Algérie, la fin de la diplomatie pétrolière !

Bouteflika
Bouteflika

Le Mali vient de demander officiellement l'intervention de l'ONU pour récupérer ses territoires du Nord, occupés par les hordes islamistes du Mujao, rattachés à l'AQMI et couverts par l'Algérie.

La France, via son président, vient d'apporter son soutien à toute intervention militaire au Mali. L'intervention étrangère, tant redoutée par les décideurs algériens, est aux portes d'Alger. Voici encore une gifle infligée aux autorités algériennes, à leur tête le putschiste Bouteflika. Décidément les oléoducs et gazoducs algériens qui approvisionnent l'Europe, et font taire les gouvernements européens, ne sont plus au secours du régime autoritaire algérien. La diplomatie algérienne, ayant comme principale tâche de blanchir la dictature d'Alger de ses exactions contre les peuples d'Algérie, de sa dilapidation des richesses du pays et et surtout de son illégitimité, est à bout de souffle.

Après avoir assassiné les opposants kabyles, déclaré la guerre aux Algériens, innocenté les gendarmes assassins des jeunes Kabyles et gracié les terroristes sanguinaires, emprisonné des journalistes et des militants indépendants, le régime de Bouteflika a soutenu les bouchers Kadhafi et Al Assad, a accueilli en grande pompe les islamistes du Mujao et de Ansar Eddine, afin de freiner le vaillant peuple touareg dans sa lutte légitime pour le recouvrement de sa souveraineté sur l'Azawad. 

Le pouvoir algérien vient, encore une fois, d'être renvoyé à sa véritable nature, un État voyou. Après la convocation par la justice suisse du général Khaled Nezzar, la Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a demandé une commission d'enquête sur les disparitions forcées, le Conseil de sécurité de l'ONU s'apprête à adopter une résolution permettant l'envoi de troupes au Mali pour chasser les terroristes, protégés d'Alger.

Lors de sa récente visite à Alger, Mme Navi Pillay a indiqué : "Le respect des droits d'association pacifique et de réunion pour les organisations de la société civile, les militants des droits de l'homme et les syndicats est une source de préoccupation. Il s'est peut-être même détérioré au cours de l'année écoulée, en raison d'une répression apparente des forces de sécurité et en partie aussi à cause des restrictions très critiquées contenues dans la nouvelle loi sur les associations adoptée au mois de décembre".

Les décideurs algériens devraient comprendre que la politique internationale ne fonctionne pas comme un service public en Algérie, gangrené par la corruption et les passe-droits. Il est temps pour qu'ils "se cassent" avant que les peuples d'Algérie ne les chassent. Les dernières incendies de brigades de gendarmerie, chassées en 2001 et qui tentent de se réimplanter, montrent le rejet total et catégorique des citoyens kabyles de la présence militariste algérienne dans la région.

Les peuples d'Algérie, que l'histoire a façonné, ne peuvent vivre pleinement et dignement sur ce territoire s'ils ne se constituent pas en entités politiques distinctes. L'Algérois, l'Oranais, les Chaouis, les Mozabites, les Touaregs et le Constantinois représentent des entités sociologiques distinctes que les pouvoirs algériens ne représentent nullement. Il est temps qu'ils s'affirment de manière autonome, à l'instar de la Kabylie qui a démontré son homogénéité culturelle et politique. Ce n'est qu'en admettant ces différences culturelle, sociologique et surtout politique qu'un éventuel pacte fédérateur autour d'une nouvelle configuration politique pourrait avoir le jour. Tout le reste n'est que manipulation et tentative de prolonger le statu-quo, un statu-quo favorable aux prédateurs occupant des postes de responsabilités, et leur clientèle, plus qu'aux populations qui souffrent au quotidien.

Loin d'être des séparatistes chauvinistes, ou des régionalistes xénophobes, les organisateurs de la révolution algérienne, en divisant le territoire algérien en six wilayas historiques, n'ont fait qu'adapter une réalité culturelle à un impératif politique et révolutionnaire. Le découpage a permis d'avoir une liberté d'action pour les régions et surtout une efficacité organisationnelle, c'est ce que exige la situation actuelle, une situation marquée par une dégénérescence sociale et une déperdition politique globale.

Le peuple kabyle, quant à lui, a déjà tracé son chemin, celui de la liberté et de la souveraineté. Ni les élections, auxquelles participent des "soi-disant opposants" motivés par la rente et les privilèges, ni la répression policière qui s'abat sur nos compatriotes kabyles, ni la politique de la Terre brulée pratiquée en Kabylie et encore moins le "plan pour l'unité nationale" de Sellal ne l'arrêteront. Depuis la nuit des temps, pour paraphraser Jean-Paul Sartre, nous sommes condamnés à être libres,. Par conséquent, ces autorités coloniales doivent quitter tôt ou tard, le territoire kabyle et laisser sa gouvernance à ses enfants. Aucune élection n'est bienvenue en Kabylie sauf celle de l'autodétermination du peuple kabyle.

Ahviv Mekdam

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Commentaires (1) | Réagir ?

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Wali Ould

Arrêter de publier n'importe quoi et surtout ne parle pas au nom des kabyles.