Ouyahia traite le peuple d’intelligence avec l’étranger

Ahmed Ouyahia,perpétuel SG du RND et premier ministre intermittent
Ahmed Ouyahia,perpétuel SG du RND et premier ministre intermittent

Est-ce qu’un leader de grand parti politique ou un important commis de la République quand il s’adresse officiellement aux citoyens en public il sait qu’il y a quand même des gens plus sérieux que tout le reste du monde qui l’écoutent – sait-on jamais - parce qu’ils sont dans la merde jusque sous le menton ?

Ici le sujet cumule les deux rôles en question et ceux qui lui prêtent oreilles sont la majorité algérienne, grands et petits. Il s’agit de Ahmed Ouyahia, patron du RND et chef du gouvernement : "Certains, à l’intérieur, ont cru pouvoir récupérer les troubles de janvier 2011, alors que d’autres, à l’extérieur, espéraient régler leur compte avec cette Algérie qui, ayant retrouvé son indépendance financière, revendique désormais le droit de négocier les atouts de son marché prospère dans le cadre de partenariats mutuellement bénéfiques", dit-il dernièrement, en expliquant que les évènements de janvier 2011 étaient une double manipulation, nationale et étrangère. C’est quoi au juste ce langage perfide ?

Discours de la folie sur la raison

De quelle manière a-t-il imaginé qu’elle s’est produite au juste cette "manipulation" ? Comment les millions de sans espérances, sans voix dans l’indigence sociale et culturelle et sans vecteurs qui les relient à la monstruosité du discours politique, ont-ils réussi à sophistiquer des relais avec des négociateurs étrangers qui veulent démolir des "atouts" qu’il est seul à s’imaginer avec ses complices dans cette cinquième session de son comité central ?

Le "compte à régler" à l’Algérie c’est son staff et les hardes qui gravitent autour qui s’en chargent depuis le pervertissement du parti conçu et concrétisé par Abdelhak Benhamouda, qui me disait quelques semaines avant de tomber sous le forfait, "Ben M’hidi a fait descendre la révolution dans la rue, je compte la réinstaller dans la famille travailleuse quels que soient les partis pris" - je m’en voudrais pour le restant de ma vie de ne lui avoir pas avoué que c’était moi l’auteur du Biais de Abdenacer Birouni que je signais dans l’Indépendant et dont il ne ratait jamais une publication. Abdelhak n’avait même pas le temps d’aller voir un médecin pour que, ya el khaoua, il eût pu penser se faire soigner au frais de la princesse en Europe.

Autrement dit, selon le cynisme du parachuté à la Présidence par le hasard du service militaire - et donc désormais à la quille il se faisait l’interdiction de se penser comme simple citoyen – il est impensable qu’une communauté humaine qui se voit pourrir la vie par ses dirigeants ne peut pas avoir, nom de Dieu, ce réflexe de survie de sortir dans la rue crier au secours ?

Et il faudrait que son malheur coïncide avec l’intérêt de businessmen véreux internationaux pour pouvoir se manifester afin que les prédateurs du RND et de leurs correspondants dans l’Alliance présidentielle – actuellement à couteaux tirés entre elles pour un leadership dans la nouvelle formulation de draguage sur les décideurs à définir – la saisisse comme dindon de la farce. En ce sens que la tragédie nationale n’est jamais citée sans lui adjoindre une poétique basée sur une responsabilité ex nihilo. On ne peut pas parler de Jugurtha sans faire avancer un proconsul romain, d’Abdelkader sans invoquer un général d’une expédition coloniale, de Aïssat Idir et de son village de Djemâa Sarridj en Haute Kabylie sans rappeler des évangélistes qui rôdaient autour des descendants du royaume de Hand El Kadi et là aussi il faut parler de l’appel à l’aide des frères Barberousse pour contrer les Espagnols, et ainsi de suite, jusqu’au jour, au train où ces espèces comme Ouyahia ne se taisent pas, ne restent pas bien tranquilles et s’occuper gentiment chacun de sa famille, c’est toute la nation qui va sortir dans les villes et les campagnes pour courir après eux afin de les présenter devant les juges, chacun pour ce qu’il a fait ou pas fait.

Et puis écoutons aussi ce qu’ajoute le chef du gouvernement sur tout qui bouge en Algérie depuis la démission de Liamine Zeroual, pour raffiner la paranoïa : "Dans le monde politique on ne rejoint pas l’opposition dans les toutes dernières minutes du jeu." Dans l’histoire de la politique en tant que pratique sociale dans les compétitions légitimes pour les prises de pouvoirs déterminées, il n’a jamais été vu dans le monde un groupe à peine installé rafler la majorité dans quelque assemblée qui soit. Le RND l’a fait et les populations qui souffraient le martyre le savaient, aujourd’hui gratuitement réincriminées dans leurs plaies, elles n’ont pas oublié.

Nadir Bacha

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Commentaires (5) | Réagir ?

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Mohand ait mohand

Est-ce qu'un jour ce Monsieur pourra être jugé pour incompétence, ?

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Notproud

"Ouyahia traite le peuple d’intelligence avec l’étranger". C'est vraiment un schizophrène ; ça reflète bien son niveau intellectuel... Mais alors que propose ce Monsieur ? Je n'ai jamais voté pour ce type moi !! Qui a voté pour ce type ? D’où sort-il d’où vient-il ? C'est lui qui tracte avec l'étranger dans la luxure totale loin du peuple !!!.

La schizophrénie Monsieur Ouyahia se soigne de nos jours!! Allez rejoindre vos collègues voleurs dans les hôpitaux parisiens, rendez au peuple son pays, sa fierté sa dignité perdue

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