Un ancien chef de sûreté condamné à six mois de prison par le tribunal de Sougueur

Un ancien chef de sûreté condamné à six mois de prison par le tribunal de Sougueur

L'ex-chef de sûreté de daïra de Ksar Chellala condamné à six mois de prison avec sursis pour avoir agressé un militant des droits de l'homme.

En effet, l'ex-chef de sûreté de daïra de Ksar Chellala (commissaire divisionnaire) qui répond aux initiales T. M, a été condamné, mercredi 11 octobre, à six mois de prison avec sursis ainsi qu'une amende de 20000 dinars, par le tribunal correctionnel de Sougueur (wilaya de Tiaret) pour avoir agressé physiquement et verbalement le président de la section locale de la Ligue algérienne pour la Défense des Droits de l'Homme LADDH, Ahmed Manseri, lors d'une audition au siège de la sûreté de daïra de Ksar Chellala, a-t-on appris en exclusivité de l'avocat de la victime Me Salah Dabouz.

L'affaire remonte à mai 2016, en plein mois de Ramadan, la victime a été convoquée pour audition suite à une plainte introduite par deux militants, une des ailes dissidentes, se disant floués après avoir vu apposer leurs noms dans un procès-verbal à leur insu.

Une fois à l'intérieur du commissariat, Ahmed Manseri est entouré de policiers qui le somment de se lever, avant de lui prendre les bras pour le menotté à la cage d'escaliers debout.

Rien n'a pu calmer l’impulsion inexplicable de la colère du commissaire qui n’a pas hésité à le rouer de coups jusqu’à ce qu’il perde connaissance.

La victime a eu le cou et les deux bras blessés, ensuite elle a été transportée dans un véhicule de service, puis abandonnée à la sortie de la ville de Ksar Chellala dans un état d'épuisement total, à quelques minutes de la rupture de jeûne, raconte la victime.

Ahmed Manseri s’est vu prescrire une incapacité totale de travail de six jours par la médecine légale.

Cette affaire qui porte le sceau de la violence subie dans l'enceinte du commissariat a été largement diffusée sur des réseaux sociaux et dans les médias électroniques, qui avait suscité l’émoi.

Une plainte a été déposée contre le commissaire. Une enquête a été déclenchée qui a nécessité plusieurs mois d´enquête.

En plein audience, l'accusé avait déclaré qu'il était de son devoir de connaître tout sur Ahmed Manseri et qu'il avait même collecté des informations sur l'avocat Salah Dabouz qui a visité, pour des raisons professionnelles, Ksar Chellala plusieurs fois le considérant comme faisant partie d'un dangereux groupe qui oeuvre la déstabilisation du pays.

C'est qui a fait réagir l'avocat Salah Dabouz qui a pris le juge à témoin du fait d'être soumis à l'espionnage de la part de ce fonctinaire en violation des ses droits constitutionnelles.

Il est à rappeler que les avocats du commissaire, T. M, avaient exigé au début de l'audience la vérification de l'identité des présents à la salle d'audience et l'expulsion des journalistes qui pouvaient s'y trouver, chose à laquelle s'est énergiquement opposé maître Salah Dabouz en clamant très haut : "On est censé juger au nom du peuple, et c'est une audience publique".

Le représentant du ministère public a, dans son plaidoyer, requis l'application de la loi dans toute sa rigueur.

Khaled Ouragh

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