Quand l’image aiguise les couteaux qui tuent les Algériens

Le pouvoir par le biais de l'ENTV remue le couteau dans la plaie des familles de victimes de terrorisme.
Le pouvoir par le biais de l'ENTV remue le couteau dans la plaie des familles de victimes de terrorisme.

Dire que l’Algérie n’est pas un enjeu entre Algériens semble une vérité de La Palice. Dire que ses richesses sont un enjeu de tous les riches et que les plus riches sont étatsuniens est une autre évidence. La violence.

Mais rappeler que nous vivons dans un monde capitaliste qui se distingue en premier par la propriété privée n’est pas seulement une vérité mais tout ce qui fait l’actualité car les états-uniens considèrent l’économie de marché comme le seul mode de régulation de la production et des échanges et de ce fait leur accessibilité à la propriété privée de n’importe quelle richesse de par le monde ne doit jamais être entravée. Ils y travaillent tout le temps et partout.

Quand on parle de la nouvelle loi des hydrocarbures c’est de cette règle du capitalisme qu’il est question ! Une mise à niveau en quelque sorte pour lever, toute trace de l’option socialiste, ou toute autre option de la propriété des nations et des Etats. Comment lever cette entrave de l’Algérie au capitalisme mondial et particulièrement étatsunien sinon par une nouvelle loi. Si la tentative avait échoué par deux fois, elle est aujourd’hui actualisée par le nouveau Premier ministre et s’apparente à une Constante de la politique du pouvoir, qui profite de la crise du dinar pour l’imposer.

Pourquoi changer de loi pour attirer les investisseurs dans les hydrocarbures et particulièrement pour le gaz de schiste, alors qu’il d’un s’agit de forer plus au moins aux normes internationales ce qui est loin du cas de Sonatrach qui a les capacités humaines et matérielles mais qui manque apparemment d’un management à la hauteur de ses ambitions. Quand on sait que pour investir dans l’exploitation des hydrocarbures il faudra d’abord les trouver, pour les trouver il faut les chercher. Pour cela il faut forer plus 150 puits au 10000km2 au moins alors que Sonatrach fore dix fois moins. Pour le gaz de schiste il faut forer encore cent fois plus de puits. Sonatrach dispose de tous les moyens humains et matériels pour le premier et rien pour le second. L’arnaque se situe où ?

Dans ce cas l’option du gaz de schiste ne peut être rien d’autre que la revendication de cette autre étape de la privatisation. La revendication des bourgeois va crescendo. Hier les terres étaient nationales aujourd’hui elles sont étatiques demain elles seront privatisables. Avilir les Hommes pour pouvoir avilir leur terre et la rendre accessible au dollar et au dinar symbolique est toujours un rôle dévolu aux forces de la réaction. Pour illustrer. Qui mieux que l’image de cette « caméra cachée » pour faire surgir la « caméra officielle » et attribuer aux victimes du terrorisme-islamiste le rôle d’un trophée. Les imams cathodiques d’hier semblent comme des enfants de cœur devant le discours politique dominant, avec cet inconvénient, ce bémol, sa faible audience, contrairement à leurs Chouyoukhs. Pour pallier à ce manque de popularité, elle flirte avec la grande puissance !

A ces images de propagande de la terreur diffusées par la TV Nationale, nous suffira-t-il d’écrire ou de dire sur ces images que les acteurs de ces massacres ont été non seulement amnistiés mais qu’un de leur chef a été élevé au grade de « personnalité nationale » pour avoir la vérité vraie et un reflet du visage du système politique actuel, que le peuple des patriotes des années 90 , et son armée avait vaincu. Il reste que le rappel de ces images sont insupportables pour deux raisons dont la plus importante est l’image suggérée, celle qui nous rappelle comme un défi que les assassins et leurs commanditaires sont toujours en libertés sans jugement.

Ce montage d’images d’archives des victimes du terrorisme et de la promotion de la réconciliation nationale, un court-métrage , de presque 34 mn intitulé « Pour que nul n’oublie ! » de la direction de l’information de la télévision algérienne, diffusé il y a quelques jours, a été réalisé et commenté par Lotfi Chériet, membre de l’ARAV ce mois de septembre 2017. Oui, nous n’oublierons pas que ce film est un discours politique qui attribue aux victimes du terrorisme-islamiste le rôle d’ un trophée.

Le plus pénible n’est pas de voir les victimes en images mais leurs bourreaux en liberté. Un de leur chef a même été élevé au rang de personnalité nationale. De voir presque tous les jours les images de leurs traces que suggèrent leurs armes que l’ANP découvre et surtout par le discours de leurs politiciens, leurs larbins et imams ou autres charlatans qui pullulent de plus en plus, la société politique pour avilir le peuple tout entier. Quand d’autres politiques pratiquent l’économisme qui est spécifique aux gouvernants et impropre à l’opposition.

La particularité de ce film est dans le rôle, qui lui est attribué : tenter d’élever la peur, à l’image d’un couteau qui ne serait plus mis au niveau de la gorge mais au niveau de la tête. Quant à nous il nous suffit de se rappeler et de le dire en voix off ou d’imaginer en sous-titre que "les bourreaux de ces victimes ont été amnistiés" et transformer le couteau en une plume à la Kamal Daoud et son Zabor, ce héros moderne pour nous guérir de la peur et non de tous nos maux. Les enfants d’octobre 1988, bien avant Zabor, auraient pu y arriver si ce n’était le pouvoir de Chadli, qui la peur au ventre, avait cédé aux islamistes pour préserver son pouvoir de la démocratie, il y a 29 ans déjà.

Saadeddine Kouidri

Plus d'articles de : Opinion

Commentaires (0) | Réagir ?