"Le dernier soir du dictateur" à l'ACB et à la Comédie des Trois-Bornes : Venez rencontrer l'auteur

"Le dernier soir du dictateur" à l'ACB et à la Comédie des Trois-Bornes : Venez rencontrer l'auteur

La pièce « Le dernier soir du dictateur » programée à l'ACB et à la Comédie des Trois Bornes, sera l'occasion de rencontres avec l'auteur, Mohamed Benchicou qui vous y attend.

Comment devient-on dictateur, assoiffé de pouvoir, accroché à son fauteuil, même malade, même agonisant, depuis Caligula jusqu'à Bouteflika ?

Oui, tu ne sais pas tout cela, toi… Tu ne sais pas ce qu’il y a d’irrésistible dans le pouvoir : la proximité de Dieu ! L’ivresse d’être aigle, sur le sommet d’une montagne, survolant l’humanité rampante ! La seule manière d’être vu et salué par le plus grand nombre ! Etre au dessus ! Régner par la seule violence ! La violence du mensonge ! La violence du sang !

Comment résister à devenir tyran ?

Et comment renoncer à le rester ?

Le dictateur devient alors le concurrent de Dieu :

Mon souci, ce n’était pas la vie de tes enfants, mais ma prochaine mort !

Oui, je m’étais promis de ne pas mourir !

J’ai tant cherché l’immortalité ! Avec mes amis, j’ai cherché l’immortalité !

Oui, je l’avoue, j’ai défié Dieu !

Il parle au ciel

Comment vivre sans vouloir la lune ?

Aurions-nous été puissants si l’on ne t’avait défié, Dieu ?

Aurions-nous été puissants si l’on ne pouvait rien sur l’œuvre de la création, sur l’impossible, sur l’inimaginable ?

Sur l’incroyable ?

Rien sur ce globe qu’on prétend dominer ?

Rien sur la nature… Rien sur l’ordre des jours…Je sais, brave homme, tu me crois fou !Mais quel mal y a-t-il à être fou pour un puissant ? Ne sais-tu pas, pauvre ignorant, que gouverner, ici-bas, ce n’est rien d’autre que permission donnée aux malades mentaux, aux mégalomanes, aux méchants, aux malhonnêtes gens d'aller jusqu'au bout de leur folie, de leur mégalomanie, de leur méchanceté, de leur malhonnêteté ? Qu’est ce que l’histoire si ce n’est un catalogue de nos folies princières ? Cette folie qui m’envoûta dès mes premiers boutons d’acné et que tu peux lire, aujourd’hui, sur chacune de mes rides…

Il se caresse le visage. Tourne dans la chambre

Je suis fou, oui je suis fou… Sache-le, fou comme les hommes que leur folie a éternisé ! Fou comme le furent les architectes du monde… …

Fou, fou, fou, je suis fou !

Il se met à danser sur la scène

Fou, fou, fou, je suis fou ! Fou de pouvoir ! Fou de puissance ! Fou comme tous les maîtres qui ont marqué ce monde ! Fou de cette folie qui a illuminé l’époque !

Nous sommes quelques-uns, maîtres de ce monde, à vouloir jouir de ce bonheur insensé : ne pas mourir !

Le dernier soir, il avoue sa faiblesse :

Oh, Dieu, qu’ai-je donc été pour les hommes ?

D’où ai-je puisé en moi la force de haïr ?

Comment savourer la vie quand on traîne l’obligation d’avoir un destin ?

Exempte-moi des avenirs divins, Seigneur !

Ou offre-moi un sort à ma mesure !

Mais à l’heure de la mort, il n’oublie pas de renouer avec le prestige de l’absurde. Il a moins peur de la mort que de l’amnésie des hommes. Son derniers reflexe est de rester …immortel dans leur mémoire

Quel souvenir garderont-ils de moi, Dieu, ces gens que je n’ai pas aimés, ces hommes que j’ai méprisés, ces hommes que j’ai soudoyés ?

Gravez mon nom dans vos fables ! Installez-moi parmi vos mythes !

Je fus le plus grand, ne l’oubliez pas ! Je fus votre guide ! Je fus votre soleil !

Inventez-moi une grandeur ! Fabulez sur mon œuvre !

Je vous ai toujours obligés sans rien vous devoir, mais aujourd’hui, j’ai besoin de votre mémoire.

Evoquez-moi dans vos contes ! Ne m’oubliez pas dans vos mensonges…

Rappelez-vous à jamais que je fus maître quand vous eûtes besoin d’un maître…

Je fus votre seule fenêtre sur la lumière ! Je fus Dieu… Ne l’oubliez jamais ! Je fus Dieu…

Je fus le plus grand, ne l’oubliez pas ! Je fus votre guide ! Je fus votre soleil ! Je fus votre seule fenêtre sur la lumière ! Rappelez-vous à jamais que je fus maître quand vous eûtes besoin d’un maître… Je fus Dieu… Ne l’oubliez jamais !

Je fus Dieu…

Dates et horaires des représentations :

Mercredi 25 octobre 19 heures à la salle de l'ACB - 37 Bis Rue des Maronites 75020 Paris - Réservations : 01 43 58 23 25

Jeudi 26 octobre 18 heures à la Comédie des Trois Bornes - 32 Rue des Trois Bornes 75011 Paris

Vendredi 27 octobre 17 heures à la Comédie des Trois Bornes - 32 Rue des Trois Bornes 75011 Paris

Samedi 28 octobre 15 heures à la salle de l'ACB - 37 Bis Rue des Maronites 75020 Paris - Réservations : 01 43 58 23 25

Mercredi 1er Novembre 18 heures à la Comédie des Trois Bornes - 32 Rue des Trois Bornes 75011 Paris

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Commentaires (1) | Réagir ?

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abdelkader heni

Il n'y a pas que Bouteflika qui est dictateur, tous les autres présidents de notre pays l'ont été, mais Mr Benchicou donne l'impression " d'adorer le "marocain" plus que les autres, il est devenu son éternelle obsession, il n'arrive plus à s'en passer.