depuis le ralliement au réseau d'Oussama ben Laden l'an dernier - apportent de la publicité alors qu'il est en quête de recrues jeunes et influençables.

L'ancien Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC, algérien) exigera probablement une somme élevée en échange de la libération de Wolfgang Ebner, conseiller fiscal de 51 ans, et de sa compagne Andrea Kloiber, 43 ans, qui selon les activistes ont été capturés le 22 février dans le Sud-Tunisien.

Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) s'intéresse toutefois surtout aux objectifs politiques, notamment visés en décembre lors d'un attentat contre des bureaux de l'Onu à Alger et début février dans l'attaque de l'ambassade d'Israël en Mauritanie.

"Deux otages, ça a un prix, mais je pense que ce qui est capital, c'est la démarche médiatique et politique", a estimé Louis Caprioli, ancien responsable français du contre-terrorisme, qui travaille désormais pour l'agence de conseil Geos, spécialisée dans les questions de sécurité.

"L'opinion publique internationale, bien sûr, est sensible lorsqu'il y a un attentat qui est commis à Alger contre l'Onu. Mais là, on est dans une autre approche. La gestion d'otages, c'est une démarche médiatique exceptionnelle pour les terroristes parce que pendant des jours et des jours, on va avoir des informations qui vont être diffusées par l'ensemble des médias", a-t-il déclaré à Reuters.

LE TOURISME VISÉ

Début 2003, l'AQMI avait enlevé 32 touristes européens dans le Sahara algérien, s'attirant ainsi une forte attention médiatique et peut-être une importante rançon.

Plusieurs des otages avaient été libérés par une opération des commandos algériens contre un refuge des activistes. Selon des médias allemands, Berlin avait payé environ cinq millions de dollars afin d'obtenir la libération des otages restants, presque tous allemands.

Le gouvernement allemand a refusé à plusieurs reprises de commenter ces affirmations.

Les enlèvements au Maghreb mettent à profit la difficulté pour les gouvernements locaux de contrôler les immenses étendues désertiques, parcourues par les Touaregs ainsi que par des trafiquants et des groupes rebelles séparatistes, a indiqué George Joffe, spécialiste du Maghreb à l'université de Cambridge.

"Leur but est de gagner de l'argent et de délivrer un message politique en affirmant qu'ils sont toujours sur le terrain et que les gouvernements perdent le contrôle de leurs territoires."

Dans un communiqué, Al Qaïda indique avoir déplacé les otages autrichiens en Algérie, mais selon un site internet algérien spécialisé dans les questions de sécurité, le couple se trouverait désormais au Mali.

Aucune de ces deux affirmations n'a pu être confirmée.

Le 24 décembre, quatre touristes français avaient été tués par des islamistes présumés dans le sud de la Mauritanie, entraînant pour la première fois l'annulation du rallye Lisbonne-Dakar.

Deux des principaux suspects dans cette attaque, tous deux Mauritaniens, ont été capturés par la suite en Guinée-Bissau.

Ces assassinats correspondaient à la stratégie revendiquée par Al Qaïda dans la région, où le groupe cherche à internationaliser un conflit né en Algérie dans les années 1990 et à nuire au tourisme, secteur économique vital en Tunisie, au Maroc et en Mauritanie.

Le gouvernement tunisien a assuré que les touristes n'étaient pas en danger sur son territoire. Des agences de voyage de Tunis, contactées par Reuters, ont indiqué que les réservations n'avaient pas été affectées par l'annonce du double enlèvement.

Gregory Schwartz (Le Point)

 Postez un commentaire Réactions (1 poste(s))

  • Posté par koceyla tarto, 12 Mars, 2008 22:10:10
    Ces terroristes quittent leur famille pour endeuiller d'autres n'est ce pas ? Pourquoi ne pas faire des pressions sur les familles de ces terroristes ? Ils doivent s'inquiéter de leur famille et leur rendre visite, non ? A mon avis c'est la plus efficace des solutions. Sinon subir indéfiniment la réconciliation.
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