Avant de couler, faites la planche!

Le pays est au bord de la faillite et la planche à billet va l'y précipiter.
Le pays est au bord de la faillite et la planche à billet va l'y précipiter.

Des milliards de dollars, ne demeurent qu'une centaine, une béquille mal-en-point, soutenant un pays infirme, qui risque de s’écrouler, de sombrer dans "l’enfer" promis par l’oiseau de malheur Ouyahia.

Cents milliards, ont pu demeurer par miracle, dans les caisses pourtant très poreuses d’un État opaque, sans que les vieux criquets, ne les ravagent!

Les cents derniers héros, ultimes espoir d’un pays ankylosé par le règne d’un vieillard, atteint de folie des grandeurs, plutôt que d’une quelconque maladie mentale suggérée par Boukrouh! Quel gâchis.

La situation est telle que chaque dollar décaissé, chaque sou en devise grillé, vient alimenter un peu plus le four crématoire dans lequel calcineront les algériens. Un four où l’on prépare les plats âpres de l’inflation, dépréciations et autres licenciements.

La recette, pour l’avoir déjà essayée en 1994 est simple: faire cracher l’idée de la faillite à Ouyahia, qui la laisse mijoter, et lui incorpore quelques ragots rassurants pour maintenir la température de la rue sous le seuil de l’ébullition. Ils n’ont plus qu’à attendre 2019 pour servir l’indigeste 5é mandat!

Ceux qui le connaissent, devinent pourtant qu’Ouyahia est sous pression. Car même s’il a la réputation d’un " Demolition-man ", il sait qu’il devra choisir cette fois-ci, entre les meubles, la demeure et les occupants (la demeure étant le pays, les meubles lui et les fayots du système et les occupants les Bouteflika).

Ceux qui ont vu Ouyahia perdre son sang-froid, et déverser sous la coupole du parlement des torrents d’ignominies, savent pertinemment, qu’il y a péril en la demeure.

La sérénité, zénitude et « Exomimile » de l’homme de main, bien nanti et insouciant, a laissé place en ces temps de disette, au véritable visage du vétéran belliqueux et présénile, accroché au pouvoir telle une insatiable tique à un corps exsangue.

À l’assemblée impopulaire algérienne, le non moins impopulaire Premier ministre exhibait fièrement sa " trouvaille " sans laquelle, les salaires du mois de novembre ne pourraient être versés. " Vous devriez remercier Dieu, que nous (Pouvoir) avons trouvé une solution ", coassait-il en gonflant gros son sac vocal.

La vérité, est que celui qui se fait passer pour un seigneur, n’est qu’un insignifiant Quasimodo, une grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf. Un serviteur qui aime s'incliner plus bas que ses semelles, qui ne se rebelle ni s'insurge. Il est vrai que pour cela, il faudrait un minimum de courage et les batraciens n’en ont point.

Planches après planches, les pirates démontent le pays pour construire leur arche. Après avoir usé de la planche à laver l’argent sale, de la planche à découper le magot, de la planche à passer et repasser leurs lois sordides, ils veulent faire croire au pouvoir magique de la planche à billet.

C'est parcequ'ils savent que le déluge est proche, qu'ils préparent la fuite, sauvent leurs peaux, trésors, monstres, descendances et indépendances. Dérobent sous nos yeux, passé et avenir. Font cap sur les îles vierges, les carraïbes, off-shores, paradis fiscaux et terres promises par tant de milliards dévoyées.

Nous les regarderons s’éloigner impuissants, blâmant notre démission, submergés d’émotions, de flots et de drames. Et depuis l'arche, au paroxysme du typhon, en guise d’admiration pour notre obédience, une voix moqueuse, lancera aux naufragés: " Avant de couler, faites la planche ".

Hebib Khalil

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