Quand l’Olympique de Médéa joue à la roulette russe !

Quand l’Olympique de Médéa joue à la roulette russe !

Cela n’augure rien de bon ! Et comment en être autrement lorsque l’on sait que la vaillante équipe qui, tour à tour, a assuré son accession historique pour ensuite tenir la dragée haute aux ténors de la Nationale 1, s’est disloquée et fondue comme neige en ce début de saison 2017-2018.

Les décisions maladroites prises par le duo Boukhelkal, le President et Sid Ahmed Slimani, le coach actuellement tant décrié pour la profanité de ses discours, s’apparentent à de roulette russe : libérer 99% de son effectif, plutôt monnayer leurs départs, non sans leur payer leurs arriérés de salaire, un chantage pour avoir leurs lettres de libération. Des affaires de gros sous menées en toute opacité et, à qui mieux-mieux, pour se sucrer sur le dos des joueurs, de leurs agents et des subventions étatiques allouées dont il serait souhaitable que l’inspection générale des finances fasse un audit sur leurs écritures comptables au club.

L’Olympique Médéa avec ses titres de noblesse, de chouhadas, le club phare de tout le Titteri serait-il devenu le réceptacle des "maquignons" du sport, recrutant et marchandant des joueurs Tlalba comme ils disent au club, tels des bêtes de somme joliment engraissés l’année sportive durant pour être vendus sitôt le maintien assuré ? La défaite à domicile contre USBiskra, une équipe tout juste modeste, sonne-t-elle le glas de sombres perspectives droit devant ?

La série d’infortunes que connaît le club depuis quelque temps interpelle, désormais, bien des consciences sportives. La baisse de régime et le manque criard de la grinta que l’équipe connaît à l’entame de la pré-saison inquiète. Aucun match gagné sur 14 matchs amicaux disputés en Tunisie sinon 2 matchs nuls. "Un stage très réussi", nous apprend son entraîneur en chef, qui met en relief le manque d’argent pour s’offrir de bons joueurs. Comme le vin est tiré, il faut le boire, les encaissements engrangés par le club depuis le mercato d'hiver soit du 01/01/2017 au 31/7/2017 s’élèvent à plus de 17 milliards, sinon plus.

Le départ du sympathique Dr Aissa, le préparateur physique, le scientifique bardé de diplômes, reste entouré de bien de mystères, et le rappel tonitruant de la lointaine Tlemcen d'improvisateurs formant le staff technique, plus enclins à la délation l’est encore plus. Il semblerait que ce spécialiste faisait de l’ombre et gênait par son travail rigoureux, dont on s’amusait à saboter la fiche technique juste après le retour au calme de ses protégés. Mégalomanie aidant, l’on accepte mal, très mal une compétence intellectuelle qui leur est supérieure.

Rappelez-vous la fin de saison chaotique et du staff technique composé de 6 personnes, juste Dieu ! De quoi faire pâlir d’envie le Barça ou le Réal. Un staff qui n’arrive toujours pas à faire sortir l’O Médéa de cette ornière d’échecs prévisible postmercato. La libération de joueurs cadres de l’équipe est fatale : même si au demeurant l’objectif était de remplir et garnir les caisses de l’association avec la vente du contrat d’Amine Hamia, mais arriver à dégarnir le milieu de terrain, qu’étaient Mokhtar Lemhane et Mohamed Heriet, des fils de très bonne famille et tout dernièrement Toufik Addadi, cache mal en définitive les desseins inavoués de leurs départs.

Le recrutement, le choix et le niveau des joueurs ramenés ,loin d’être des foudres de guerre sont, quant à eux, sujets de bien de critiques, touchant dans leurs sillages, même, les catégories juniors et espoirs.

Les joueurs locaux, les plus en vue et que, étrangement, l’entraîneur en chef traite de toutes sortes d’injures, sont intelligemment détruit dans leur progression, notamment. en leur faisant miroiter les cimes et en les faisant accéder l’espace d’un temps en catégorie séniors tantôt, pour faire bonne mesure, les faire jouer et tantôt pour occuper le banc de touche des mois durant, finissant par être renvoyés pour leurs pauvres performances. Les cas des Allouaoui, Berkani, Metatidj,et tout dernièrement Bourekba. Pour être aux bons grâces du bureau et de l’entraîneur en chef, il faut se faire serpillère et délateur, malheur à celui qui critique un choix tactique ou un programme d’entraînement, tour à tour, le Dr Aïssa et l’ex-capitaine d’équipe Ousserir en ont payé le prix pour avoir été bavard devant les techniciens –délateurs en se faisant écarter.

D’autres compétences qui apportaient, ou apportent un plus au club ne sont pas respectées à leur juste valeur, à leurs expériences, à leur sagesse, le Dr Otmanine, par exemple, a été poussé à la porte sans lui payer ses indemnités à ce jour. Les staffs technico-médicaux des petites catégories natifs de la ville totalisent des mois d’impayés, tandis que leurs homologues extra-muros sont payés rubis sur l'ongle. La politique du deux poids, deux mesures est maîtresse des céans, l’échelle des valeurs se mesure au degré d’affinité et d’allégeance des flagorneurs, fort de leur art, des dirigeants qui mentent comme ils respirent, faisant fi de la parole donnée.

Malheur à celui qui ose critiquer ou dresser les points négatifs du club, elles sont considérées comme des attaques personnelles, et leur auteur est systématiquement pointé du doigt accusateur de faire le jeu de l’opposition et des supporters. Ces derniers, très mécontents des résultats et des changements tactiques ayant occasionné plusieurs débâcles, se sont déplacés en masse au stade OPOW de Médéa pour avoir des explications, mal leur en prit, ils ont été manu militari évacués du stade par la police et la BRI, une initiative mal perçu par les nombreux fans qui se sont donnés corps et âmes, l’année de l’accession, pour porter haut les couleurs du club.

L’inconscience de cette décision maladroite sonne-t-elle le glas de la parfaite symbiose des uns et des autres, jusque-là très exemplaire ? Hué et insulté comme jamais à la fin de la rencontre pour les surprises qu’il a promises aux fans du club qui voient là une descente aux abîmes annoncée, l’entraîneur en chef continue à tenir aux joueurs, aux téléspectateurs , aux supporteurs le même discours lénifiant et ronronnant alors qu’il y a péril en la demeure ? Autant de questions sans réponses.

Brahim Ferhat

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