Talaie El-Hourriyet dénonce le rejet massif de dossiers de ses candidats

Talaie El-Hourriyet dénonce le rejet massif de dossiers de ses candidats

Extraits du communiqué rendu public par le Bureau politique de Talaie El Hourriyet

(...) Après examen de la situation politique, économique et sociale du pays, le Bureau politique a ,de nouveau, constaté avec inquiétude la gravité de la crise globale résultant de l'impasse politique, que nourrit la vacance du pouvoir au Sommet de l’Etat, de la détérioration de la situation économique et financière en l’absence d’une stratégie cohérente pour faire face à la chute drastique de la rente des hydrocarbures, des retombées sociales des incohérences des démarches économiques et sociales des gouvernements qui se sont succédés ces trois dernières années.

1-Au plan politique, le Bureau politique a pris note de la multiplicité des initiatives, présentées par des acteurs politiques, allant dans le sens de la recherche d’une sortie à l’impasse politique actuelle. Il considère que chacune de ces initiatives a ses propres mérites et salue toutes celles qui apportent une pierre au jalonnement du chemin devant conduire à une solution politique consensuelle de la crise dans laquelle le régime en place a plongé notre pays.

Il note avec préoccupation la multiplication des atteintes aux libertés et droits fondamentaux de toutes les catégories sociales qui touchent notamment des jeunes, des chômeurs, des blogueurs, des syndicalistes, des journalistes, universitaires, et chercheurs et les mesures d’intimidation qui visent celles et ceux qui développent des points de vue différents du "politiquement correct" que le pouvoir en place a la prétention d’imposer à l’opposition, aux médias indépendants et aux acteurs de la Société civile, sur les questions qui engagent le présent et l’avenir du pays.

Le Bureau politique relève l’ambigüité du pouvoir politique en place qui, d’un côté appelle l’opposition au dialogue dont il prétend définir lui-même l’objet, le cadre et la forme ,et en tirer lui-même les conclusions, et de l’autre persiste dans une attitude méprisante à l’égard de celle-ci.

2- Au plan économique, le Bureau politique note que la situation économique a atteint un degré de gravité sans précédent et que le Plan d’action du nouveau gouvernement n’est nullement porteur d’une stratégie crédible pour arrêter la détérioration de l’économie nationale et engager celle-ci sur la voie d’une véritable diversification. Le gouvernement persiste dans son attitude tendant à réduire la crise à sa dimension financière alors qu’elle est fondamentalement politique et requiert une solution politique.

Le Bureau politique constate que le gouvernement a adopté une démarche de fuite en avant en décidant de recourir à la planche à billets, qui risque de compliquer davantage les problèmes dans lesquels se débat l’économie nationale. Le recours à cette solution de facilité, adoptée avec la complicité d’un Parlement illégitime, non représentatif, est un pari hautement risqué, hasardeux et dangereux, sur la stabilité et la sécurité du pays.

Il regrette que persistant dans son attitude autiste, le gouvernement a fait fi des mises en garde des experts quant aux risques d’un tel choix générateur potentiel de l’hyperinflation, de la hausse du chômage et de la pauvreté, de la fonte des réserves de change et d’une accélération de la dévaluation de la monnaie nationale.

Le Bureau politique constate avec inquiétude :

- que la Banque d’Algérie perd son autonomie, un des acquis des réformes engagées durant les années 90,

- que la loi amendée sur la monnaie et le crédit, adoptée par le parlement, fait l’impasse sur le montant des fonds qui seront mobilisés par le mécanisme du financement non conventionnel et donne un « blanc seing » au gouvernement, à cet égard,

- qu’elle ne précise pas les modalités de remboursement de la Banque d’Algérie par le Trésor et surtout à quelle échéance,

- qu’elle ne prévoit pas de mécanisme réellement indépendant, pour suppléer l’absence de contre-pouvoirs institutionnels ni de mesures de protection, qui accompagnent la création monétaire sans contrepartie productive, pour éviter les dérapages, se limitant à l’annonce de la création d’«un mécanisme de suivi par le Trésor et la Banque d’Algérie, défini par voie réglementaire».

Le Bureau politique constate que cette démarche a déjà fait l’objet d’anticipation, avec une flambée des prix des produits agricoles et industriels importés mais, également, ceux des produits nationaux et une chute brutale de la valeur du dinar.

