L'EDITO : Le démenti occidental

L'EDITO :  Le démenti occidental

Il faut prendre les déclarations crues de l’ambassadeur britannique à Alger pour ce qu’elles sont : un désaveu occidental du viol constitutionnel qui se prépare à Alger et, surtout, un démenti cinglant des mensonges du pouvoir algérien.

Le désaveu est dans les propos : «Le président Bouteflika ne doit pas renforcer sa personne en tant que président, mais plutôt l’institution présidentielle pour qu’elle soit plus représentative du peuple algérien et non pas de sa personne »

Le démenti, lui, est plus lourd : il est dans le sens des propos. Et il signifie ceci : contrairement à ce que prétend la propagande du FLN de Belkhadem et du clan présidentiel, le monde occidental, pas rassuré du tout, ne cautionne pas le troisième mandat de Bouteflika ! Et il ne le cautionne pas pour une raison principale : Abdelaziz Bouteflika n’est non seulement plus la bonne réponse à l’instabilité algérienne, mais il en est la plus dangereuse. Ce que Hendrew Henderson veut dire c’est que ce régime, dont on sait aujourd’hui qu’il est corrompu, grabataire et autiste, ce régime s’il se reconduit, sera lui-même le plus gros facteur d’instabilité et ce pour deux raisons : son incapacité et son rejet par la population.

L’incapacité dont parle l’ambassadeur est l’incapacité de ce pouvoir à résoudre les grands problèmes de l’Algérie et qui inquiètent l’Occident (terrorisme et risque d’explosion sociale). «Je me suis rendu compte que les gens sont plutôt confrontés aux problèmes de santé, d’éducation, de chômage et des prix du lait et de la pomme de terre. Une bonne partie de la société a perdu espoir». Traduisons : tout cela va générer de l’immigration clandestine vers l’Europe.

Le rejet ensuite : en se reconduisant, Bouteflika deviendrait un potentat à vie, un potentat de plus dans une région très instable et dont l’Europe mesure désormais – après l’avoir longtemps ignoré – les revendications de justice et de démocratie.

C’est ce que nous comprenons des propos suivants : «Le président Bouteflika ne doit pas renforcer sa personne en tant que président, mais plutôt l’institution présidentielle pour qu’elle soit plus représentative du peuple algérien et non pas de sa personne. » Mais c’est ce que nous comprenons surtout quand Hendrew Henderson note que «le processus politique est bloqué», et qu’il ajoute que cette situation «inquiète la communauté internationale»

Le Matin – Service « Politique »

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Commentaires (12) | Réagir ?

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zem zem

Ça me fait presque rire de lire ces commentaires qui entrevoient dans certaines déclarations diplomatiques un quelconque désaveu de l'Occident aux velléités monarchistes de Boutef. Ce dernier, avec la bénédiction de ceux qui l’ont fait roi, aura son 3e et 4e mandat sans que les capitales occidentales ne s’en ’offusquent. Paris, Washington et Londres continueront à fermer les yeux sur les pires violations des droits de l’homme et sur les plus spectaculaires des supercheries constitutionnelles en Algérie. Tant que les vannes du pétrole et du gaz sont bien ouvertes et surtout bien gardées par la mafia au pouvoir, personne en Occident ne se lamentera de la grave dérive en cours en Algérie

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nouh amri

vous n'aimez boutef, soit!

vous etes contre boutef, c'est bon!

mais a part cette guerre contre boutef, y'a t il des infos sur ce canard? a trop hair, semer le venin, qu'est ce qu'on va récolter à la fin?

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