Il est convaincu qu’entre un recours à un endettement extérieur massif et un recours sans limite à la planche à billets, d’autres choix existent, que le gouvernement a contournés, faute de légitimité, de soutien populaire, de volonté et de courage politiques, ayant comme arrière-pensée l’échéance 2019. Il s’agit entre autres, de mobiliser les ressources du secteur de l’informel, de juguler l’évasion fiscale, de recouvrir les crédits bancaires considérables accordés à des « privés », d’entreprendre des réformes structurelles indispensables et urgentes, d’assainir l’environnement des affaires pour mobiliser l’investissement national et étranger, de mettre en place une stratégie intelligente pour la mobilisation de ressources extérieures à des conditions favorables destinés à des secteurs productifs créateurs de richesses ,tant que notre pays reste solvable du fait du bas niveau d’endettement et de la consistance des réserves de change. Il y a également la réduction du train de vie de l’Etat sur laquelle le gouvernement fait l’impasse et la rationalisation du système des subventions pour qu’il profite à ceux qui en ont besoin, renvoyé à plus tard, pour préserver « la paix sociale » et passer le cap de 2018-2019.

Le Bureau politique est plus que jamais convaincu de l’urgence d’un véritable débat politique et économique national inclusif , pour dégager un consensus politique afin de faire face, par une large mobilisation des forces vives de la nation, à cette crise qui au-delà de ses caractéristiques comptables et budgétaires, a des retombées qui risquent de saper la sécurité et la stabilité du pays et la cohésion de la Nation.

3- Au plan social, le Bureau politique appréhende les retombées des choix économiques et financiers du gouvernement sur les couches vulnérables de la population mais également sur les catégories des classes moyennes entrainant l’érosion du pouvoir d’achat des ménages, ouvrant la voie à des mouvements légitimes de contestation sociale porteurs d’instabilité.

Il exprime son inquiétude face à l’ampleur que prend le phénomène de l’émigration clandestine de familles entières qui tentent de quitter le pays pour rejoindre d’autres rives, au péril de leurs vies, et déplore le peu d’attention accordée par les autorités à ce phénomène si ce n’est une approche répressive qui a montré ses limites.

Le bureau politique constate avec inquiétude les conditions difficiles dans lesquelles s’est effectuée la rentrée scolaire notamment le manque d’infrastructures, de personnels d’encadrement et d’enseignants, les problèmes rencontrés dans la distribution du livre scolaire, la fermeture de nombreuses cantines scolaires, les querelles idéologiques et religieuses qui prennent l’école en otage, et souligne l’urgence d’un débat national inclusif pour une réforme consensuelle de l’école algérienne et la mobilisation de moyens adéquats pour ce secteur hautement stratégique pour la formation du citoyen de demain .

B- Dans le cadre de l’évaluation de la participation de notre parti aux prochaines élections locales programmées pour le 23 novembre prochain, le Bureau politique a constaté que la fraude s’est déjà manifestée à l’encontre de notre Parti durant la phase de la collecte des parrainages et de la présentation des listes de candidats, alors même que l’opération de vote n’a pas commencé. Le rejet massif de dossiers de candidatures de notre Parti pour des motifs «fallacieux», rejets souvent confirmés par les juridictions de recours "aux ordres", les intimidations des citoyens pour les dissuader d’accorder leur parrainage à ces listes, les abus de pouvoir et l’arbitraire ont constitué une barrière administrative quasiment infranchissable dans la plupart des wilayate du pays.

L’Administration qui devait se contenter de vérifier si les candidats remplissaient les conditions exigées par la loi électorale a dépassé ses prérogatives.

Le Bureau politique dénonce et condamne avec vigueur l’attitude adoptée par ceux-là mêmes qui étaient chargés de donner un minimum de crédibilité à cette opération par leur neutralité et leur impartialité et ont finalement obéit aux instructions non écrites pour bloquer les listes de Talaie El Hourriyet.

Le bureau politique est malheureusement conforté dans sa conviction, maintes fois exprimée, que le pouvoir en place persiste dans ses pratiques frauduleuses pour assurer sa survie, qu’il n’est pas disposé à rendre la parole au peuple souverain en organisant des élections propres et loyales et que le prochain scrutin, comme les précédents, portera les marques de la fraude électorale.

C- Le Bureau Politique a, enfin, adopté les grands axes de la stratégie du Parti pour la campagne électorale. Le Président du parti Ali Benflis a adressé un appel aux cadres et militants du parti pour se mobiliser et saisir l’occasion de la campagne électorale pour sensibiliser le citoyen sur le fait que la crise multidimensionnelle que traverse notre pays est d’essence politique et sa solution est politique et faire connaitre les vues du parti autant sur les grandes problématiques nationales que sur la gouvernance et le développement locaux et sa proposition de sortie de crise à travers une démarche pacifique, négociée, consensuelle et graduelle.

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Commentaires (1) | Réagir ?

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Aghioul Aghyoul

Les diables d'hier sont devenus des anges grâce à l'amnésie du peuple. Il n'est pas difficile de se rappeler quand cette imposture a participé à la fraude électorale massive ayant conduit le dictateur Bouteflika au pouvoir.